29 décembre 2009
L'Avenir de la Chanson pour 2010...
L'année 2009 touche à sa fin. Il aura fallu de la persévérance pour continuer ce blog. Mais les commentaires sont nombreux, les messages aussi. De temps en temps quelques déconvenues. On a pu me trouver sévère l'an dernier dans la façon dont je jugeais les albums de Véronique Pestel, en disant qu'il manquait quelque chose, un univers. Mais, preuve que les être évoluent, j'ai été tout simplement happé par la beauté de son dernier disque. D'ailleurs, les ex-journalistes d'une certaine bible autoproclamée de la Chanson Française n'ont pas daigné faire le moindre article sur son disque. La revue Mondomix non plus, ce qui est fort dommage car comme je le disais, elle se hisse au niveau des meilleurs chanteuses d'Amérique Latine ou d'Afrique.
Certains esprits ont été choqués également par le fait que j'interviewe Docteur Merlin. L'extrême-gauche et la gauche n'ont pas le monopole de la Chanson et après tout Docteur Merlin, jouant avec l'immonde et qui doit se sentir bien à l'aise dans la triste France d'aujourd'hui, écrit et chante ses chansons depuis pas mal de temps. Plus curieux : le reproche fait d'avoir parler de chanteurs inconnus, un internaute me citant Jean-Pierre Réginal. Vous ne le connaissez pas ? Et bien qu'attendez-vous?Sans contester le talent certain de Leny Escudero, je constate que celui-ci ne fait plus rien. Je préfère parler dans mes lignes des artistes qui continuent, vaille que vaille, de chanter, à l'instar de Jean-Pierre Réginal. Je parle rarement des artistes qui ne font plus rien (si ce n'est les artistes morts comme Bécaud).
On m'a parlé de
compromission en parlant de Mylene Farmer et autres artistes de
variété-variétoche. La frontière est ténue entre la Chanson et
la Variété. Et les musiques de Laurent Boutonnat ont plus de
profondeur (au niveau de la richesse des arrangements) que bien des
chansonnettes.
Ah la chansonnette! Redoutable. Elle fait sans doute du mal, je pense à la grande Chanson. Mais elle est nécessaire. Car la Grande Chanson Française c'est aussi de la lourdeur. On ne peut pas écouter « Une sorcière comme les autres » tous les jours. Il nous faut des petites chansons. Alexis HK, que je n'aime pas plus que ça, le fait très bien. Ne pas aimer un artiste ne signifie pas pour moi contester le talent. Enfin, je ne regrette pas d'avoir consacré des lignes à Clémence Savelli ou Jann Halexander, des chanteurs-univers, des artistes de trempe, également toujours là, se produisant ici et là, avec leurs fidèles (cela dit, Jann Halexander a été aidé par une esthétique, sans aucun doute sincère mais torturée, morbide et une imagerie assez riche, via ses films).
Depuis sa création, le
blog Culture et Chanson (http://lucmelmont.canalblog.com/)
a été visité par 9489 personnes. Chaque visiteur lit en moyenne
une page. Beaucoup de visiteurs découvrent ce blog grâce à google.
Les pages les plus populaires sont celles sur Bernard Joyet,
Véronique Pestel, Jean-Pierre Réginal, Docteur Merlin, Gilbert
Bécaud, Anne Sylvestre, Leny Escudero. La majorité des visiteurs
sont en France. Mais une partie non-négligeable vient du Canada, de
Belgique, plus surprenant d'Autriche et du Japon.
L'autre blog que j'ai
crée, consacré aux artistes noirs et métis de la Chanson
http://chansonculture.canalblog.com/
est moins visité. Sans doute ai-je été moins actif. 1000
visiteurs. Par contre, la diversité des visiteurs surprend : France,
certes, Belgique, Canada mais aussi Royaume-Uni, Grèce, Maroc,
Liban, Irlande, Italie, Gabon...ce qui n'est pas trop étonnant : la
diversité emmerde plus qu'elle n'intéresse les Français, passionnés
de chanson ou pas.
La chanson va t-elle
bien ? Je pense que oui, car les chanteurs sont plus que jamais
nombreux et les initiatives aussi. Bon, pour le meilleur et pour le
pire, mais ce n'est pas à moi de donner les bons et mauvais points.
Le chanteur Olivier Goulet chante le 8 janvier à la Mer à boire à
Paris (http://www.myspace.com/gouletolivier
). Une belle adresse pour les habitants en Bourgogne : la théâtre
de la Closerie, parrainé par Francesca Solleville et Julos Beaucarne
qui le surnomme l'Olympia de Campagne, dirigé par un passionné de
Jean Ferrat, Gérard-André :
http://pagesperso-orange.fr/chansons.gerard-andre/animation.htm.
Jean-Pierre Réginal s'y produira le 8 et 9 mai.
J'ai toujours trouvé ridicule les sosies de notre chanteur « estampillé » national qui fut hospitalisé récemment, que je ne nommerais pas. Par contre, le travail d'Olivier Sorel, sosie de Gilbert Bécaud est une belle réussite : http://www.hommageabecaud.fr. Une autre découverte : le site de Yves Paquelier : http://www.eld.paquelier.net/. De belles chansons souffrant sans doute d'une certaine facilité, et d'un perfectionnisme qui se fait sentir. Mais écoutez et vous jugerez. Commencez par la surprenante chanson Le Tango des ménages.
Signalons un atelier chanson avec pour intervenant l'ex-chanteur à succès Phil Barney du 15 au 19 Février 2010, rendez-vous sur http://latelierdelachanson.fr/.Un forum de passionnés de chanson et surtout curieux et curieuses, ce qui est rare (les fans veulebt faire connaître leurs artistes favoris mais ne veulent surtout pas connaître les autres, de cette façon les publics se ne mélangent plus) : http://mamzrick.forumactif.com. Un autre passionné de chansons : http://www.entrenotes.fr/.
Enfin parce que la variété, la pop et le rock ne me font pas peur, je signale l'existence du chanteur Guillaume Morgan, chez qui la rapport au corps via la Danse est crucial : http://www.myspace.com/guillaumemorgan. Un descendant de Etienne Daho, Zazie et Mylene Farmer. Mais l'écoute vaut la peine : son de qualité, arrangements bons.
Ainsi s'achève mon dernier article pour l'année 2010. Je vous souhaite une belle et bonne année 2010 : Santé!
LUC MELMONT
22 décembre 2009
Album must : le nouveau Jean-Pierre Réginal "Fragile Accalmie"
Ce ne sont pas Trenet, Félix Leclerc ou Brassens qui ont donné, en dépit de leurs talents fous, leurs belles lettres de noblesse à la Chanson à texte d'expression francophone. Non. C'est la Dame Blanche de Saint-Germain des Prés : Cora Vaucaire. Qui a su hisser la Chanson au même niveau que le théâtre, le cinéma ou la musique classique; Hélas, Cora Vaucaire, encore de ce monde, ne chante plus et cette place de la Chanson est grignotée, contestée,piétinée. La chanson intemporelle, c'est Elle, femme passionnée, qui disait à Raoul Bellaïche, de la revue Je Chante, se métamorphoser sur scène son corps et son âme devenant chanson et que cela c'est magnifique. Incarnant le classicisme de nacre et d'or et non l'académisme pompeux et mortifère, elle ne s'est donc pas trompée en invitant le chanteur Jean-Pierre Réginal à faire ses premières parties, dans les années 80. 
Jean-Pierre Réginal : à part. A forcément dépassé le Ghetto-Chanson, ghetto qu'ils fustigeait déjà vigoureusement dans un entretien accordé en 1991 à Je Chante. Un chanteur entier refusant d'être tiré par le bas. Il existe un ghetto-chanson, hélas. Miné par la médiocrité, la mesquinerie et les fausses congratulations. Nombreuses sont les personnes, parmi le public ou les artistes, à la déplorer. Ce ghetto, Jean-Pierre Réginal, à l'instar de Juliette ou Véronique Pestel, a su s'en affranchir tout en restant lui-même : avec son nouvel album Fragile Accalmie, il nous prouve l'immensité de son talent, talent à l'ancienne et pourtant ancré dans l'époque actuelle. Il est dommage de constater que la plupart des ouvrages consacrés à la Chanson Française ne mentionnent pas même son nom (y compris dans l'ouvrage La Chanson Française pour les Nuls, de Bertrand Dicale). Il est désespérant aussi de savoir que les journalistes des Inrocks ou Telerama n'en parleront pas en prétextant qu'il n 'y'a plus de place pour ce genre de Chanson.
Et pourtant. A côté de Miossec, Murat et autres déprimés débitant un pessimisme narcissique, glauque, crasseux, évoquant la puanteur d'un bar sordide ou d'une clairière parsemées de seringues vides, Jean-Pierre Réginal, ses décennies de carrière derrière lui, apporte du renouveau, de l'air frais.
Il suffit d'écouter Madame Alice.
Jean-Pierre Réginal est un chanteur. Donc il chante. Pour de vrai. Il ne murmure pas, ne minaude pas. Chante avec violence, mais pas de rage déplacée, chante avec tendresse, mais pas de mièvrerie. Sa voix et son piano sont aidés par le talent notable de l'accordéoniste Robert Restout. D'ailleurs, il est rassurant de voir que les lots de mauvaises nouvelles sur l'état de la Chanson n'aient pas dissuadé l'artiste de faire appel à de vrais musiciens (contrebasse, batterie, violon, alto, saxos, clarinettes, flûte, trombone, tuba) pour faire un vrai album, beau aussi bien dans la forme (superbe conception graphique, photographie de la couverture qui nous rappelle le regard de l'homme, bleu perçant) que dans le fond. De la grande chanson sous multiples influences, jazz, bossa, petite valse...
Osons rappeler que le chanteur a sa place parmi les Grands. Ses chansons devraient être interprétées (à ma connaissance, je ne connais pas d'artiste qui aient interprété ses chansons), ses textes longs et construits, ciselés devraient être étudiés. Peu connus et pourtant ayant un public, ils sont peu nombreux les artistes de cette trempe. Dans un autre genre, je songe à Marc Havet.
Le feu chanteur et homme de culture Jacques Douai a dit un jour : il faudrait être capable de chanter dès maintenant la chanson qui sera chantée dans 100 ans. C'est cela la vraie tradition.
Cora Vaucaire avait réussi. On peut compter également sur Jean-Pïerre Réginal.
Luc Melmont
Pour se procurer dès maintenant le nouvel album de Jean-Pierre Réginal :
gelco58@laposte.net ou tél 06 22 10 49 21.
Ecouter Jean-Pierre Réginal :
www.jpreginal.com
www.myspace.com/jeanpierrereginal
28 novembre 2009
La période noire de la Chanson ?

...au sujet de la période noire dans laquelle serait la chanson, en réaction à un internaute car c'est un sujet sérieux : à la fin des années 70, on disait déjà que c'était la période noire de la chanson. Or, si on réfère au Centre de la Chanson, il n'y a jamais eu autant d'artistes en Chanson, avec chacun leurs publics...qui ne se mélangent pas...je ne crois pas que ce soit une période noire. Public, artistes, journalistes, c'est toute une société qui est responsable d'une mauvais répartition de l'information. Mais même encore maintenant dans la presse écrite, on peut trouver des articles sur des chanteurs peu connus. Un internaute cite Juliette : n'exagérons rien, c'est une grande chanteuse avec son public certes, elle a un peu de notoriété mais ni plus ni moins qu'Anne Sylvestre, Jean Guidoni, Allain Leprest ou encore ...Bernard Joyet, qui a écrit la sublime chanson Mayerling...
Ensuite, la relève est assurée par de nombreux artistes talentueux : Manu Galure, Clémence Savelli (en photo), Florent Nouvel, Jann Halexander, François Gaillard, et pour les plus connus, Alexis Hk, Renan Luce, etc même si on n'est pas obligé d'aimer...
Ce qui est dommage ce sont les cloisons, une mauvaise répartition des informations et aussi le manque d'entrain de tout un pan du public. Internet est devenu un média à part entière et même des micro-blogs comme Culture et Chanson peuvent amener des internautes à s'intéresser à la Chanson, j' y crois sérieusement.
Le mot de la fin : la Chanson est un combat !
Luc Melmont
05 novembre 2009
Le centre de la Chanson (qui n'a pas besoin de musée!)
Le chanteur écrivain mystico-austère Jacques Bertin, auteur de remarquables ouvrages sur la Chanson Française déplorait l'absence d'un musée de la Chanson, pourtant patrimoine national. A nous de nous inscrire en porte-à-faux : les chansons n'ont pas besoin d'être muséifiées, sauf celle de Jacques Bertin -sur ce point, je plaisante, bien sûr, entre nous...quoique...
Sérieusement la chanson, c'est quelque chose de vivant. On nous dit depuis des décennies qu'elle est en crise. La mort de la revue Chorus vient à point nommée pour confirmer cette impression. Attention : n'avions-nous point crié récemment Chorus est mort, vive Chorus ! Vive la chanson? Malgré la qualité de cette revue, la chanson n'avait vraiment pas besoin de Chorus. Elle continue d'exister avec ou sans Chorus. Sans doute ai-je un parti-pris ? Pas vraiment, j'ai déjà dit ce que j'en pensais. Et j'ai trouvé d'excellents articles qui m'ont comblé dans cette revue...hélas ô combien à la recherches des modes, de l'air du temps.
Je préfère donc (et à lire le courrier des internautes, je ne suis pas le seul) Je Chante, où la passion transpire, montrant l'intérêt du détail...peu importe de savoir si une seule personne sur terre à écouté le titre 10 de la face B d'un vieux disque de Nicole Louvier ou Francis Lemarque, je caricature, évidemment, mais je suis content, en tant qu'amoureux de cette chanson de lire toute la discographie de l'artiste, soignée, qui prend parfois jusqu'à 6,7,8 pages. Le grain du papier noir et blanc.
Il est à déplorer vivement que certains et certaines personnes prétendant leur amour pour la chanson française l'aient muséifiées en décrétant que rien ne pourrait atteindre désormais le niveau de Jacques Brel, Léo Férré ou Barbara. Ce n'est hélas pas pas une façon saine d'aimer la chanson, je maintiens et ce sont souvent les mêmes, qui, dans cette attitude morbide, ne voient pas la beauté ou du moins la diversité d'aujourd'hui. Le monde des vivants. ous en avons parlé et nous y reviendrons. Je vous raconterais plus tard ce mail effarouchée d'une dame qui ne comprenait pas pourquoi je parlais de Juliette Noureddine dans mon blog consacré à la chanson. Et pourquoi j'avais tendance à parler plus de certains chanteurs et pas d'autres. J'écrirais sur Romain Didier ou Agnès Collet, par exemple, en réponse à un internaute quand je saurais quoi en dire. Pour le moment, l'inspiration est nulle et je n'ai pas de compte à rendre à un rédac-chef. Ouf...
C'est un fait : il n'y a pas de musée de la Chanson en France. Heureusement. malgré quelques tentatives malheureuses. Par contre il existe un Centre de la Chanson, à Paris, qui fait plutôt bien son travail, et ce depuis 20 ans.
Nous reprenons la présentation sur leur site sobre et clair :
Le Centre de la Chanson propose en matière
d'information, de documentation, de services et de conseils, des
réponses claires et réalistes aux jeunes artistes qui ont choisi de
pratiquer professionnellement la chanson. Il est ouvert tous les jours
du lundi au vendredi de 9 h à 13h et de 14h à 18h (fermé le lundi matin
et le vendredi après-midi).
Précisions : on peut ne pas être artiste et membre du Centre de la Chanson. D'ailleurs, pour fêter dignement ses 20 ans, le centre de la Chanson réunit plusieurs artistes, de Bernard Joyet à Xavier Lacouture...c'est auVingtième Théâtre, 7 rue des Platrières - Paris 20e.Rés. 01 43 66 01 13. Entrée 20 € / 15 € (adhérent 2009)
http://www.centredelachanson.com
Luc Melmont
24 octobre 2009
Variété française : La simplicité d’un disque, la simplicité d’un chanteur marseillais
N.B : aux amateurs de "Chanson Française", avant de pousser des cris, sachez que j'aborde aussi la variété française, la peinture, le cinéma... La simplicité d’un disque, la simplicité d’un chanteur marseillais …Ce n’est pas encore une voix juste, mais il y a la justesse et la cohérence d’un univers fragile. Un homme jeune, frôlant l’impudeur quand il chante ou quand il parle, qu’il s’agisse de son répertoire ou de celui des autres. Sylvain Yardin ne minaude pas. Le vocabulaire est peu riche, peu varié, mais va droit au but. Le chanteur Leny Escudero confessait volontiers qu’il n’utilisait que 300 mots dans l’ensemble de son répertoire. Après tout, à bas les fioritures ! Le risque de la simplicité, c’est de frôler l’amateurisme. Ce qui n’est pas le cas de Sylvain Yardin, peut-être aussi parce qu’il porte un fardeau personnel et n’attend pas de plaire à tout le monde, de gala en gala, l’artiste est rôdé à l’exercice depuis des années. Dans le fond il est plutôt étonnant que cet album si personnel sorte de façon aussi tardive. Car c’est un jeune homme qui s’expose : sur internet, à la télé (France 5, sur le thème du piercing). C’est un homme à l’identité riche. Il est aussi le reflet d’une variété française qui s’est démocratisée. Pour le meilleur et pour le pire, mais il était temps que l’expression musicale soit accessible au plus grand nombre et ne soit pas le terrain de chasse gardé de majors, labels se targuant d’un certain prestige, journalistes du haut de leur chair ou de nostalgiques du « c’était mieux avant, tout est nul maintenant » ou encore de gens qui se font des fois une trop haute idée de la chanson ou de la variété. Peut-être que la qualité n’est pas toujours entièrement au rendez-vous mais la sincérité de nombreux artistes est là. On mesure cette qualité aussi à la détermination d’un chanteur, de sa durée. Internet est une redoutable foire aux illusions. Combien d’artistes dilettantes sont restés sur le carreau, croyant qu’il suffisait de mettre ses œuvres en ligne pour être connu, reconnu, aimés, appréciés ? Sylvain Yardin revient de la Foire aux illusions et nous livre Marseille dans le brouillard. L’album, d'une étrange beauté, d’un chanteur qui a encore des comptes à régler avec l’enfance (L’Idylle Atroce), qui à travers des chansons aériennes, solaires même parfois, affronte la Mort, la peur de la mort, l’angoisse. Heureusement, l’amour est là fragile caché dans cette ville qui lui est sienne, qu’il chante dans l’ouverture de l’album, cette ville, Marseille noyée dans le brouillard. Un brouillard où il cherche l’Autre, l‘Amour. Voici un album qui a l’audace d’exister, troublant, générant parfois le malaise. De la variété OMNI -Objet Musical Non Identitfié. Marseille dans le brouillard est un disque à mi-chemin entre la chanson d’art et d’essai et la variété. Et aussi la porte d’entrée grande ouverte, officielle de Sylvain Yardin dans la jungle des artistes. Luc Melmont Entretien avec Sylvain Yardin - Bonjour Sylvain Yardin, je me trompe si je dis que vous êtes dans le milieu de la musique et du show depuis quelques années ? Disque Marseille dans le brouillard - sortie officielle le 16 décembre 2009 Une production Trilogie Halexander- Contact Management/Boutique Jeff Bonnenfant/delachansonfrancaise2007@yahoo.fr Points de vente : Concerts, Ebay, priceminister, site officiel.
Bonjour Luc, non vous vous trompez pas, je suis bien en effet dans le milieu artistique depuis quelques années...Tout a commencé tres jeune, lorsqu'avec mon frere nous avons formé un groupe de chante et de danse, nous nous sommes alors produit dans plusieurs maisons de retraite...Quelques années plus tard, j'ai décidé de reprendre le chemin de l'écriture et de la scene. Je suis alors parti jusqu'en Belgique pour faire la premiere partie d'un artiste transformiste et a mon retour sur Marseille, je me suis investi de plus en plus a cette passion.
- J'ai entendu parler de vous avec la chanteuse Robert, à qui vous consacriez un site (une chanteuse que j'ai découvert avec la reprise de sa chanson l'Appel de la Succube par Jann Halexander qui vous a écrit une musique, le monde est petit!), il semble que c'était une belle passion, cette passion est-elle toujours brûlante?
Cette passion est toujours aussi brulante et intense... Je vais voir RoBERT en concert privé le 3 Octobre et le 27 Mars a L'Olympia...C'est une chanteuse que j'admire beaucoup par sa détermination, son écriture mais surtout cette facon d'interpretée ses chansons
Souhaitez-vous être considéré comme un fils spirituel de ces chanteuses françaises décalées comme Robert, Mylene Farmer ?
Je ne penses pas être un chanteur décalé mais un artiste aux textes déchirés. De là a me considérer comme un fils spirituel, je suis bien loin de tout ça, je crois... Je demande pas d'avoir la carriere a la Mylene, mais avoir le meme parcours que RoBERT me réjouirait.
- Et que ressentez-vous pour l'univers de Jann Halexander ?
Je suis un grand fan. J'aime beaucoup ces mots et maux... ce mélange de théme et un univers Magistralement authentique... Si sincerement, je n'aimais pas ce qu'il fait, je me serais jamais aventuré dans cet aventure avec lui.
- J'aime votre voix, votre sincérité, votre énergie sur scène, une énergie étrangement innocente, on sent une fragilité et une sorte de douce naïveté qui me séduit : le monde des requins du Show-Biz ne vous fait pas peur ?
S'il me ferait peur, je m'investirais pas dans ce milieu si on peux dire... Je sais que j'ai une voix atypique, un univers particulier, soit ca passe ou soit ca casse... Mais je resterais toujours celui que je suis, une personne remplie de passion, de but, de rêve et d'espérance...
- Que signifie pour vous l'acte de chanter ?
Ressentir et transmettre toutes sortes d'émotions. Le but de chaque chanteur.
- Ce nouvel album, l'avez-vous fait pour être connu ?
Non loin de là, mais être reconnu. Je suis un artiste qui aime l'intimité et la simplicité..
- Comment se déroule la genèse de ce bel album?
Comme dejà dit, cela fait plusieurs années que j'écris des textes, que je les interpretes et les ressentes, il était temps pour moi de mettre mes "ébauches" au propre... c'est a travers cet album aux multiples sujets que j'ai souhaité donner naissance a mon rêve. Apres plusieurs mois de travail intensif du coté de Jann Halexander pour la musique et moi pour poser ma voix dessus, c'est dans quelques semaines que je vais pouvoir donner vie a "Marseille dans le brouillard".
- Quels sont les artistes actuels que vous aimez, les styles musicaux ?
Actuellement j'écoute beaucoup Dalida, Mylene Farmer, RoBERT, Ysa Ferrer et Jeanne Mas, pour moi ce sont des chanteuses avec des textes, une histoire, un vécu surement...Mais un univers qui me touche enormement
- Pourquoi ce titre Marseille dans le brouillard, une des plus réussies du disque ?
Je ne dirais pas que c'est une des plus réussies du disque car pour moi elles sont toutes au même niveau. Ce titre est une référence et un hommage a la ville qui a fait que tout a reellement commencer pour moi. Mais "Marseille dans le brouillard" a un double sens. Marseille, ville de soleil et de la chaleur n'est jamais dans le brouillard c'est un paradoxe avec mon univers et ma vie.
- Vous êtes attaché à cette ville ? Pourquoi y rester (surtout quand on sait que hélas trop de choses artistiques se déroulent à Paris)?
Je suis attaché a aucune ville en particulier. C'est à Marseille que j'ai commencé a écrire, a vivre mes émotions, a ressentir des sentiments, a vivre mes chansons, donc forcement il y a quand meme une attache a cet endroit...
Peut être qu'un jour ou je changerais de ville, m'inpirait dans un autre lieu, on ne sait pas ce qui est fait demain. Je vie au jour le jour...
- L'Idylle atroce, est-ce du vécu ?
C'est vrai que l'on pourrait croire que c'est du vécu suite a l'intensité et la force du texte mais non je n'ai pas vécu cet ignoble acte... J'ai voulu écrire et essayer de comprendre ce que l'on pouvait ressentir en faisant cet acte, et pourquoi le faire...et c'est tres etouffant !!! Je ne regrettes pas du tout d'avoir donner naissance à "L'Idylle Atroce" même si je sais que je risque d'avoir de sacré retomber sur cette chanson, moi jeune homme de 24 ans, ecrivant et interpretant une chanson sur la pédophile, c'est quand meme un poids et du courage...
- Cet album est à la fois solaire et désabusé : avez-vous peur de la Mort ?
Peur de la Mort, non je n'en ai pas peur... au contraire elle m'attire... Je ne dis pas que je suis suicidaire ou que j'ai envie de passer a l'acte pour aller de l'autre coté mais c'est le fonctionnement de l'être humain : on naît, on vit des emotions, on construire sa vie, puis un jour on disparait ; on meurt... autant laisser un souvenir de nous derriere..
Merci pour cet interview aux questions tres interessantes...Jai pris un reel plaisir d'y répondre.
www.sylvainyardin-officiel.fr (site qui s'ouvrira courant novembre)
www.myspace.com/sylvainyardinofficiel ( Marseille )
http://sylvain-yardin.skyblog.com
06 octobre 2009
Juliette Noureddine : ses rimes féminines...

Juliette Noureddine séduit ou énerve mais ne laisse en aucun cas indifférent, par la virtuosité de ses musiques, la qualité de ses textes, de son univers tout entier. Comme elle le dit si bien elle-même, elle est peinarde, personne ne peut l'imiter. D'une certaine façon, elle aura même éclipsé une autre célèbre Juliette, un peu désuète, un peu dépassée. Il semble que le monde de la chanson ne soit pas plus que cela intéressé par cette chanteuse qui a réussi à captiver un public varié, hétéroclite, tant au niveau des âges, des classes sociales et des opinions politiques, comme si finalement elle avait dépassé le simple petit monde parfois étriqué, reconnaissons-le aussi, de la Chanson à texte. Ci-dessous, les magnifiques paroles de Rimes Féminines. A part Une Sorcière comme les autres de la grande Anne Sylvestre, nulle n'aura chanté aussi bien la Femme que la généreuse et sensuelle Juliette...
RIMES FEMININES
Texte et musique : Juliette Noureddine
Dans un corps vide entrer mon âme,
Tout à coup être une autre femme
Et que Juliette Noureddine
En l'une ou l'autre s'enracine.
Élire parmi les éminentes
Celle qui me ferait frissonnante,
Parmi toutes celles qui surent s'ébattre,
Qui surent aimer, qui surent se battre,
Mes s?urs innées, mes philippines,
Mes savantes et mes bécassines
Julie, Juliette ou bien Justine,
Toutes mes rimes féminines
Clara Zetkin, Anaïs Nin
Ou Garbo dans La Reine Christine
Sur le céleste carrousel,
Choisir entre ces demoiselles
Camille Claudel, Mam'zelle Chanel
Ou l'enragée Louise Michel
Vivre encore colombe ou rapace,
Écrire, chanter ou faire des passes
Margot Duras, Maria Callas
Ou bien Kiki de Montparnasse
Naître demain, renaître hier,
En marche avant, en marche arrière,
M'incarner dans ces divergences
Ces beautés, ces intelligences
Et jouir du bienheureux trépas
Pour dans leurs pas, mettre mes pas
Musidora, La Pavlova
Ou mon aïeule, la grande gueule Thérésa
Que j'en aie l'esprit ou l'aspect
Ou bien même les deux s'il vous plaît
Juliette Drouet, La Signoret
Ou la grande Billie Holiday
Tous voiles dehors ou en chantant,
Avec l'une d'elles me révoltant
Flora Tristan, Yvonne Printemps
Ou la farouche Isadora Duncan
Pour toute arme ayant leur fierté
Et pour amante la liberté
Les soeurs Brontë, Louise Labé
Ou Lou-Andréas Salomé
Même s'il faut en payer le prix,
Être la fleur être le fruit,
Être Alice Guy, être Arletty,
Marie Dubas, Marie Curie
Mais s'il vous plaît, point de naissance,
De jeunesse, ni d'adolescence,
Épargnez-moi la chambre rose,
Soyez bonne, ô métempsycose
Permettez à votre Juliette
De ne point mûrir en minette
Mais en Colette, en Mistinguett
Ou pourquoi pas Madame de Lafayette
Mettez-moi, je vous le demande
Instamment, dans la cour des grandes
Judy Garland, Barbra Streisand
Ou cette bonne dame de George Sand
Placez-moi du côté du c?ur,
Côté talent, côté bonheur
Loïe Fuller, Dottie Parker
Ou sainte Joséphine Baker
Oui tout de suite les feux de la gloire,
Les feux de la rampe et de l'Histoire
La Yourcenar, Sarah Bernhardt
Ou la très sage Simone de Beauvoir
Une voix d'argent au fond d'un port,
Une plume d'acier ou un c?ur d'or
La Solidor, Christiane Rochefort
Ou Marceline Desbordes-Valmore
Les belles sans peur et sans marmaille
Toutes nues au fort de la mitraille
Sylvia Bataille, Anna de Noailles
Camarade Alexandra Kollontaï
Et les agitatrices de bouges
Brandissant l'espoir et la gouge
Olympe de Gouges, Rosa-la-Rouge
Et la vieille Germaine de Montrouge
La lignée des dominatrices,
Ladies, mesdames, doñas ou misses
Comme Cariathys ou Leda Gys,
Angela et Bette Davis
Le train du diable et ses diablesses,
Les vénéneuses et les tigresses
Lola Montès, Gina Manès
Et l'empoisonneuse Borgia Lucrèce
Enfin j'ai, pour être sincère,
Du goût pour les belles harengères
Yvette Guilbert, Claire Bretécher,
J'irais même jusqu'à Anne Sinclair
Mais si tant de souhaits vous chagrinent,
S'il est contraire à la doctrine
De viser haut dans les karmas,
Alors faites dans l'anonymat.
En attendant que tout bascule,
Que Satan ne me congratule
Ou que les anges me fassent la fête,
Permettez une ultime requête
Faites-la renaître votre frangine
En n'importe qui, en fille d'usine,
En fille de rien ou de cuisine,
En Croate ou en Maghrébine,
En Éponine, en Clémentine,
En Malka Malika ou Marilyn
Et si votre astrale cuisine
Par hasard ne le détermine
J'accepterai par discipline
De revenir en cabotine,
En libertine, en gourgandine,
Tiens, en Juliette Noureddine !
Olivier Goulet revient sur scène...
Olivier Goulet revient sur scène...

...Après un concert au Jazz Voyeur Club de Palma de Mallorca-Espagne.
Quelques dates parisiennes :
. Jeudi 8 octobre .
. Olivier Goulet . Sous les marges . Trio .
. Stéphan Carraci . Aurélien Naffrichoux . Olivier Goulet .
. Au Vieux Léon . 18 rue de la grande truanderie . M°Châtelet-les Halles .
Entrée libre...
Avec Niels le sioux en première partie
. Vendredi 23 Octobre .
. Presque Oui invite Jeanne Cherhal, Franck Monnet, Olivier Goulet
. Espace Jemmapes . 116 Quai de Jemmapes . 75010 .
. ET des billets pas chers sur:
http://www.billetreduc.com/15006/evt.htm
Et que ça swing...
Olivier
Infos et chansons.
http://www.myspace.com/gouletolivier
"Olivier Goulet,(...)
dont la voix apporte sa singularité dans le paysage de la Chanson."
Luc Melmont
Rions un peu...des fesses de Polnareff à celles d'Halexander
Rions un peu...des fesses de Polnareff à celles d'Halexander
Une affiche réponse à celle mythique de Polnareff sur http://www.myspace.com/lechanteurjannhalexander et http://www.apoplexia2008.blogspot.com, vous ne la verrez pas ici car elle est censurée sur de nombreux sites...y compris celui-ci.
Une Chanson sans paroles et sans musique
texte et musique : Jann Halexander
2010
Je dois écrire une chanson,
Mais je n'arrive à la rêver,
Je suis victime d'une pression,
Que vous ne pouvez ignorer,
Je ferais mieux de rester pion,
Les gamins, j'aime les emmerder,
Mais je suis malade de chansons,
Je finirais bien par trouver
R.
Je ne dors pas, je ne dors plus,
Je fais de l'asthme en continu,
Je bois du lait et je déprime,
Privé de rêve, privé de rimes,
Je ne dors pas, je ne dors plus,
C'est le cauchemar, je suis perdu,
Mais je vous aime, alors j'essaie,
D'avoir le texte le plus parfait !
VIVE LA MUSIQUE !!!!!!
Je dois créer une œuvre d'art,
Mais je n'arrive à la penser,
Un vrai chef d'œuvre inoubliable,
Eh, Jann : faut pas pousser !
Je ferais mieux d'être vendeur,
Dans une boutique de partitions,
Mais le métier porterait malheur,
Je serais déglingué de chansons !
R.
Je dois chanter l'apothéose,
Faire croire que j'ai écrit la bible,
Parvenir au bout de l'osmose,
Sinon je deviens irascible !!!!
Je ferais mieux d'être chauffeur,
Mais sans permis, c'est dramatique !!!
Au lieu de créer la douleur,
J'ai pris la voie de la Musique !
01 septembre 2009
Stéphanie Lignon : le renouveau féminin dans la Chanson
...Ce sont des musiques endiablées, une voix cristalline, du punch, du dynamisme chez cette femme au piano, ou à l'accordéon, à la fois héritière de Véronique Pestel, Michèle Bernard, Anne Sylvestre et contemporaine d'Agnès Bihl. Des extraits vidéos et audios sont à découvrir sur http://www.myspace.com/stephanielignon. Bien sûr, nous reviendrons sur les chansons de Stéphanie Lignon, encore peu connue, qui nous concocte un nouvel album( il est d'ores et déjà possible de souscrire).
Luc Melmont
14 juillet 2009
La Chanson et l'Ultra-Droite : entretien avec Docteur Merlin
La Chanson et l'Ultra-Droite : entretien avec Docteur Merlin
Ceux et celles qui fréquentent régulièrement ce blog en apprécient, me
disent-ils, la liberté de ton et l'absence de consensus à tout prix.
Sans regret, j'affirmes ne pas être subjugué par Leny Escudero, je place
Bécaud au niveau de Brel, je rêve d'une meilleure reconnaissance de
Mireille Mathieu dans le panthéon français.
Un de mes regrets
est de ne pouvoir interviewer Colette Magny, icône inoubliable
d'extrême-gauche, une grande dame qui imposait ses idées et qui
détestait biaiser. Ses chansons font partie du paysage. Sa radicalité
agaçait. Mais de façon générale, le milieu de la Chanson a toujours été
plus indulgent avec les chanteurs d'extrême-gauche que
d'extrême-droite.
S'entretenir avec Docteur Merlin, chanteur
reconnu officiant sur les marges de l'ultra-droite française depuis des
années, c'est aussi reconnaître l'existence d'un public qui est là,
qu'il ne faudrait pas nier. Dans un monde idéal, les extrêmes ne
devraient pas exister. Mais il s'agit ici de redonner sa place à un
artiste dont le répertoire est bancal mais riche. Il y a du mauvais,
il y a des perles aussi. Si la presse spécialisée Chanson n'en parle
pas, tant pis. Mais attention au danger de l'Hypocrisie : pourquoi
condamner un artiste pour les idées qu'il véhicule quand on ne balaye
pas devant sa porte ? La bonne conscience vaut-elle mieux que le rejet
assumé sans détours de l'Autre ? Débat complexe...
Je
ne reviendrais pas sur la qualité réelle de nombreuses chansons de
Docteur Merlin. Il draine un public, pas forcément d'extrême-droite. Je
ne suis pas moralisateur mais j'insiste sur le fait suivant, car il faut remettre
les pendules à l'heure : l'extrême-droite française prétend combattre
pour la France et s'approprie sans vergogne certains symboles
nationaux. Elle est dans les fait un symbole même de l'anti-France,
nation multiséculaire qui ne saurait être le pré-carré d'une grosse
minorité de gens.Un citoyen encarté au PS ou à l'UMP n'est pas moins
français que ceux qui défilent au Front National ou au MNR (ou dans toutes ces différentes mouvances radicales et obscures). En ce sens,
je ne fais que rejoindre les propos de la philosophe Hannah
Arendt ou Enzo Traverso: non l'extrême-droite ne saurait être le vrai visage, le visage
authentique de l'Europe.
1- Bonjour Docteur Merlin, merci de nous accorder cet entretien. Un mot sur la mort de Mickael Jackson ?
Pour paraphraser Cioran, qui prétendait que Dieu doit beaucoup à Bach, on pourrait dire qu'Obama doit beaucoup à M Jackson!
2- Comment vous qualifier ? Chanteur d'extrême-droite ? Ultra-droite ?
Quand on n'est ni de gauche, ni libéral, on est vite
étiquetté "d'extrème droite" ( alors que dans cette galaxie, il y a
autant de sensibilités différentes, ou de chapelles si vous préférez,
que dans tout le reste de l'échiquier politique)disons que je me sens attiré par les travaux de la "nouvelle droite".
3- Comment voyez-vous votre place dans la Chanson ? Parlez-nous du
regard des autres, de vos pairs, des médias, la presse chanson...
Mon souhait, en écrivant mes premières chansons,était
de créer un patrimoine à ceux qui partagent cette sensibilité, leur
donner des mots de passe, être un ciment pour souder leurs amitiés,leur
raconter des histoires, leur histoire.de fait je
n'ai donc rien de commun avec mes "pairs".Ce n'est ni mon métier, ni ma
vie, et à part quelques articles qui ne se préoccupaient que du
discours, personne ne s'est interessé à moi! Reconnaissons que je n'ai
pas fait grand chose pour!
4- Finalement, vous êtes peu nombreux à droite toutes : Meffret,
Gavino, vous. Je l'explique par le fait que les amateurs de musique
dans ce milieu sont plutôt des skins qui recherchent de la beuverie, de
la bagarre sur fond de musique pour casser les tympans, et vous, votre
avis ?
La musique Oï n'est à l'évidence pas ma tasse de
thé!!Mais les skins méritent au moins autant d'indulgence que les
jeunes et les délinquants des "cités". Paumés dans
une société qu'ils rejettent, et qui les rejette, ils ont sans doute le
tort de s'identifier, par défi, à la caricature qu'on fait d'eux!
Mais j'ai souvenir d'un concert au Quebec ou une centaine de skins, malgré force bières, sont venus s'asseoir autour de moi, bien sagement en rond, et ils connaissaient toutes mes chansons par coeur! certains sont devenus des amis très chers.
Cela étant dit, votre analyse n'est pas fausse, et même dans les grands rassemblements où j'ai pu me produire, mes ventes restaient confidentielles.
J'y vois plusieurs raisons:
ce milieu préfère les livres (plus sérieux!) et les divers courants ne sont pas très curieux des autres,ne m'ayant jamais entendu sur les ondes, je ne peux donc avoir le "statut" d'artiste reconnu,le show biz est tellement "politiquement correct qu'ils s'en sont détachés.
5- Pourquoi un album entier dédié à Brasillach ? Et pourquoi pas Céline ?
L'album "Brasillach" a été produit par les "ARB" (Les
amis de R Brasillach) cercle littéraire qui n'entend pas laisser
réduire cet écrivain à son étiquette de journaliste collaborateur, ni à
celle d'ailleurs du " poête assassiné"pour un
anniversaire de sa mort, nous avons pensé que donner un pendant à la
version mythique des poêmes de fresnes récités par P Fresnaye, pour
montrer que sa poésie est éternelle, donc actuelle,était un défi
excitant! J'aime bien le résultat, mais il n'a , évidemment , pas fait l'unanimité!les
ventes sont restées anecdotiques, et la fermeture de la SERP, qui
diffusait mes albums, a mis fin aux projets Celine, Morand, Gripari etc
6- La chanteuse Jil Caplan a récité des vers de Brasillach à la fin de
sa chanson Tard dans la nuit [La nuit était merveilleusement douce,
toujours embaumée par les arbres en fleur...] et Jann Halexander lui a
consacré une chanson. Avez- vous vous écho de leurs chansons ?
Jann Halexander m'a fait parvenir son album, (n.b de l'auteur de l'entretien : sur mon conseil, je l'admets) et j'ai trouvé sa démarche très sympathique. Avec Jil Caplan, ils ont sûrement découvert l'écrivain, le poête, et ont du ressentir la tristesse, ou le malaise, de ne pouvoir l'admirer, ou tout simplement l'aimer, sans se sentir un peu coupable, sans braver les interdits. La France est un pays de liberté, mais de liberté surveillée.. .dis-je dans une de mes chansons. Force est de constater que nous vivons tous les jours à l'heure de la libération! 65 ans aprés!C'est de la schyzophrénie!
Guy Mocquet résistant par ci, loi Gayssot par là,émission quasi quotidienne à la télé, mémoire obligatoire à l'école et j'en passe. L'Italie,malgré un passé plus lourd,a désormais une vision plus historique de ces époques et multiplie débats, colloques thèses, sans poser de problèmes. C'est un voeu pieux que d'espérer nous en inspirer, notre microcosme français est Orwellien.
7- Ce que je ne comprends pas : pourquoi cet écart entre la médiocrité consternante, par exemple de chanson comme Y a bon la sécu et la qualité indéniable de l'album Brasillach ? Ne pensez-vous pas qu'une chanson comme Y a bon la sécu ne fait rire que les aigris et les démagos ?
"médiocrité consternante" est un peu blessant!, j'aurai préféré "facilité paresseuse". Cette pochade, écrite sur le coin d'une table, a le mérite de tourner assez bien. Le côté " bon enfant" rejette d'ailleurs les responsabilités sur le système, qui, au nom du seul profit de quelques uns, déracine des populations entières.Je pense même que cette chanson désamorce les discours primaires et xénophobes que je désapprouve et pour manier le paradoxe jusqu'au bout, n'oublions pas que les indiens d'Amérique n'étaient pas non plus xénophobes, ils ont pourtant été exterminés!
8- Une carrière la la Michel Sardou, cela ne vous faisait pas envie ?
Franchement non! sans parler même du talent, je ne fais que poursuivre mon petit bonhomme de chemin,en réalisant petit à petit le but que je m'étais fixé! J'y trouve toujours autant de plaisir, et j'admets que ma modestie naturelle souffre quand quelqu'un d'ailleurs s'interesse à mon oeuvre!!
9- Où chantez-vous ? Et depuis combien de temps ?
Depuis 25 ans, je me produit un peu partout en europe,et au quebec, dans les milieux dits " identitaires",mon cachet se résumant à quelques bonnes bouteilles, j'ai surtout fait moisson d'amicales rencontres.
10- Quelles sont vos sources d'inspirations quand vous écrivez ?
Exprimer une sensibilité païenne( c'est à dire en dehors du dualisme totalitaire des religions révélées), montrer du doigt et railler les oppressions du politiquement correct,dénoncer l'emprise du monde marchand,de l'usure, de la croissance, du système à tuer les peuples!
11- Avez-vous des projets (artistique, s'entend) ?
Enregistrer un dernier disque, en espérant un réussite musicale égale à celle du "Brasillach" pour que mes "fans "reconnaissent de temps en temps que les "meilleures" ne sont pas forcément les plus anciennes!
12- Quels sont vos artistes de prédilection ?
Brel, Brassens,Vian,Auffray, F Leclerc, G Allwright, F Mey,L Lemay,Fugain, Le Forestier, Sanséverino, J clec , pas très original tout ça.
14- (pas de 13 par superstition) Un mot sur la bonne cuisine : votre plat préféré ?
Les cromesquis de Menaud à St-Père-sous-Vézelay, et
peut être un sandre sauvage au beurre blanc, servi avec un hermitage de
même couleur
15- La Chanson que vous auriez aimé écrire ?
Sans hésitation Bozo de Félix Leclerc.
Entretien réalisé par Luc Melmont














