08 décembre 2009
Clémence Savelli : passion, rage, talent
...Il y a une plaine. Immense. Aride. Un ciel gris et lourd qui domine cette plaine. A l’horizon, pas un chat. Pas un oiseau. Pas un bruit. Pas de vent. Le temps passe. Le jour est long. Puis au loin, un point. Qui grossit. Une ombre qui avance. Une femme blonde vêtue de noir. Portant un chapeau haut de forme noir. L’œil vif, acier. Une femme jeune. Elle marche. Et en marchant lentement mais sûrement, elle crie, éructe, rit , pleure, invective, agresse, attire. Une tornade venue de nulle part. C’est Clémence Savelli. Certes les novices la découvriront à travers l’entretien qu’elle a accepté de m’accorder. Ceux et celles qui la connaissent savent qu’elle est une belle enragée des mots-maux et des notes ; la voix rageuse. Et sa personnalité entière portée, décuplée par l’excellence du pianiste qui l’accompagne, la guide, Pascal Pistone. Les personnes qui l’ont vue sur scène , qui l’aiment, savent que c’est une Grande de la Chanson. Et non un épiphénomène. Ce n’est pas une simple chanteuse qui fait des textes ciselés et intéressants sur un enregistrement correct. Non, non et non ! C’est Clémence Savelli. Qu’ on écoute avec frissons quand elle chante Chômeur, avec tendresse et perplexité quant, riant d’elle-même elle chante j’ai pas de public.
Qu’il s’agisse de l’album REALITES ou Paris Terminus, la qualité et la beauté sont constantes. Oublions quelques temps les talentueux artistes des générations précédentes. Voyons le présent , source de l’avenir. Avenir rassurant pour la Chanson Française. Puisque nous avons Clémence Savelli.
Luc Melmont
Acheter les disques : site officiel www.vivaarte.fr/clemence
Page myspace : http://www.myspace.com/chansonrealiste
http://www.youtube.com/watch?v=TjmhYxpmC5g chanson Chômeur
Quelques
mots des médias
"Intemporel!"
(Vinyl)
"Une chanson solide, bien charpentée, soucieuse du texte bien écrit."
(CHORUS)
"L'émotion est à son comble" (RécréAction)
"Il y a quelque chose de Piaf chez cette chanteuse des temps
modernes" (Francofans)
"Ses textes sont résolument engagés" (Sud-Ouest)
"Nul ne ressort indemne" (Charente Libre)
ENTRETIEN :
Bonjour Clémence Savelli. Soyons francs : n'avez-vous pas l'impression
d'être une Marginale dans le monde de la chanson ? (attention moi j'aime
beaucoup vos chansons, marginal ne veut pas dire mal)
Très certainement. Je ne suis pas
dans une démarche de recherche du consensus mais réellement dans une quête
d’expression libre, que ce soit dans les thèmes que j’aborde ou dans la
musique. Tout ce que je fais est très personnel. En ce sens-là, je suis très
certainement marginale. Mais je pense toutefois que mes chansons, à travers les
histoires qu’elles dépeignent, sont tout à fait « populaires » au
sens noble du terme, seulement ma démarche l’est moins, parce que les gens
perçoivent que je cherche avant tout à faire entendre des textes plutôt qu’à faire
du divertissement. Je ne cherche pas à plaire mais à « faire
entendre ».
L'autoproduction est une contrainte chez vous ? Un choix ?
qu'attendez-vous de la musique dans votre vie ?
En terme de création,
l’autoproduction est un choix et une belle chose. Avec Pascal Pistone, nous
avons réellement confectionné mes deux premiers albums de A à Z : nous avons
tout réalisé jusqu’à la pochette. Cependant, l’autoproduction nous freine
effectivement sur quelques idées futures d’orchestration plus importante, faute
de moyens, et puis sur la diffusion également, puisque mes albums sont en vente
uniquement sur mon site ou quelques distributeurs sur le net. Pour répondre à
la dernière question, j’attends tout de la musique dans ma vie. J’aime plus que
tout la scène et je souhaiterais donner un maximum de concerts.
Quand j'écoute votre rage, je me pose deux questions qui se suivent :
êtes-vous sincère ? Et si oui, pourquoi cette rage qui vous anime ?
La question que vous me posez est
tout à la fois intéressante et paradoxale. Je pense justement que les gens qui
apprécient mes chansons (ce qui est votre cas apparemment) les apprécient parce
que je suis sincère. Les thèmes que j’aborde et la manière de les traiter, tout
cela est présenté de manière tout à fait personnelle et subjective. C’est
vraiment le caractère personnel que je défends lorsque je raconte une histoire.
Je pars du personnel, de l’individu, et la plupart du temps, cela touche le
collectif, alors que beaucoup d’artistes cherchent à viser volontairement le
collectif et à lui plaire, et finalement, rien de personnel ne ressort. Je suis
donc on ne peut plus sincère. Je n’aborde que des sujets que je connais de très
près ou qui m’ont touchée très fortement.
Pour la deuxième question, je vous
dirai que je me demande souvent « Pourquoi tous ces gens ne sont-ils pas
animés de cette même rage qui est la mienne ? ». C’est une question
compliquée. C’est quelque chose de profondément personnel, que je ne choisis
pas, et qui me semble une évidence. J’ai toujours été quelqu’un de très
silencieux, de très solitaire, mais j’ai justement gardé en moi beaucoup de
révolte, que je ne peux qu’exprimer en chanson parce qu’elle est pour moi le
plus bel outil d’expression et de contestation.
Vos sources d'inspirations ?
L’observation des autres, les
rencontres que je fais, les conversations que je surprends, tout ce que je vis
ou que vivent mes proches, les évènements qui me mettent en colère, voilà tout ce qui m’inspire.
Je me trompe si je dis que la beauté de votre univers résulte aussi de
votre symbiose avec votre pianiste ?
Effectivement « mon
univers » (même si je déteste ce terme), résulte d’une alchimie unique que
j’ai avec Pascal. Plus que mon pianiste, il est également compositeur et
arrangeurs de certaines musiques, et il également mon meilleur conseiller,
celui qui ne prend pas de pincettes mais vous fait avancer. Quand nous nous
sommes rencontrés en 2006, il m’a beaucoup aidée. Je ne me sentais pas prête du
tout à monter sur scène et à chanter mes textes ; c’est la seule personne
dont j’écoute les conseils parce que nous sommes dans la même quête musicale et
artistique et que nous sommes des créateurs totalement libres.
Personnellement, je déplore lorsqu'on parle de la nouvelle chanson
française que les médias citent peu, pêle-mêle Manu Galure, Nicolas Bacchus, Nicolas Duclos, Jann Halexander, Florent Nouvel, Léonore
Boulanger, François Gaillard, ou encore vous...connaissez-vous ces artistes
? Car il semble que vous naviguez sur les mêmes scènes, peu ou prou et captez
des publics assez semblables...comment expliquez-vous alors ce sourd silence
des médias, programmateurs de festivals, radios ?
Parmi les gens que vous citez et
dont je connais bien le travail, j’ai tout particulièrement partagé une scène
en co-plateau il y a deux ans avec Manu Galure. C’est un des artistes dont
j’apprécie le plus le travail à l’heure actuelle. Mais pour être tout à fait
honnête, je rencontre encore plus de difficultés à être programmée que Manu
Galure ou Nicolas Bacchus dont j’ai vu les spectacles par exemple, parce qu’ils
ont tout de même un répertoire plus léger que le mien (ce qui n’est pas du tout
une critique mais un constat). Je pense que mon répertoire peut parfois
effrayer, alors que le spectacle est pourtant plein de contrastes. Les lieux ou
les festivals qui me programment jusqu’à présent sont des festivals de chanson
à texte, des amoureux des mots, des radios indépendantes, mais effectivement,
cela n’est pas assez.
Pourquoi "Chômeur" ?
Parce que je connais beaucoup de
gens qui se sont retrouvés au chômage du jour au lendemain, humiliés par la
manière de procéder,complètement désemparés, perdus. Et j’entends à côté de
cela beaucoup de gens culpabiliser ces mêmes chômeurs et les traiter de
fainéants qui se complaisent dans cette situation. J’ai donc traité ce sujet en
me mettant dans la peau d’un père de famille ayant perdu son emploi depuis deux
ans, restant chez lui et se perdant lui-même. Je dois avouer également que j’ai
pu observer de près, dans de très grandes entreprises, des situations de
licenciements abusifs, dont j’ai moi même été la victime, puisque je ne vis pas
encore de mon art et qu’il m’arrive de retrousser les manches.
N'avez-vous pas peur qu'on dise de vous : elle en fait trop !
Pour être tout à fait honnête, je
ne tiens pas compte de ce genre de remarques parce que ma démarche est
intimement personnelle et vitale pour moi. Et puis je trouve que beaucoup
d’artistes n’en font vraiment pas assez… et s’endorment. Donc, à l’instar de
certains hommes politiques, « j’écoute, mais j’ tiens pas compte !»…
Pourquoi cette chanson "j'ai pas de public" ?
C’était il y a deux ans déjà cette
chanson. Parce que je chantais tous les soirs dans un petit lieu à Paris,
parfois devant deux personnes, parfois trois ! Donc j’ai décidé de tourner
ça en dérision. Certes, ça n’est pas très vendeur mais c’est une réalité,
moins drôle à vivre qu’à chanter…
Vos projets ?
Je prépare le DVD de mon troisième
spectacle « Seulitude » qui devrait sortir début 2010.
Bon, je considère que chanson et gastronomie vont bien ensemble, c'est
pourquoi je vous demande quel est votre plat préféré ...
Les andouillettes… Votre alliance
n’est pas idiote puisque j’ai un rapport plus que viscéral à la chanson.
01 septembre 2009
Stéphanie Lignon : le renouveau féminin dans la Chanson
...Ce sont des musiques endiablées, une voix cristalline, du punch, du dynamisme chez cette femme au piano, ou à l'accordéon, à la fois héritière de Véronique Pestel, Michèle Bernard, Anne Sylvestre et contemporaine d'Agnès Bihl. Des extraits vidéos et audios sont à découvrir sur http://www.myspace.com/stephanielignon. Bien sûr, nous reviendrons sur les chansons de Stéphanie Lignon, encore peu connue, qui nous concocte un nouvel album( il est d'ores et déjà possible de souscrire).
Luc Melmont
08 mai 2009
La phrase philosophique du vendredi
Peut-on ne pas aimer Souchon ?
Oui
Et on n´est pas tenu de dire pourquoi
Luc Melmont
09 avril 2009
Les joyaux de la Chanson Française : Nicolas Duclos pourrait être votre voisin

La rubrique Les Joyaux
de la Chanson Française a pour but de mettre en valeur, sous un angle
particulier, des artistes français ou francophones qui oeuvrent dans la
chanson. Leur niveau de popularité, la marque de leur voiture ou leur chiffre
de ventes d’albums ne nous intéresse évidemment pas.
Sur la suggestion d'un camarade enthousiaste, je suis allé à la rencontre musicale du chanteur Nicolas Duclos. C'est agréable de voir des artistes jeunes et passionnés par l'écriture et la chanson. je parle d'écriture car je ne saurais résister à l'envie de mettre en ligne ces paroles délicieuses de la chanson Mon Voisin. Nicolas Duclos aime le chanteur Marc Havet, reprend Allain Leprest sur scène mais possède également son propre répertoire, léger mais pas vide, drôle mais pas lourd. C'est une voix franche, un piano franc, pas de superflu. Il chante le 17 avril à l'Orient Express, le 13 et le 27 mai au mythique Magique.
Un détour sur son site : http://www.myspace.com/nicocanicolas avec chansons en écoute...
Mon voisin
Toc
toc toc oups... mon voisin
Il
me rend fou, mon voisin
Chaque
fois qu'je joue, mal ou bien
Pas
le temps d'dire ouf et il vient
Il
n’aime pas la musique, mon voisin
Surtout
celle, c'est l'hic, d'son voisin
Et
comme je suis ce voisin
J'ai
des ennuis
Toc
toc toc j'ouvre, mon voisin
Et
son pyjama ressemble à rien
Il
a le même âge que moi, mon voisin
Mais
il dort du soir au matin
Il
a quelque chose qui cloche, mon voisin
Sous
ses yeux les poches, j'les vois bien
Alors
c'qu'il m'reproche, mon voisin,
J'le
comprends bien
Mais qu'est-ce que j'peux faire,
Y'a rien à faire
Il m'dit d'me la fer... mer
Rouge de colère,
Il est à bout de nerfs,
Ca va dégénérer
J'lui propose de jouer moins souvent
Ca lui fait prendre un air méchant
Toc
toc toc chut... mon voisin
Je
m'exécute, pour mon bien
J'murmure
du soir au matin
J'apprends
la peinture, le dessin
Tout
ce dont j'parle c'est d'mon voisin
Quand
je fais venir mes copain
Alors
tout l'monde s'enfuit de moi très vite et très loin
Et
moi j'ai plus d'amis, j'ai plus rien
Qu'est-ce que j'peux faire,
Y'a rien à faire
Il m'dit d'me la fer... mer
Rouge de colère,
Il est à bout de nerfs,
Ca va dégénérer
Chaque fois qu'je passe dans les couloirs
J'le sens tenace, là, dans le noir,
Avec
une grosse masse, un hachoir, toutes sortes d'accessoires...
Toc
toc toc ouf, mon voisin
A
disparu, j'en reviens
Pas,
j'y croyais plus
Et
ça m'fait tellement de bien
Toc
toc toc ouf, cher voisin
Et
sans rancune on est copains
A
condition, j'te l'dis bien
Que
ta tête de con reste loin !
Mmmmm
Toc toc toc oups, mon voisin...
(paroles et musique : Nicolas Duclos)
LUC MELMONT
30 mars 2009
Les joyaux de la Chanson Française : de la médiocrité de l'oeuvre de Dominique A
La rubrique Les Joyaux
de la Chanson Française a pour but de mettre en valeur, sous un angle
particulier, des artistes français ou francophones qui oeuvrent dans la
chanson. Leur niveau de popularité, la marque de leur voiture ou leur chiffre
de ventes d’albums ne nous intéresse évidemment pas.
Il est le symbole des années 90 (autrement dit une époque révolue), du monopole
des Inrockuptibles sur ce qui est de l'ordre du bon goût et ce qui
serait dépassé( exit la chanson à texte dite classique, trop vieillot,
trop ringard). Symbole d'une médiocrité artistique légitimée par une
clique parisianiste branchouille aux attitudes de notable. Symbole d'un milieu infect. Malgré lui, nous osons croire.
Dominique A, Miossec etc sont sans doute ce qui pouvait arriver de pire à la
chanson française. Le plus surprenant étant le consensus dont ils font
l'objet. Hélas des années de carrière et de présence médiatique, même
relative, ne doivent pas nous empêcher de dire ce que certain(e)s d'entre nous pensent, à tort ou à raison. Il y a cet aspect également
perturbant des disques de l'artiste: tout dans la forme, rien dans le fond. Planter de belles bases pour pallier
absence de profondeur.
Reconnaissons-lui au moins l'intérêt de sa démarche minimaliste, à ce
jeu-là il n'est pas le seul, et pour ce qui est du minimalisme, allons
plutôt regarder du côté de la musique contemporaine beaucoup plus riche
et fascinante. Reconnaissons également quelques joyaux dans son
répertoire : Le Courage des Oiseaux paru sur son premier disque sorti en 1991...
Suffit-il de s'émanciper de la Chanson française, lourde, certes j'en conviens par bien des égards, pour susciter l'intérêt ?
Et cette chanson française a t-elle besoin d'être anglo-saxonnisée ? Rockifiée ? Au nom de quoi ?
Sites officiels :
http://www.commentcertainsvivent.com/ (fouillis, journal de bord inepte)
http://www.myspace.com/dominiquea (beaucoup plus intéressant)
A noter la parution de son prochain album le 6 avril.
Luc Melmont
24 mars 2009
Témoignage d'un chanteur sur le concert de Jean-Pierre Réginal : un Grand Monsieur de la Chanson
Je mets en ligne les témoignages de gens marqués par des artistes, un témoignage vibre parfois davantage qu'une simple analyse.
Luc Melmont
Qui va à la chasse perd sa place, n'est-ce pas Luc?
Ainsi
Luc avait reçu des invitations pour aller voir le chanteur Jean-Pierre Réginal
au théâtre de la Reine Blanche le 23 mars. Ne pouvant y aller, il a gentiment
pensé à moi qui, entretemps, étais plongé dans l'écoute de son magnifique
disque arrangé par François Rauber.
Il y a du monde, et c'est très bien. C'est Réginal qui a ouvert la danse (il s'agissait d'une soirée privée avec Jean-Pierre Réginal, la désopilante Annick Roux et Henri Courseaux). C'est un virtuose du piano, j'adore sa voix. Je n'arrive pas toujours à comprendre le sens des textes, mais c'est parce que je ne suis pas très intelligent (entre nous) et surtout que je suis sensible à la musicalité globale. Mes deux moments préférés : son interprétation de Madame AliceChez Georges) et l'interprétation avec sa fille, Romane, de la chanson Les Mots s'en vont. (introduit par quelques mots sur son passé au Cabaret
Un moment délicieux. En dehors du show-biz, en dehors des médias 'dinosaures'. De la chanson proche de chacun d'entre nous, quelque chose de quotidien, beau et simple à la fois. Pour les artistes "nouvelle génération" comme mes pairs et moi, le parcours de Réginal me fait rêver, penser et surtout aimer la Chanson pour ce qu'elle est, un révélateur de nous-mêmes. C'est un peu démodé ? Désuet ? Je m'en fous (on m'a sorti la même chose sur "Ô Bel Anjou"). L'intensité est là, l'émotion est là, même si je sais bien que l'émotion n'est pas raison, mais ce que je retiens de ce concert c'est la possession d'un beau souvenir. J'étais heureux, quelques minutes, et cette fois-ci, je le savais.
Monsieur Réginal, je vous dis merci.
Jann
Halexander, auteur-compositeur-interprète.
13 février 2009
Bruno Rodriguez-Haney : interview d'un artiste du songe...
Nous en
avons déjà dans ce blog. Il n' a certes pas sorti de disques, mais des
livres et des disques à la place, et ses chansons sont en accès libre
sur internet. Itinéraire d'un artiste indépendant et à l'univers
étrange et émouvant.
1- Bonsoir, j'ai été marqué par vos chansons, le
timbre de votre voix, ma première question : qu'est-ce qui vous a poussé à
chanter ?
J’ai toujours chanté, du moins d’aussi loin que je me souvienne. Lorsque j’étais gamin, je rêvais de devenir une vedette de la chanson et puis, petit à petit, au fil du temps, cette idée s’est éloignée de moi, dans le sens où je ne rêve plus de célébrité mais de qualité. Au début des années 90, j’ai commencé l’enregistrement d’un disque mais je n’ai pas voulu aller jusqu’au bout : Je n’aimais pas ce milieu. Il s’agissait d’une « soupe » qu’il m’arrive encore aujourd’hui d’écouter : ça s’appelait « SOS tendresse ».
2- Mais chanter chez vous est-ce naturel ?
Oui, je chante sans arrêt, sous ma douche, au travail, même lorsque je suis triste. Chanter c’est comme puiser une énergie qui m’est vitale.
3- Vous écrivez vos propres textes ainsi que les
musiques ?
Oui, il est important pour moi d’avoir la main sur ce que je fais ou ce que je dis. Il y a des thèmes qui m’importent beaucoup et dont je souhaite parler comme, la pauvreté (encore un jour sans ‘’Toi », la violence faite aux femmes (Elle était amoureuse Lili), la banlieue, la vieillesse, la solitude, l’amour. Je pense que l’on peut aborder tous les thèmes et j’aime le faire avec poésie, si possible. La musique joue également un grand rôle dans la conception de mes chansons, puisque je travaille souvent la musique avant les paroles, parfois les deux en même temps.
4- D'où vient l'inspiration ?
Il m’arrive de me réveiller avec un air en tête, composer mentalement en me promenant ; ça a été le cas pour « J’aime marcher le matin », la chanson du film Ylan. Un jour de grève des transports, je marchais le long d’un canal, pour me rendre à mon travail et j’ai commencé à fredonner un air et les paroles sont venues d’un bloc. Ce qui est incroyable c’est que je l’ai finalement enregistrée plusieurs mois plus tard parce que l’air et les paroles me revenaient sans arrêt. C’est une de mes chansons préférées.
5- Ecrire et chanter des textes, c'est quelque
chose dont vous rêviez depuis longtemps ?
Je ne pensais pas que je serai capable de le faire, mais je suis comme ça, lorsque je n’ai pas les moyens de me payer quelque chose, ou quelqu’un pour faire cette chose, alors je me débrouille. Je voulais une toile (peinture) mais je n’avais pas les moyens de m’en payer une, alors je l’ai faite, puis une autre et encore d’autres et finalement j’ai exposé mes toiles. Les chansons, c’est pareil je les ‘’fabrique’’ parce que c’est ce que je voudrais entendre.
6- Ce qui est frustrant c'est l'absence de vos
disques sur le marché, c'est pour quand ?
Je ne sais pas si un jour j’en ferai un. Je devrais présenter mes titres à des maisons de disque mais je dois avouer que cela me gonfle un peu. Je suis fier parce que les gens écoutent mes chansons sur Internet. Ce n’est pas l’argent qui me motive mais la passion. Je trouve qu’internet est un outil génial. Tu déposes un titre et il se retrouve de l’autre côté de la planète en un rien de temps.
7- Avez-vous dans votre répertoire une chanson de
prédilection ?
« Les murs gris de Fontenay-aux-roses », écrite pour mon fils que je n’ai pas revu depuis presque quatre ans (tout comme le livre qui porte le même nom, écrit également pour lui) et la deuxième, comme je le disais plus haut ‘’J’aime marcher le matin’’.
8- Et avez-vous des modèles dans la musique, la
chanson ?
Oui, je suis fan de la chanteuse
Juliette, c’est un vrai phénomène pour moi. Ses musiques, ses paroles, sa voix…
Je l’écoute en boucle quand je mets mon disque préféré dans le lecteur ;
il s’agit de « Rimes féminines ». Il ne date pas d’hier mais j’étais
allé la voir en spectacle où je travaillais avant, à Paris, à la Cité
J’aime Brel, mais je peux
également écouter du RAP (j’ai d’ailleurs composé un slam qui est en ligne sur
internet : Neuf-Trois, banlieue Nord).
9- Vous sentez proches de certains artistes de
l'époque actuelle ?
Je reste attaché à mes indémodables, Brel, Juliette ; j’aime bien écouter Zazie, Souchon, Aznavour aussi
10- Vous connaissez la thématique de ce blog, vous
avez abordé la question raciale et
également la question de l'homosexualité, de façon subtile dans votre
magnifique film Ylan, comment le ressentez-vous dans le monde de la Chanson, le
regard des gens ? N'avez-vous pas le sentiment de bousculer certains clichés ?
Ylan, c’est mon film miracle. Il a été fait avec des petits bouts de rien et finalement on en a parlé un peu. Quelques semaines après sa sortie en DVD, il était en rupture de stock ; l’éditeur a été obligé d’en presser d’autres. C’est un article dans le magazine Tétu qui est à l’origine de ce petit succès. Le film continue à se vendre, grâce au bouche à oreille et le livre également.
En écrivant le livre « Ylan » d’où a été tiré en partie le film, je voulais parler de l’homosexualité mais je ne souhaitais pas m’adresser spécifiquement aux homos. Je voulais que ce film puisse être regardé par tous, homo ou non, jeunes et moins jeunes. Oui, je voulais faire passer un message simple : Qui couche avec qui, pour ma part, je m’en moque. Mais surtout, le thème principal, à mon sens, c’est : l’indifférence à la différence. En plus mon parti pris a été de faire parler un personnage invisible, lui faire poser des questions du style : Dans un couple homo, qui fait l’homme, qui fait la femme ? Vous voyez, ce type de question stupide qui me hérisse le poile. Je crois qu’il doit y avoir plus ou moins une vingtaine de ces questions idiotes. Les réponses sont données dans le contenu du film, du moins ma vision de ces réponses.
Je voulais également beaucoup de musique, peu de dialogue mais des voix off. J’ai composé une quantité dingue de musiques et de chanson, pour finalement en conserver trente-six, il me semble.
Il y a une chose encore plus incroyable avec ce film, c’est qu’il a été vu, en France et ailleurs, il y a eu peu de presse mais un peu quand même, quelques petites discutions dans des blogs mais pourtant, pas une seule critique négative. Je pense que malgré la qualité assez faible du film (parfois voulue, d’autre fois subie), les gens sont entrés dans l’histoire et qu’ils se sont interrogés en oubliant de juger le film.
En faisant ce film je voulais parler avant tout d’amour, juste l’histoire d’un homme qui aimait un autre homme.
11- Vous sentez-vous isolé ?
Non, pas le moins du monde. Mon premier film m’a donné la volonté de continuer, tant dans la musique que dans la vidéo. Je ne suis pas isolé par les autres, c’est moi-même qui aime m’isoler. Je ne peux construire qu’en puisant dans mes forces créatives et pour cela, j’ai besoin d’être en phase avec moi-même de manière a ne pas subir d’influences extérieures. Raison pour laquelle je ne fais pas de disque, sans doute et surtout, que je produits moi-même mes films. Ce n’est pas pour snober le monde du spectacle mais un jour, je rencontrerai les personnes avec lesquelles je serai heureux de faire quelque chose, même un disque.
12- Avez-vous des projets : disque, livre,
film, concert ?
Je viens de terminer un nouveau roman qui sortira bientôt (en mars ou avril) toujours chez mon éditeur. Le titre est : Le Musée de verre. Il s’agit d’une histoire un peu étrange mais qui me tenait à cœur.
Imaginez que vous soyez enfermé
dans un ascenseur avec les personnes qui vous détestent le plus. Imaginez que
ce jour-là, Dieu et le Diable se soient concertés pour juger de l’opportunité
de la fin du monde. Imaginez encore que depuis l’ascenseur panoramique où vous
êtes enfermé, vous puissiez voir le monde s’étioler, le temps s’arrêter, les
gens se transformer en statue. Et enfin, imaginez que l’on vous donne le
pouvoir de remonter le temps pour assister aux erreurs commises par chacun des
prisonniers de l’ascenseur.
Voilà l’histoire de ce nouveau roman. Avec un ange du bien, un ange des ténèbres, l’esprit d’un jeune homo et quelques personnages épouvantable de bêtise.
Durant le printemps prochain, je devrais commencer le tournage de mon nouveau film : L’Adagio. Il s’agit encore d’une histoire étrange, avec également beaucoup des musiques que j’ai déjà composées (style classique cette fois).
A la suite d’un accident de voiture qui a couté la vie à son père et son petit frère, un jeune homme est plongé dans le coma durant plusieurs années, avant de s’éveiller avec l’âge mental d’un enfant. Il prend bientôt conscience qu’il a le pouvoir d’entendre des musiques mais surtout, il est séquestré par sa mère qui le rend responsable de l’accident.
Aidé par un ange, un ancien compositeur décédé brutalement, il va pourtant retrouver toutes ses facultés, plus la capacité de composer des œuvres musicales. Et bien entendu, une grande histoire d’amour comme je les aime.
Pour réaliser ce film, j’ai déjà trouvé presque tous les comédiens, qui acceptent de tourner et d’être payé plus tard, si le film se vend. Il me manque encore deux ou trois personnages : une dame d’environ cinquante ans, une jeune femme d’une trentaine d’années et un beau garçon de moins de trente ans.
Le film se tournera à Paris et en région parisienne, avec du matériel pro dont une super caméra haute définition que je viens d’acquérir pour ce film.
J’ai déjà tourné un petit clip de présentation qui se trouve sur le net :
http://ma-tvideo.france3.fr/video/iLyROoafYQZR.html
Je prépare également une bande
dessinée inspirée de mon dernier roman : Le Musée de verre. Il s’agit d’un
gros travail mais ça avance assez bien et la BD
Sinon, j’envisage de composer un opéra, sur le même thème que le Musée de verre.
On me demande souvent comment j’arrive à tout faire, parfois presque en même temps ; la réponse est simple, je n’ai besoin de dormir que quatre à six heures et je suis un hyperactif.
Merci!
Toutes les chansons :
http://www.zikpot.fr/artiste-Bruno%2BRodriguez-Haney
10 février 2009
Le petit monde joyeux de la Chanson
Dans tous
les secteurs du monde du travail, il existe la mesquinerie, la jalousie, les
rancoeurs, la vilenie…dans le petite monde des artistes chanteurs, c'est
pareil.
Et pourtant, la chanson est belle, si, si…
29 janvier 2009
Docteur Merlin, la Chanson et l´Ultra-droite...
Docteur Merlin, la Chanson et l´Ultra-droite
Mon éclectisme a ses limites. Sans une amie plus folle que moi, je n´aurais jamais découvert Docteur Merlin.
Les opinions politiques des artistes ne sont point ma tasse de thé. Je
parle aussi bien de Mireille Mathieu, sarkozyste, de Jean Guidoni,
socialiste nostalgique de Mitterand, Anne Sylvestre, sensibilité d´extrême-gauche (souvenir d´une interview sur Europe 1). Souvent, je
refuse d´y accorder la moindre attention, tout en sachant que parfois
l´artiste dans ses oeuvres puise dans ses opinions, dont les opinions
politiques.
Une fois, je fus surpris par l´hypocrisie d´Olivia Ruiz qui parlait de
ses opinions de gauche dans Chorus...tout en acceptant d´etre l´égerie
provisoire d´une campagne publicitaire de Coca Cola. Comme dirait la
Royale : pardonnez-la, elle ne sait pas ce qu´elle fait. Et puis c´est
son droit, et il faut bien manger.
Lors de la fameuse crise de Chorus, certaines voix dirent qu´apres tout
le drame de cette revue/bible sur la Chanson n´était qu´un juste retour
des choses car cette revue ne parle pas de facon objective de tous les artistes et
les courants. Un journaliste ne peut pas parler de tout, surtout une
revue qui reçoit probablement des chars de disques promotionnels chaque
an. Mais il est des artistes dont il faut parler, je crois, combien
même leurs avis sont...répugnants ? La censure a ses limites. Et
refuser de parler d´un chanteur ou d´un politicien, c´est aussi refuser
de voir les gens qui les suivent. Ensuite, c´est une question
d´honnêteté intellectuelle : Chorus a ouvert ses pages à des artistes
d´extrême-gauche or ni l´extrême-gauche ni
l´extrême-droite n´ont le monopole des valeurs morales...des valeurs
tout court (souvenir d´un dossier sur l´homophobie épidermique des
anarchistes de gauche dans une revue libertaire). La France imagée de
l´ultra-droite n´est pas plus légitime que la France d´une militante
sous burqa "extreme gauche en avant". Et si on parle des artistes de
l´ultra-gauche alors il faut ouvrir ses colonnes aux artistes, peu
nombreux, cela dit ( ouf...) de l´ultra-droite, c´est une question de
transparence. 
Les chanteurs de droite, voire d´ultra-droite décomplexés sont peu
nombreux : Michel Sardou, de droite, a du talent, contestable mais du
talent et des convictions qui plaisent, notamment
en province. Gilbert Montagné, chanteur pour stands de plages, de
droite aussi et de mauvaise foi quand il s´enfonce dans l´idée
"rassurante" d´une union entre juifs et chrétiens contre les musulmans
au nom du clash des civilisations dans une interview accordée a Platine
(il ferait mieux de chanter, va). L´attristant Jean-Pax Méfret,
ultra-droite qui ne s´est pas remis de l´exil des Pieds-Noirs (meme les
Afrikaners n´ont pas autant pleurniché et Dieu sait, mein gott, qu´ils
sont authentiquement africains). Cependant, ses chansons sont de
facture correcte.
Au fait ce n ´est pas parce que Daniel Guichard a
chanté a une manif du FN qu´il est obligatoirement raciste, bien avant
Philippe Lavil il a contribué a la rennaissance du Zouk en France
metropolitaine...il avait accepté une ITW avec le magazine LE CHOC DU
MOIS, pour le dossier Chanson Francaise engagez-vous, tout comme
Renaud. Et les ennemis doivent discuter entre eux avant de
passer aux armes. C´est plus judicieux. 
Et il y a Docteur Merlin, voila un vrai chansonnier. Presque pas
connu, y compris dans les milieux d´ultra-droite, et pourtant il chante
depuis presque 30 ans.
Physiquement il évoque Jacque Bertin, mais cela ne va pas plus loin (
au fait je souhaite a tout prix me débarasser de son dernier disque, au
Bertin, c´est atrocement ennuyeux...). Si vous avez l´occasion d
´ecouter l´ album hommage de Docteur Merlin au sulfureux écrivain
Robert Brasillach, fasciste collabo pendant la Seconde Guerre,
n´hesitez pas. Cet album est une odieuse réussite. Un enregistrement de
qualité...peu de chanteurs se sont penchés sur l´écrivain (qui écrivait aussi des poésies) Robert
Brasillach en chanson. Baudelaire est davantage aimé, on
comprend. Mais l´album est une belle terrible réussite. Techniquement,
au niveau des arrangements, je songe a Remo Gary.
L´album est quasiment introuvable, je vous laisse faire vos recherches.
Ce fut une mini-autoproduction, il n´a pas de réédition, selon mon
amie, car l´extrême-droite ne vend pas quand il s´agit de chansons...il
faut s´en réjouir.
Luc Melmont
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Sardou
http://fr.wikipedia.org/wiki/Docteur_Merlin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pax_M%C3%A9fret
Ceux qu'on a de bure vêtus, ceux qui s'accrochent aux barreaux,
Ceux qu'on jette la chaîne aux pieds dans les cachots sans soupiraux,
Ceux qui partent les mains liées, refusés à l'aube nouvelle,
Ceux qui tombent dans le matin, tout disloqués à leur poteau,
Ceux qui lancent un dernier cri au moment de quitter leur peau,
Ils seront quelque jour pourtant la Cour de Justice éternelle.
Ce sont les juges tout d'abord qu'il faudra bien que l'on rassemble,
Qui sortiront de leurs tombeaux, du fond des siècles, tous ensemble,
Sous leurs galons de militaire ou leur robe couleur de sang,
Les colonels de nos falots, les procureurs dont le dos tremble,
Les évêques qui, face au ciel, ont jugé ce que bon leur semble,
Ils seront à leur tour aussi à la barre du jugement.
Mauvais garçons, de cent mille ans vous n'aurez eu tant de besogne !
Pour tuer ou pour dérober vous n'aviez guère de vergogne,
Mais vous avez bien aujourd'hui à soigner un autre bétail :
Regardez dans le petit jour, c'est le chien du berger qui grogne.
Il mord leurs mollets solennels, et le fouet claque à votre poigne.
Rassemblez les juges ici dans l'enceinte du grand foirail.
Mais les saints ne suffisent pas pour énoncer tant de sentences.
Ceux qu'on a jugés les premiers, autrefois, pendant l'existence,
Comme il est dit au Livre Vrai, ne seront jugés qu'à la fin.
Ils jugeront d'abord le juge, ils pèseront les circonstances.
A leur tour alors d'écouter l'attaque autant que la défense.
Les juges vont enfin passer au tribunal du grand matin.
Les putains des brouillards anglais accostant les passants dans l'ombre,
Les déserteurs qui passaient l'eau happés dans le canot qui sombre,
Les laveurs de chèques truqués, les nègres saouls dans leurs boxons,
Les gamins marchands d'explosifs, les terroristes des jours sombres,
Les tueurs des grandes cités serrés par les mouchards sans nombre,
Avant d'être à nouveau jugés feront la grande Cassation.
Ceux qui, les raquettes aux pieds, parmi les neiges du Grand Nord
Ont frappé au bord des placers leurs compagnons les chercheurs d'or,
Ceux qui, dans la glace et le vent, au comptoir des saloons sauvages
Ont bu dans les verres grossiers l'alcool de grain des hommes forts,
Et qui, négligents de la loi, confondant l'oubli et la mort,
Ont rejeté les vieux espoirs de gagner les tièdes rivages.
Et puis qui ont dit non, un jour, fatigués des années d'horreur,
Des soldats tués pour l'exemple et des décimés par erreur,
Et près des durs, des militants de toutes les causes gâchées,
De ceux qui tombent en hiver sous les balles des fusilleurs,
De ceux qu'enferment aux cachots les polices des Empereurs,
Et des jeunesses de partout par leurs chefs en fuite lâchées.
Ne craignez pas, hommes de bien, ils seront jugés eux aussi.
Mais c'est à eux, pour commencer, qu'il convient de parler ici,
Car la parole est tout d'abord à ceux qui courent l'aventure,
Et non à ceux qui pour juger se sont satisfaits d'être assis,
De poser sur leur calme front leur toque noire ou leur képi,
Et de payer d'un peu de sang leur carrière et leur nourriture.
Les justes traînés au bûcher sont auprès des mauvais enfants,
Car les juges seront jugés par coupables et innocents.
Au delà des verrous tirés qui d'entre eux pourra aborder ?
Qui verra ses lacets rendus, sa cravate et ses vêtements !
Socrate juge la cité, Jeanne signe le jugement,
Et à la Cour siègent ce soir la Reine et Charlotte Corday.
Ceux-là qui avaient tant souci de garder leur hermine blanche.
Et les cellules s'ouvriront, sans besoin de verrou ni clenche.
A la cour du Suprême Appel, ce n'est pas les mêmes toujours,
O frères des taules glacées, qui seront du côté du manche.
Les pantins désarticulés attachés au poteau qui penche
Se dresseront pour vous entendre, ô juges qui demeuriez sourds.
Les pâles joueurs de couteau, les héros morts pour leur combat,
Les filles qui sur le trottoir glissent la drogue dans leur bas,
Ceux-là qui pendant des années ont perdu leur sang et leur sève
Par le juge et par le mouchard, et par Caïphe et par Judas,
Ils verront le grand Condamné, roi des condamnés d'ici-bas,
Ouvrir pour juges et jugés le temps de la grande relève.
texte : R.Brasillach
musique : Docteur Merlin
20 janvier 2009
Bertrand Betsch : dans l´Ombre de la Chanson...en une époque médiocre...

...Il assume son statut de chanteur maudit qui peine à trouver son public...ici et là
des gens aiment ses chansons, mais pour remplir le Café de la Danse
cest pas évident...il a un timbre de voix particulier, des paroles
originales... mais il n´y a pas de loi en musique, de loi pour devenir star ou du
moins reconnu...alors il reste marginal. et puis c´est ainsi.
Toutefois, c´est dommage car pendant ce temps, nous avons droit aux
chansons vides de Renan Luce, petit gamin sans talent profond, qui ne
fait que confirmer les terribles paroles du journaliste Jacques Vassal
: A EPOQUE MEDIOCRE, CHANSONS MEDIOCRES...
On dirait presque une formule latine...
Luc Melmont
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Betsch
http://www.myspace.com/bertrandbetsch












