18 juin 2009
Sous les marges du chanteur Olivier Goulet
Un étrange climat, dont on ne sait s´il est tropical ou tempéré se
dégage de l´album Sous les marges d´Olivier Goullet, chanteur
guitariste (acoustique) aux origines libanaises et centrafricaines,
dont la voix apporte sa singularité dans le paysage de la Chanson.
L´artiste, que je vous encourage vivement à découvrir en concert mais également sur sa page myspace (www.myspace.com/gouletolivier) se situe a mi-chemin entre Serge Gainsbourg et Laurent Voulzy. Le titre
de cet album représente le climat crépusculaire, aussi bien dans le
fond, les chansons, que dans la forme avec le livret noir/bleu. Un
album lunaire. La chanson A contre-courant donne le ton : "Si fille
sous ma main, tu meurs et tusouris...". Une étrangeté lourde portée par
une voix au timbre troublé, voix grave qui flirte avec les aiguës.
Une oeuvre claire/obscure qui séduit, l´artiste a foulé de nombreuses
scènes en Europe et aux Etats-Unis. Mention spéciale au musicien
Aurélien Naffrichou, aux guitares électriques, basse et batterie.
Luc Melmont
20 janvier 2009
Bertrand Betsch : dans l´Ombre de la Chanson...en une époque médiocre...

...Il assume son statut de chanteur maudit qui peine à trouver son public...ici et là
des gens aiment ses chansons, mais pour remplir le Café de la Danse
cest pas évident...il a un timbre de voix particulier, des paroles
originales... mais il n´y a pas de loi en musique, de loi pour devenir star ou du
moins reconnu...alors il reste marginal. et puis c´est ainsi.
Toutefois, c´est dommage car pendant ce temps, nous avons droit aux
chansons vides de Renan Luce, petit gamin sans talent profond, qui ne
fait que confirmer les terribles paroles du journaliste Jacques Vassal
: A EPOQUE MEDIOCRE, CHANSONS MEDIOCRES...
On dirait presque une formule latine...
Luc Melmont
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Betsch
http://www.myspace.com/bertrandbetsch
15 janvier 2009
Au sujet de l´album Le Marginal, par l´auteur Alain Pozzuoli...prochains articles...de Julien Clerc à Michel Sardou...
Voici une longue critique du parolier Alain Pozzuoli, auteur de plusieurs ouvrages sur la chanson, en ligne sur la page myspace officielle du chanteur Jann Halexander...dans les semaines qui suivent, nous parlerons de Coralie Clément, Julien Clerc, du retour d´Anne Sylvestre au Trianon, Romain Didier, Michel Sardou...
Minimalisme
et singularité, telles semblent être les deux caractéristiques
principales de Jann Halexander et de son dernier album, Le
Marginal. En effet, alors que certains de ses
jeunes confrères se délectent à l’envi d’océans d’orchestres
et d’effets acoustiques tonitruants, Jann Halexander mise sur la
simplicité, la tiédeur intime du piano-voix, et le ton enjôleur du
confident, en contrepoint des chanteurs-hurleurs partis à l’assaut
des télévisions et des radios.
A contrario, Jann Halexander se soucie peu d’être présent dans le landerneau médiatique. Pas ou peu d’apparitions télévisées, peu de passages radios, mais sur des antennes ciblées. Le jeune homme n’ambitionne pas de squatter les sommets des hit-parades, encore moins d’accumuler les disques d’or et les récompenses prisées par la profession. Lui, au contraire, semble se conforter sur un chemin « à l’ancienne », passant uniquement par et sur la scène, de préférence dans de petits lieux où le rapport avec le spectateur se joue « à l’intime », dans la promiscuité, la confidence, la confession, le partage. Jann Halexander est de ces artistes atypiques qui ne voient de salut que dans l’authentique, le vécu, le réel…même si celui-ci effleure parfois les cimes du fantastique ou du surréalisme. Car le vécu de Jann Halexander n’est pas des plus communs ni des plus anodins. Tour à tour vampire mulâtre, amoureux assassin et victime, ce Fregoli des amours sulfureuses s’écartèle entre attirance-répulsion (Brasillach 1945), fascination « adu-lescente » (La dame rousse, chanson hommage à Mylène Farmer), et passions destructrices (Déclaration d’amour à un vampire, J’aimerais, j’aimerais,etc).
Le marginal, dernier opus en date du chanteur franco-gabonais, conjugue tous ces modes et déroule les thèmes favoris du jeune chanteur-acteur-réalisateur. Amours vampires et dévorantes, illusions-désillusions, contradiction pêle-mêle de la victime et du bourreau. L’univers d’Halexander bouillonne délicatement comme un magma en devenir, car n’en doutons pas, cet artiste creuse son sillon, patiemment, savamment, loin de l’agitation du monde, mais, peu à peu, construit son parcours, sans hâte, convaincu en son for intérieur qu’un jour ou l’autre le grand public saura trouver sa trace et le suivra enfin sur le chemin du succès qu’il mérite. J’en veux pour preuve certains auteurs réputés comme Valérie Lemercier (Françoise G) qui n’a pas craint de signer sur son disque-grimoire.
Dans la galaxie de la chanson, il est des étoiles filantes flamboyantes et quelques planètes plus lentes et plus discrètes dont la trajectoire est parfois délicate à suivre de prime abord, pour finalement se cristalliser dans la conscience collective telle une évidence. N’en doutons pas, Jann Halexander appartient à cette seconde catégorie, et pour peu qu’il affiche par la suite des exigences un peu plus soutenues, il ne risque pas de sombrer dans un trou noir.
07 novembre 2008
Jann Halexander / Maïk Darah :Spectacle "Rendez-Vous Secret" 28/29 novembre Théâtre Darius Milhaud, Paris [chanson et théâtre]
nota bene : aux artistes, aux labels, aux amoureux et amoureuses de la Chanson, envoyez-nous vos informations, vos suggestions... lucmelmont@voila.fr
Les chansons de Jann Halexander : un répertoire d’où peut surgir la passion(Chorus n°64)
Ces
scènes de vie gravées à l’eau forte sont un patchwork de choses vues,
de souvenirs d’enfance, de jeunesse, d’un hier tout proche, et toujours
présent (Le Doigt dans l’œil, juin 2008)
Théâtre et Chanson
JANN HALEXANDER …MAÏK DARAH …JULIEN MAVRICI
Dans
RENDEZ-VOUS SECRET (A TABLE…)
Vendredi 28 et samedi 29 novembre 2008 au Théâtre Darius Milhaud
80 Allée Darius Milhaud - 75019 PARIS Réservations : 01 42 01 92 26.
21H00
Le chanteur Jann Halexander (A Table, J’Aimerais J’Aimerais) nous convie à son Rendez-vous Secret, une subtile alliance entre le théâtre et la chanson. Dans une petite salle intimiste reconstituée en salon, le public plongé dans l’ambiance assiste à un dialogue entre frères et sœur.
Un vendredi, dans l’ouest de la France. Jann, le frère dandy, désinvolte et désabusé, Julien Mavrici, le cadet timide et complexé et Maïk Darah, la grande sœur, diva alcoolique et excentrique discutent du repas de famille qui doit avoir lieu dimanche. Seulement voilà, les repas de famille c’est beau comme un dimanche…si ce n’est que personne n’apprécie les dimanches. Rires, émotions, doutes et chansons au programme…
Rendez-vous Secret fut présenté pour la première fois au théâtre de la Reine Blanche le 9 mai 2008, à Paris. Cette pièce de théâtre atypique mêlant dialogues et chansons réunit le chanteur auteur Jann Halexander (comparé à Guidoni, Poulenc…), la comédienne Maïk Darah (la célèbre voix française de Whoopi Goldberg) et le comédien poète Julien Mavrici.
Première partie : Cédric Barré
Mise en scène : Jann Halexander / Maïk Darah - Un spectacle écrit par : Jann Halexander
http://jannhalexander.free.fr - http://www.myspace.com/jannhalexander - darah.chez-alice.fr - www.cedricbarre.com
chansons et extraits vidéos en ligne sur
http://www.myspace.com/jannhalexander
http://www.myspace.com/maikdarah
Tarifs : 18 euros sans réservation / 14 euros en réservation (également étudiants, chômeurs, rmistes) - Réservations : 01 42 01 92 26.
Disque LE MARGINAL en vente dans les fnacs, fnac.com, alapage, amazon en octobre 2008
Nota Bene : certains passages sont susceptibles d'heurter la sensibilité des spectateurs
24 octobre 2008
Les joyaux de la Chanson Française : Jean Guidoni
Les joyaux de la Chanson Française : Jean Guidoni
…après Véronique Pestel et Anne Sylvestre, nous parlons de Jean Guidoni…la rubrique Les Joyaux de la Chanson Française a pour but de mettre en valeur, sous un angle particulier, des artistes français ou francophones qui oeuvrent dans la chanson. Leur niveau de popularité, la marque de leur voiture ou leur chiffre de ventes d’albums ne nous intéresse évidemment pas.
Jean Guidoni aurait pu rester un de ces chanteurs de variétoche des années 70, un peu ringards, dont les vinyls vendus dans les vide-greniers pour 1 euro ne trouvent pas un seul acquéreur. Les tout premiers disques du chanteur sont franchement médiocres : Le Tétard, Nana…textes sans grand intérêt, orchestration fade, voix mal valorisée…Jean Guidoni en ce milieu des années 70 fait les premières parties de Serge Lama ou Isabelle Aubret. Son installation tranquille dans la grosse variété, adaptée aussi bien aux fêtes de la rillette qu’aux galas de charité, sera chamboulée par Ingrid Caven. Une chanteuse allemande crépusculaire qui chante Kurt Weil, Brecht, évoque l’entre-deux-guerre, dévoile tout un monde au chanteur qui la voit sur scène, un chanteur déjà lassé par son métier et qui souhaite évoluer. Mais ce ne sera pas une évolution. Ce sera une transformation radicale. Qui en déconcerte plus d’un( e). Pierre Philippe a écrit pour Ingrid Caven, il écrira pour Jean Guidoni venu vers lui. La rencontre n’est pas aisée (lire Chanter n’est pas joué, écrit par le chanteur), mais c’est une rencontre riche qui donnera naissance au suprenant Crime Passionnel, en 1982. Crime Passionnel, un opéra pour un homme seul, présenté en 1982 aux Bouffes du Nord parisiennes…l’homme seul, celui emmuré dans sa chambre, son lit est sa barque, la chambre sa cellule glauque, les murs, Le Haut Mur qui cache la Vie…Un spectacle écrit par Pierre Philippe, à la musique le célèbre Astor Piazzolla, un maître du Tango Argentin. Le bouche à oreille fonctionne. A cette époque, internet n’existe pas, les gens sont encore curieux, sortent, se laissent séduire par la Culture. Une sorte de temps révolu, propice à l’innovation, la découverte…mais ne versons pas dans la nostalgie imbécile.
Sur scène, Jean Guidoni est maquillé à outrance, ce qui n’exclut pas l’élégance et le mystère, il précède Mylene Farmer dans la noirceur, la névrose. Il est d’ailleurs étrange qu’on ne mette jamais en parallèle les deux artistes à cette époque. La voix de Guidoni crache, invective, agresse, viole les esprits de l’époque. Univers décadent, luxure, crépuscule. Le « couple » Pierre Philippe paye le prix du succès dans le monde de la chanson : le chanteur plonge dans une marginalité dont il aura du mal à se défaire. Le célèbre inconnu de l’Olympia, comme disait Le Monde doit faire face à des décideurs dans le métier assez conservateurs, quelque soit leur bord politique. Les artistes l’évitent dans les loges (notamment les chanteurs dont les femmes pensent que l’artiste peut piquer leurs maris), des gens menacent de lui casser la gueule à la sortie des concerts. Un public passionné adhère totuefois à Guidoni à chaque album, y compris Putains. Pierre Philippe s’éloigne, Jean recherche de nouvelles plumes, se met à écrire davantage. En 1987, Tramway Terminus Nord lui permet de renouer avec le grand public amateur de variété, la chanson est diffusée sur les ondes et l’artiste est même invité dans une émission de Michel Drucker.
Restons dans le monde de la chanson : il faut se rendre à l’évidence et constater l’importance de Crime Passionnel, aussi bien dans sa forme, que dans le fond. C’est aussi le symbole d’une époque, quand la gauche de Mitterand arrive au pouvoir…une gauche toujours remise en question par le chanteur, aux convictions socialistes. Malheureusement le chanteur reste rattaché à cette période, les années 80, malgré des disques réguliers.
A l’instar de Jacques Brel, Jean Guidoni n’a pas vraiment d’héritiers dans la chanson actuelle. Et puis l’héritage est lourd. Ses chansons ne sont pas ou si peu reprises par d’autres artistes, le cas de reprise le plus connu étant le Haut Mur par Simone Tassimot, chanteuse au style réaliste nostalgique de Damia, passionnée de Gainsbourg. Ainsi Guidoni est une référence mais pas un phare. Toutefois, un jeune artiste actuel lui est régulièrement comparé, de Chorus au Doigt dans l’œil : Jann Halexander, l’auteur de Brasillach 1945, A Table, Déclaration d’amour à un Vampire.
Les similitudes sont nombreuses : noirceur, esthétique crypto-gay, névroses à travers les chansons, les clips, les concerts, les documentaires, les films. Guidoni a chanté la prostituion, l’errance, la folie, la mort mais aussi la famille (Un enfant, le Commandeur, dédié à son père), tout comme Halexander. Il a chanté les illusions politique (Rouge), tout comme l’auteur de Brasillach (sur cet écrivain condamné à mort, que De Gaulle refusa de gracier). Il est dit ici et là aussi que ces chanteurs sont des artistes pour initiés. Ce qui nous amène d’ailleurs à se poser la question : pourquoi un artiste n’oserait pas chanter pour « son » public ?
Chaque artiste est unique et les différences sont nombreuses. La marginalité est une volonté réelle, farouche chez Jann Halexander, une marginalité protectrice, une fin en soi qui lui procure une certaine aura. Ne dit-il pas de lui-même qu’il n’est qu’un passeur ? (voir son blog sur myspace). Il ne semble pas avide du succès mais de la passion créatrice. Peu connu, mais pas inconnu, peu vendeur mais vend quand même, peu médiatique et pourtant présent dans la presse, de Têtu à Ouest France. Mais c’est une « carrière » jeune, malgré une bonne cinquantaine de chansons enregistrées. 3 films, une pièce de théâtre (Confessions d’un Vampire Sud-Africain). Le temps travaille pour ce passeur de rimes et de notes.
Jean Guidoni assume sa marginalité mais n’en souligne pas moins le côté fardeau. On ne saurait le réduire à Crime Passionel et actuellement Jean Guidoni évoque aussi bien Nougaro que Bashung. Curieux, il sait passer de la chanson au rock. Il est aussi plus connu que Jann Halexander à l’heure actuelle.
Mais un autre élément sépare les artistes : ce n’est pas l’âge mais la couleur de peau. Par son existence, Jann Halexander franchit des barrières qui exigent une certaine volonté, une prise de risque (ou inconscience), notamment en mélangeant métissage et sexualité de façon si intense dans ses chanson : Le Mulâtre, Brown Man, Alien Mother…Ca a déjà été dit, un chanteur franco-gabonais au piano fait de la chanson à textes sur des amours homosexuels déchus en Vendée, des vampires ou Brasillach, c’est forcément atypique, nouveau, agaçant, étrange. Il est même probable que certaines personnes finalement ne peuvent pas rentrer dans l’univers tout simplement car c’est trop nouveau ( ?). Cependant, le chanteur se renouvelle très peu musicalement : toujours du piano, un son brut, rarement un saxo ici et là, ou de la flûte, mais surtout une voix, un élan passionnel. Certaines mélodies sont entêtantes.
Il semble que Jann Halexander dans les rares interviews qu’il a données, n’a jamais écouté Guidoni dans son enfance ni même son adolescence (sont cités pêle-mêle Sheller, Aznavour, Pierre Akendengué, Mylene Farmer, Joe Dassin, le compositeur Francis Poulenc). Pour autant il ne renie pas les comparaisons, accepte même les parallèles. Les journalistes ont besoin de cases, il est donc plus aisé de dire que Halexander évoque Jean Guidoni pour l’univers, Yves Montand pour la voix, Francis Poulenc pour la musique. C’est risqué aussi. Les deux artistes semblent se connaître un peu, de loin. Un film était même prévu les réunissant, OPFER, mais le tournage a été repoussé. Ou annulé.
Enfin, malgré quelques coups d’éclat (Brasillach 1945, J’Aimerais
J’Aimerais), il n’y a pas (encore ?) chez Halexander l’équivalent de Crime
Passionnel.
http://jeanguidoni.com/
http://www.myspace.com/jeanguidoni
http://jannhalexander.free.fr
http://www.myspace.com/jannhalexander
Prochaines Dates de concerts parisiennes des artistes :
Jean Guidoni
L'EUROPEEN, 15/16 décembre 2008
Jann Halexander
Théâtre Darius Milhaud, 28/29 novembre 2008
LUC MELMONT






