25 octobre 2009
La culture n'est pas un robinet qu'on ouvre ou ferme à volonté.
Pour les amoureux et les amoureuses autoproclamé(e)s de la Chanson, je bondis sur un message reçu sur ma boîte au sujet de la difficulté, paraît-il, de se renseigner sur l'existence de tel ou tel artiste. Je vais sans doute paraître dur mais je ne suis pas le premier à le dire : la culture n'est pas un robinet qu'on ouvre ou ferme à volonté. Elle vient vers nous ? Certes, pas toujours, alors il faut aussi aller vers elle. On accepte bien de flâner dans une librairie, ou une exposition, alors pourquoi pas sur internet, source de découvertes fantastiques où on peut tomber dans un même temps sur les chansons de Claude Semal, Véronique Pestel, Michel Sardou ou Cindy Sander. Je sais très bien que ces artistes n'ont que peu de choses en commun, si ce n'est qu'on peut se procurer leurs oeuvres sur internet. On peut acheter leurs titres sur les plates-formes de téléchargement, on peut aussi acheter via paypal, ou envoyer un chèque à l'adresse indiquée...ou encore sur Ebay, amazon, priceminister...c'est comme ça que je me suis procurer l'intégrale Claude Vinci, un must et je jubile à l'idée de crâner en disant aux gens : voyez, moi, j'ai l'intégrale de Claude Vinci chez moi...
Et puis ces artistes ont des dates avec des dates de concerts indiquées sur leurs sites internets, il faut sortir par exemple. D'autre part, ne pas croire que Wikipédia est une source incontournable!!! Je vais vous dire pourquoi Wikipedia n'est pas fiable : tout simplement parce que le chanteur Bernard Joyet n'y est pas. Et puis c'est tout !
L.M
24 décembre 2008
Mylene Farmer : point de rupture
Mylene Farmer est l'une des plus grandes artistes d'Europe. A côté, Madonna est pathétique et possède le charme d'un lampadaire (je m'excuse d'avance pour cette insulte faite aux lampadaires). Mylene Farmer est une grande show woman (chanteuse,c'est vite dit) européenne qui remplit les stades de France à la Russie, elle est adulée, collectionnée, admirée par les stars anglo-saxonnes...après tout elle a vendu des millions d'albums dans le monde, du Québec au Japon en passant par l'Australie, ce n'est pas rien. Elle fut tout à tout libertine, Tristana (fille spirituelle de Deneuve), Putain, Cosette désenchantée, ombre chinoise, petit garçon manqué. Sensuelle, sulfureuse, égale à elle-même tout en sachant innover.
Admirée aussi par les hommes et femmes politiques sui voudraient lui ressembler. En 2001, le journaliste satirique Karl Zéro montre à Nicolas Sarkozy, encore inconnu un extrait du film Barry Lindon, de Kubrick. Après avoir vu l'extrait, Karl Zéro :
- Alors, à quoi ça vous fait penser ?
- A Mylene Farmer...
Sarkozy est souriant. Kubrick a dû se retourner dans sa tombe, atteint d'une haine tenace pour Laurent Boutonnat, réalisateur du clip Libertine, inspiré par son film.
Mais hélas, trop c'est trop.
L'album est intitulé Point de sutures. Jaquette moche. C'est le point de rupture. Où Mylene Farmer s'abaisse à de la variétoche guimauve, faussement branchée, nulle, nulle, nulle, comme peuvent l'être la majorité des goûts des ados d'aujourd'hui (gays ou pas, d'ailleurs). Le journaliste Jacques Vassal sortit ce propos terrible dans Le Petit Format, édité par le centre de la Chanson : à époque médiocre, chansons médiocres.
Alors pour moi, Mylene Farmer n'est plus qu'un souvenir lointain, certes je n'étais pas un fan, mais quand même j'aimais bien. La page est tournée. Avec le temps, j'oublierais.
Tiens d'ailleurs, voici les paroles Avec Le Temps de Léo Ferré (chanson reprise avec éclat par feu Dalida)
Avec le temps
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie
la voix
Le cœur quand ça bat plus c'est
pas la peine d'aller
Chercher plus loin faut laisser
faire et c'est très bien
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
L'autre qu'on adorait qu'on
cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour
d'un regard
Entre les mots entre les lignes et
sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va
faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
Mêm' les plus chouett's souv'nirs
ça t'as un' de ces gueules
À la gal'rie j'farfouille dans les
rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse
s'en va tout' seule
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un
rhume pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent
et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme
pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme
traînent les chiens
Avec le temps va tout va bien
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
On oublie les passions et l'on
oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les
mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard surtout ne
prends pas froid
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un
cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit
de hasard
Et l'on se sent tout seul
peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les
années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus
24 octobre 2008
La peinture : peindre, un acte égoïste ? (réflexion au retour d’une exposition d’Anne Yoro)
La
peinture : peindre, un acte égoïste ?
(réflexion au retour d’une exposition d’Anne
Yoro) La peinture m’indiffère. En règle générale. Tout au plus Magritte. Monnet. Un peu Picasso. Mais je suis incapable de
m’intéresser à tout et j’ai beaucoup de choses à écrire sur la musique classique
et la chanson française, c’est un exercice
passionnant.
C’est donc avec réticence que je me suis rendu, en octobre, à
l’exposition des tableaux d’une peintre, Anne Yoro, sur les conseils d’un ami
chanteur qui m’avait incité à y aller : « Les peintures sont
magnifiques, la personnalité de la peintre n’est pas spécialement intéressante
mais vas-y, certaines de ses œuvres sont tout simplement
saisissantes. » Aller seul à une exposition ? Non merci. Ma copine n’était pas
motivée pour m’accompagner. Un collègue de travail non plus. Pour finir, le
chanteur lui-même (Jann Halexander)
était retourné en province pour des raisons de santé.
Je n’ai pas pris la peine sur internet de me renseigner sur le travail de
la peintre. La découverte devait être totale. L’exposition se déroulait au 82,
petit bar pas très loin de la Gare de Lyon, bar simple et charmant pour jeune
clientlèle parisienne (profil type : attachée commercial, informaticien,
assistant communication, vendeur chez Ikea). Peu de monde. Il est 20h, je
rentre, intimidé et aussi désemparé car je ne sais pas ce que je fais là. Je
suis venu pour voir des peintures et je réalise que je serais incapable de les
décrire ou de les défendre. La seule façon d’intéresser quelqu'un finalement
autour de moi serait de le prendre
de force par la main et de lui dire : « Tu
m’accompagnes ! ». Les peintures d’Anne Yoro sont magnifiques en effet mais n’ont rien
d’extraordinaire ou d’innovant. J’ai été toutefois marqué par cet étrange globe
terrestre coloré et évoquant un ballon de football en relief sur un fond noir
abyssal. Un mélange de lumière et de morbidité, il faut bien dire, qui m’a
surpris. Ainsi nous ressentons chacun à sa façon les œuvres que nous observons,
écoutons, lisons.
Mais je ne suis pas resté longtemps, juste le temps de prendre un jus, de
le boire très vite. Ma présence dans ce lieu était anormale. Mais je suis
parti vite car j’ai réalisé quelque chose : l’acte de peindre est un acte
égoïste dans la société actuelle. Lorsque j’emploie le mot égoïsme, je l’emploie
pour ce que ce mot signifie, pas pour la connotation péjorative qu’on y met.
Lorsque je suis confronté à des peintures actuellement, je me rends compte que
trop souvent c’est de l’abstrait, de l’onirisme, mélange de forme et de couleur,
où les être vivants sont exclus. L’image du peintre solitaire dans son antre
séduit les gens (jusqu’à une certaine limite), mais cette image ne me séduit
pas. Qu’il s’agisse d’une nonne ou d’une peintre, la quête de la solitude me
semble toujours suspecte. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Un retrait du
monde. Le tableau n’a d’intérêt alors que dans le prix. On peut parler d’un
écrivain généreux, d’un chanteur généreux, d’un cinéaste généreux c'est-à-dire
des artistes qui ont le sens du partage, il est difficile de parler d’un peintre
généreux ou d’un sculpteur généreux. Il est possible de communiquer avec le
chansonnier, avec l’écrivain
public, ça ne l’est pas avec le peintre. Dans ces conditions, il est encore plus
difficile de rentrer dans « l’œuvre ».
Bien sûr, ce n’est qu’un avis personnel, une réflexion qui peut heurter.
Posséder chez moi une peinture achetée 750 euros ne
m’apportera jamais la joie, le plaisir ou la plénitude d’écouter un disque ou de voir un film.
Ce ne sera qu’un produit de plus dans mon ridicule appartement. A la limite qui
me permettra d’être un peu snob quand j’inviterais des gens. Oui, c’est cela, un
produit prestigieux. Mais un produit quand
même.
Luc Melmont
Le site d'Anne Yoro http://www.anneyoro.com/yoro.htm
Flash_News : Un blog culturel incontournable
Un blog culturel incontournable : Flash News
Rares sont les blogs généralistes, complets et régulièrement mis à jour,
ce qui explique le succès de Flash News. L’auteur de ce blog
aborde tout un éventail de sujets, de la politique à la mode en passant par les
médias ou la variété ( des articles intéressants sur Françoise Hardy). Notons également la
qualité de ses interviews avec Benoit Hamon, Noël Mammère, Rémi Lange, Hervé Domingue…un blog simple mais pas
consensuel, un blog riche et semé d’informations rares… http://flash-news.over-blog.com/ Luc Melmont









