Culture et Chanson

Vous êtes ici sur un blog culture et chanson. J’écris sur la chanson française mais également d’autres sujets:cinéma, politique,arts divers.J’espère que vous prendrez plaisir à visiter mon blog, que je souhaite enrichissant, instructif.Bonne visite...Luc M

24 octobre 2009

Lalalala : point de vue affligeant mais pourquoi pas après tout ? Anne Sylvestre n'est pas une bonne interprète

Anne_Sylvestre

...Au sujet d'un spectacle hommage à Jacques Canetti, producteur musical et personnage central de la chanson française des années 50, donné le 11 octobre 2009 au Trianon, longue analyse amère par la rédaction du site riche en entretiens et critiques (chanson/french pop) dont un extrait :

"– Comme elle le rappelle sur scène au début de sa prestation, Canetti avait déclaré à Anne Sylvestre : "Vous écrivez bien, mais vous ne serez jamais une interprète". Aujourd'hui la phrase de Canetti est plus vraie que jamais : voix et articulation déficientes, fâcheuse incapacité à contrôler ses émotions et à se tenir sur scène, brusquerie et maladresses à chaque instant... Mais les chansons s'imposent malgré tout (davantage la magnifique "Porteuse d'eau", extraite du tout premier disque, produit par Canetti, que l'impossible "Ecrire pour ne pas mourir", cependant...), et l'après-midi, comme l'hommage, prend soudain vie."

Canetti avait reconnu lui-même à la fin des années 90 qu'il avait largement sous-estimé la chanteuse et qu'il admirait son parcours. Quant à la rédaction de Lalalala, lors de concert, elle devait avoir de la ouate dans les oreilles et des rondelles de concombres sur les yeux pour nous pondre un point de vue aussi affligeant...

Luc Melmont

(loin de nous la tentation d'ériger Anne Sylvestre au rang de sainte, ce qu'elle-même ne voudrait pas, car elle n'est pas parfaite et tous ses textes ne se valent pas, mais enfin on ne va pas reprocher à un artiste de contrôler ses émotions, et soyons honnête, pour une dame de la génération de Jacques Brel, sa voix ne se porte pas trop mal, ne lui demandons pas l'impossible.)

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06 octobre 2009

Juliette Noureddine : ses rimes féminines...

Juliette


Juliette Noureddine
séduit ou énerve mais ne laisse en aucun cas indifférent, par la virtuosité de ses musiques, la qualité de ses textes, de son univers tout entier. Comme elle le dit si bien elle-même, elle est peinarde, personne ne peut l'imiter. D'une certaine façon, elle aura même éclipsé une autre célèbre Juliette, un peu désuète, un peu dépassée. Il semble que le monde de la chanson ne soit pas plus que cela intéressé par cette chanteuse qui a réussi à captiver un public varié, hétéroclite, tant au niveau des âges, des classes sociales et des opinions politiques, comme si finalement elle avait dépassé le simple petit monde parfois étriqué, reconnaissons-le aussi, de la Chanson à texte. Ci-dessous, les magnifiques paroles de Rimes Féminines. A part Une Sorcière comme les autres de la grande Anne Sylvestre, nulle n'aura chanté aussi bien la Femme que la généreuse et sensuelle Juliette...

RIMES FEMININES
Texte et musique : Juliette Noureddine

Dans un corps vide entrer mon âme,
Tout à coup être une autre femme
Et que Juliette Noureddine
En l'une ou l'autre s'enracine.
Élire parmi les éminentes
Celle qui me ferait frissonnante,
Parmi toutes celles qui surent s'ébattre,
Qui surent aimer, qui surent se battre,
Mes s?urs innées, mes philippines,
Mes savantes et mes bécassines

Julie, Juliette ou bien Justine,
Toutes mes rimes féminines
Clara Zetkin, Anaïs Nin
Ou Garbo dans La Reine Christine

Sur le céleste carrousel,
Choisir entre ces demoiselles
Camille Claudel, Mam'zelle Chanel
Ou l'enragée Louise Michel

Vivre encore colombe ou rapace,
Écrire, chanter ou faire des passes
Margot Duras, Maria Callas
Ou bien Kiki de Montparnasse

Naître demain, renaître hier,
En marche avant, en marche arrière,
M'incarner dans ces divergences
Ces beautés, ces intelligences

Et jouir du bienheureux trépas
Pour dans leurs pas, mettre mes pas
Musidora, La Pavlova
Ou mon aïeule, la grande gueule Thérésa

Que j'en aie l'esprit ou l'aspect
Ou bien même les deux s'il vous plaît
Juliette Drouet, La Signoret
Ou la grande Billie Holiday

Tous voiles dehors ou en chantant,
Avec l'une d'elles me révoltant
Flora Tristan, Yvonne Printemps
Ou la farouche Isadora Duncan

Pour toute arme ayant leur fierté
Et pour amante la liberté
Les soeurs Brontë, Louise Labé
Ou Lou-Andréas Salomé

Même s'il faut en payer le prix,
Être la fleur être le fruit,
Être Alice Guy, être Arletty,
Marie Dubas, Marie Curie

Mais s'il vous plaît, point de naissance,
De jeunesse, ni d'adolescence,
Épargnez-moi la chambre rose,
Soyez bonne, ô métempsycose

Permettez à votre Juliette
De ne point mûrir en minette
Mais en Colette, en Mistinguett
Ou pourquoi pas Madame de Lafayette

Mettez-moi, je vous le demande
Instamment, dans la cour des grandes
Judy Garland, Barbra Streisand
Ou cette bonne dame de George Sand

Placez-moi du côté du c?ur,
Côté talent, côté bonheur
Loïe Fuller, Dottie Parker
Ou sainte Joséphine Baker

Oui tout de suite les feux de la gloire,
Les feux de la rampe et de l'Histoire
La Yourcenar, Sarah Bernhardt
Ou la très sage Simone de Beauvoir

Une voix d'argent au fond d'un port,
Une plume d'acier ou un c?ur d'or
La Solidor, Christiane Rochefort
Ou Marceline Desbordes-Valmore

Les belles sans peur et sans marmaille
Toutes nues au fort de la mitraille
Sylvia Bataille, Anna de Noailles
Camarade Alexandra Kollontaï

Et les agitatrices de bouges
Brandissant l'espoir et la gouge
Olympe de Gouges, Rosa-la-Rouge
Et la vieille Germaine de Montrouge

La lignée des dominatrices,
Ladies, mesdames, doñas ou misses
Comme Cariathys ou Leda Gys,
Angela et Bette Davis

Le train du diable et ses diablesses,
Les vénéneuses et les tigresses
Lola Montès, Gina Manès
Et l'empoisonneuse Borgia Lucrèce

Enfin j'ai, pour être sincère,
Du goût pour les belles harengères
Yvette Guilbert, Claire Bretécher,
J'irais même jusqu'à Anne Sinclair

Mais si tant de souhaits vous chagrinent,
S'il est contraire à la doctrine
De viser haut dans les karmas,
Alors faites dans l'anonymat.
En attendant que tout bascule,
Que Satan ne me congratule
Ou que les anges me fassent la fête,
Permettez une ultime requête

Faites-la renaître votre frangine
En n'importe qui, en fille d'usine,
En fille de rien ou de cuisine,
En Croate ou en Maghrébine,
En Éponine, en Clémentine,
En Malka Malika ou Marilyn
Et si votre astrale cuisine
Par hasard ne le détermine
J'accepterai par discipline
De revenir en cabotine,
En libertine, en gourgandine,
Tiens, en Juliette Noureddine !

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25 août 2009

Chorus est mort, vive Chorus !

vplavievarag1

...Il y a les bonnes et mauvaises nouvelles de cette fin d'été...

La revue Chorus, spécialisée CHANSON, même si imparfaite, même si tant décriée, disparaît...dommage. Cela veut- il dire que les amateurs de chansons se raréfient ? Pas forcément, car l'existence de Chorus ressemble plutôt à un chemin de croix depuis sa naissance et il en est ainsi de nombreuses revues indépendantes. Les gens lisent autrement, internet joue un rôle...que la presse papier parfois ne tient plus. Peut-être aussi simplement que dans le fond les gens se soucient peu de savoir comment les artistes vivent leur rapport à la chanson, se soucient peu de l'impact du temps sur une chanson et vice versa, or il s'agissait là d'un des points forts de Chorus...il semble vraiment que la disparition de cette revue soit définitive...

Que faire ? Crier : Chorus est mort, vive Chorus !

Il nous reste l'excellente revue en ligne Le Doigt dans l' Oeil, ainsi que Lalalala.org, wifeo chansons...Et puis les artistes sont toujours là et leurs publics aussi...

A propos d'artiste, je m'étendrais la prochaine fois plus longuement sur l'album de Véronique Pestel, mais je déplore d'ores et déjà son prix trop élevé, 20 euros tout de même, ce genre de prix ne se pratique plus. Il faut profiter de l'occasion pour aller la voir en plateau chanson le 17 cotobre avec Agnès Bihl et Anne Sylvestre en région parisienne au Festival de Marne.

La vie va, Rag' - Festi'Val de Marne - Auditorium Dispan de
Floran - avec Anne Sylvestre et Agnès Bihl

Luc Melmont

28 mai 2009

Une comptine aussi populaire que "Au Clair de la Lune" : "J'ai une maison pleine de fenêtres"

"J'ai une maison pleine de fenêtres" peut être considérée comme une comptine enfantine populaire, qui renforce le mythe Anne Sylvestre, car il y a bien un mythe autour d'Anne Sylvestre comme il y eut un mythe autour de Barbara.
Cette bande dessinée présentant les facéties de Dingo le montre, dans la dernière vignette. Nulle mention italique au coin de l'image pour préciser qui est l'auteur de cette comptine. simplement des ouvriers qui chantonnent à tue-tête la fameuse chanson. D'ailleurs l'auteur de ces vignette le sait-il? Adamo rappelait combien les gens connaissaient ses chansons sans savoir que c'est lui qui les chantait. Est-ce la rançon de la popularité ? Ou plutôt n'est-ce pas la plus belle chose qui puisse arriver à un artiste ? Etre inséré pour de bon dans le patrimoine.

Une_maison_pleine_de_fenetres

Luc Melmont


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21 mai 2009

Les joyaux de la Chanson Française : Marc Havet, un piano fou...

marc_havet_en_direct...Il est des artistes qui mériteraient une reconnaissance plus large, pourquoi pas institutionnalisée. C'est le cas, sans conteste, de Jean-Pierre Réginal, par exemple, c'est aussi le cas de Marc Havet, le monsieur 100.000 volts du piano, patron du mythique café-concert le Magique depuis le début des années 80, café-concert connu jusqu'à New-York, Québec ou Amsterdam, mais superbement ignoré par les petits journalistes notables du monde de la Chanson. Marc_Havet

Peut-être parce qu'il s'agit d'un artiste sur lequel on ne peut avoir aucune prise ? Mention spéciale à sa femme, Martine, toujours derrière le bar, toujours à l'écoute, avec son rire rauque, et pendant longtemps, sa clope...mention spéciale au verre de vin blanc. C'est cela la chanson, aussi : musique, vin, texte, sans flonflons, sans manière, sans remise des prix, sans comptes à rendre. Et ça n'empêche pas le talent, la beauté de surgir. Beauté de la vie.  marc_havet_02

Marc Havet EST Marc Havet. il se suffit à lui-même, n'a pas besoin de comparaisons. Son répertoire est parfois repris, jusqu'au Canada mais il n'a point de disciples. Un public fidèle, si. Ouvert à la jeunesse, il invite régulièrement des jeunes artistes à se produire au Magique, c'est ainsi que le brillant chanteur à texte Nicolas Duclos lui doit ses premiers concerts (voir article sur Nicolas Duclos et sa chanson Mon Voisin).

Marc Havet aime les poupées gonflables, chante au vitriol un monde qui tourne mal, dénonce les dérives du cyclisme ou la société polyamoureuse, l'amour étant à combinaisons multiples (et délicieuses). Le ton y est, la fusion musique/texte une réussite, ce qui est rare (Jean-Pierre Réginal et Remo Gary eux aussi réussissent cette fusion).

marc_havet_01
Cessons de temps à autre d'admirer les morts (Brel, Brassens, Vian, J-P Suc, Louki, Riffard) ou ceux qui ne font plus grand chose (Escudero), cessons une bonne fois pour toutes de pleurnicher que tout était mieux avant, vivons dans le présent, fêtons le présent en allant voir un grand Monsieur de la Chanson à son fidèle piano, nous aurions tort de nous en priver, j'ai nommé : Marc Havet! Havet

www.marchavet.com
www.aumagique.com (toutes les dates de ses spectacles et ceux des autres au Magique)

Luc Melmont

08 mars 2009

Aznavour, un homme qui chante

 charles_aznavour 

 Cette semaine, les téléspectateurs qui regardaient Envoyé Spécial ont pu voir Charles Aznavour se confier à la caméra, dans son intimité, ses débuts, comment il vivait son succès. Un portrait émouvant d'un homme qui perdit son fils trop tôt (celui-ci se suicida à l'âge de 25 ans), grand-père d'enfants métissés (avec malice, il rappelle que l'avenir est au métissage alors autant accélérer les choses) et aussi grand défenseur de la Chanson à texte à l'ancienne, nullement intéressé par la postérité (judicieusement il demande à la journaliste : et vous, vous savez qui a écrit Plaisir d'amour ? la journaliste reconnaît qu'elle ne sait pas et rappelle que la gloire n'est pas éternelle).

 Un homme sans complexe par rapport à l'argent mais qui n'a pas oublié ses débuts difficiles en tant que chanteur solo, l'humiliation subie, la difficulté de se faire comprendre et aimer d'un public qui n'aimait pas une voix si reconnaissable et qui nous semble, à nous actuellement, si naturelle. Le moment le plus émouvant de ce documentaire, c'est lorsqu'il confie : "j'ai peur de la mort, je veux partir de façon aussi vite que possible, comme si je n'étais que de passage." C'est un aveu terrible, fort et aussi la preuve que cet homme, malgré son succès ne se situe pas au-dessus des mortels. Hélas, tous les artistes ne peuvent pas en dire autant.

Luc Melmont

 

Posté par Luc_Melmont à 10:19 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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