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A la rédaction, nous avons toujours pensé que Médiapart n'était que l'équivalent politique et intellectuel de Closer. Et que la multiplicité des rubriques n'était qu'un prétexte, un leurre pour cacher les vraies intentions de ce média : c'est un organe politique dont l'essence est le buzz et il faut désormais le considérer comme tel. On aura rarement vu à ce point des journalistes sûrs de leur bon droit, sous le prétexte de vouloir défendre la république, jeter en pâture quoiqu'ils en disent un homme politique qui jusque là n'intéressait...personne. Allez, pas grand monde. Journalistes à la morgue suffisante qui appellent les responsables politiques à se remettre en question mais qui évidemment ne sauraient se remettre en question eux-même. C'est la dimension obscène de ce média. Plenel, trotskiste reconverti en père la morale doit enrager. Plus il répète qu'il n'y a pas d'affaire Médiapart, plus...il renforce l'affaire Médiapart dans l'opinion publique, consciemment et inconsciemment. Marteler une négation (il n'y a pas) renforce l'existence de la chose, de l'affaire que l'on nie. Etrange d'ailleurs qu'un journaliste ignore cela. 

Voilà, on se croirait dans une fable de la Fontaine. Macron a été malin en soutenant de loin de Rugy et en acceptant sans attendre sa démission. De Rugy a été malin en posant sa démission. Par cet acte, il interpelle l'opinion qui se dit : 'déjà ? Et la présomption d'innoncece, c'est fait pour qui ?'. Certes par le passé, cet homme politique n'aura pas été brillant en donnant des leçons de transparence aux autres. Mais on peut avancer que sa démission est aussi le fruit de son isolement au sein du gouvernement. Il n' a pas de réseaux, peu de soutien, la pilule fut difficile à avaler et on peut supposer qu'il s'est demandé si cela valait le coup de rester dans ce gouvernement. Il se sera protégé moralement et politiquement. Car de cette démission, il peut ressortir grandi. L'opinion publique, qui ne saurait être réductible aux aboyeurs des réseaux sociaux, se dit que 'ma foi, cet homme ne méritait pas tout ça'. Et c'est vrai. Il n'a tué personne, il n'a pas vendu des armes, il n'a pas trempé dans un trafic de drogue, il est peut-être même l'un des personnages les plus lisses de la vie politique de ces trente dernières années. Et peut-être par le discrédit qu'un média a voulu jeter sur lui, il se façonne un petit côté sulfureux qui peut plaire à de nombreuses personnes. 

Maintenant que l'enquête interne a blanchi de Rugy, la parade de Médiapart est de dire que les enquêtes internes du gouvernement ne sauraient être crédibles. Peut-être mais attention à ce genre d'argument. Le dénigrement ne mange pas de pain, certes, mais qu'on se souvienne des climato-sceptiques nous expliquant que le Giec n'était pas crédible. Il fait chaud n'est-ce pas ? D'ailleurs notre ministre démissionnaire peut dire merci à la Canicule qui occupe l'espace médiatique, incontestablement. Et si jamais les médias parlent de Rugy, ils ne parlent plus de l'affaire de Rugy mais de l'affaire Médiapart (il suffit de taper sur google, le basculement est surprenant). Clairement, Médiapart ressort affaibli de cette histoire et s'il conserve son noyau de lecteurs, pas sûr qu'il en gagne de nouveaux. Critiquer et ne pas accepter la critique est quelque qui passe mal.

 Que Plenel et ses collaborateurs balayent devant leur porte et fassent un stage d'humilité. Je citerai les paroles d'une voisine perfide et que j'adore (elle se reconnaîtra) :'' La délation maquillée par le vernis moral reste de la délation. D'ailleurs c'est une tradition bien française n'est-ce pas ?''. De Rugy avait le chic pour donner des leçons de transparence, écrivions-nous plus haut. Arroseur arrosé. Et c'est Médiapart à son tour qui devient l'arroseur arrosé. Doit-on les plaindre ? Non car ils ont l'indignation sélective. Il y aurait tant à dire sur Emmanuel Macron et son 'non-rôle'/ 'rôle' (avec Le Drian) dans le maintien en place des dictatures gabonaises et camerounaises, pour ne parler que de celle-là, son foutage de gueule quand il dit du plus grand bien de la diaspora africaine. Mais Plenel fait attention, lui qui a tout fait pour avoir l'honneur d'interviewer Macron et de lui dire, tout excité et fier de lui, que le président est un citoyen comme un autre. C'est là encore l'une des failles d'un média qui prétend défendre la démocratie et qui, en le faisant, flatte les instincts les plus bas et les plus populistes d'une partie de la société française, (y compris les anti-noms à particule) aux confins de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche.

 Prochaine séquence : la réintégration de Ruugy au sein du gouvernement. Si on ne respecte par la présomption d'innocence pour un homme politique, pourquoi la respecter pour un citoyen lambda. En respectant la présomption d'innocence et en ne cédant pas à l'injonction des moralistes des médias et des réseaux sociaux, tout le monde en sortira gagnant. 

Lecteurs, lectrices, vous vous demandez pourquoi nous parlons politique sur ce site. C'est certes rare, ce n'est pas inédit et notre thématique de prédilection, la Chanson, est politique. Et si Mediapart se souciait vraiment de la démocratie et de tout ce que cela implique (transmission libre des idées, des arts), il aurait parlé des problématiques rencontrés par le milieu chanson, peut-être qu'il aurait invité Jacques Bertin, chanteur et un des meilleurs analystes de la prise en compte de la chanson par les pouvoirs publiques. Donc les responsables politiques. (Dernières nouvelles, finalement Médiapart cible Macron. L'affaire de Rugy en passe de faire pschitt tralala, peut-être le dossier Alstom avec Macron comme protagoniste pourrait être le nouveau feuilleton de l'été pour l'organe politique. Mais un peu comme la fable d'Esope, pas sûr que l'opinion publique suive)

 

Tout cela nous évoque la superbe chanson du québécois Jean-Pierre Ferland 'Les journalistes'

Les journalistes

 

Les Journalistes

Paroles

Beaucoup de mots, très peu d'humour, moitié pinson, moitié vautour
Ça dépend de l'heure et du jour, de l'édition et du tirage
Ils ont autant d'élan moral qu'ils ont de pages à leur journal
Ça fait du bien, ça fait du mal, ça dépend de leurs avantages
Ils vous habillent à leur façon, vous prêtent des déclarations
Vous coupent en deux ou trois tronçons, ils vous tuent puis ils vous éventrent
Ils racontent ce qu'ils ont su, d'un autre qui est bien connu
Un autre qui est très bien vu quand ils n'ont rien su ils inventent

Quand ils ont lu Tintin, Prévert, quand ils ont écrit quatre vers
On les consacre reporters dans la mode ou la politique
Quand ils n'ont plus assez d'idées on les met aux chiens égarés
Quand y'en a plus ils sont mutés, on les met aux rangs des critiques
As-tu vu mon papier tout frais c'est presque du papier monnaie
Est-ce que tu connais Bossuet, tout à fait moi moins la légende
C'est pas du mou, c'est du brutal et puis ça fera original
J'avais mal à mon piédestal quand on monte plus y faut descendre

Pour les comprendre il faut les voir, le moins souvent mais certains soirs
Surtout quand ils jouent l'épluchoir aux soirées des grandes premières
Le bras pendant, la plume au bout, le programme sur les genoux
Ils feignent de comprendre tout mais s'ennuient comme au cimetière
Et leurs critiques terminées, il faut les voir se corriger
Faisant toute objectivité comme s'ils avaient payé leurs places
Et le lendemain au matin vous la trouverez dans un coin
Une à la deux et deux fois rien, question de goût, question d'espace

Quand on sait tout on ne sait rien, je sais peu mais je le sais bien
J'ai appris dans un quotidien toutes les lois fondamentales
J'ai appris ce que je savais, le moins c'est faux, le plus c'est vrai
Le plus c'est gros plus c'est épais, le moins c'est blanc, le plus c'est sale
Quand vous écouterez ma chanson ne sautez pas aux conclusions
Sachez que vous faites exception et que gagner sa vie c'est triste
Ne me mettez pas aux arrêts, gardez vos rages pour après
Quand je n'aurai plus de succès, quand je deviendrai journaliste

Source : Musixmatch

Paroliers : Jean-Pierre Ferland

Paroles de Les Journalistes © Renlec Les Editions, Editorial Avenue, Avenue Editorial