Fred Pages 1

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Nous, les journalistes, les blogueurs, les passionnés, bref, nous qui donnons des informations, avons un étrange défaut par exemple quand il s'agit d'annoncer un concert. On dit toujours quand un concert aura lieu. Jamais comment le concert s'est passé. Et c'est dommage. D'où cet échange intéressant avec le chanteur Frédéric Pagès après 3 concerts donnés à Paris, en hommage à Claude Nougaro et dans le cadre du printemps des Poètes...

Bonjour, Frédéric Pagès, nous avons déjà eu l'occasion d'échanger sur ce blog, au sujet de vos oeuvres, vous avez organisé des concerts privés à Paris dans le cadre des 10 ans de la mort de Claude Nougaro - et aussi pour fêter le printemps des poètes : pourquoi Claude Nougaro ?

Parce que c'est Claude Nougaro qui est à l'origine de ma vocation d'auteur-compositeur-interprète. Sa création m'a bouleversé, sa façon d'allier un véritable travail d'orfèvre des mots avec une musicalité hors-pair mais aussi sa manière de parler de son métier. J'aimais beaucoup "l'enseignement" de Claude qui m'a fait le cadeau de quelques "cours particuliers" de composition et d'interprétation, moments privilégiés que j'évoque dans un petit ouvrage que je viens de commettre:  "Je te passe les consignes/ Rencontres avec Claude Nougaro" et que j'ai lancé à l'occasion de ces concerts.

J'ai eu des échos très positifs de ces soirées, quel bilan tirez-vous de ces 3 dates ? 
L'idée était de célébrer Nougaro sans tomber dans l'hommage convenu et sans essayer de "faire du Nougaro" Et je crois que le pari fut tenu. Nous avons repris à nos manières certaines chansons de lui, de préférence moins connues: "Pommier de Paradis", "Chanson pour le maçon", "Un Été", 'Il faut tourner la page", "Locomotive d'Or"...et puis nous avons mis en regard de ces "chansons-nettes" des compositions nôtres, sans prétention mais également sans fausse modestie, façon de dire que la vie continue, que la musique continue, inspirée par lui, en essayant d'être fidèle à son exigence, à sa créativité, à sa générosité. Ce qui fut proprement magique dans ces 3 concerts, c'est l'alchimie de nos personnalités qui a pleinement fonctionné. Gaëlle Cotte, Jann Halexander et moi-même sommes différents dans nos styles et nos personnalités mais nous avons tous trois ce même souci du texte "qui rime à quelque chose" et de la musicalité travaillée. Et la synergie de nos tempéraments s'est manifestée comme une évidence. Quelque part, "il" devait nous souffler dessus pour que le miracle s'accomplisse. Il faut dire aussi que nous étions splendidement accompagnés par deux musiciens d'exception: Pascal Pallisco à l'accordéon et Lionel Agenor à la guitare.


Souhaitez-vous pérenniser ce type de concert, le proposer dans des théâtres, par exemple ?
Oui, je souhaiterais donner une suite à cette aventure, lui donner les scènes qu'elle mérite et  peut-être aussi coupler le concert avec des ateliers "mots/ musique", de mise en rythme et en musique de textes littéraires destinés en particulier à un public jeune. Je travaille là-dessus depuis des années et j'ai mis au point une méthodologie inspirée en grande partie par la manière dont Nougaro travaillait et abordait la "chose littéraire", une approche parfaitement jubilatoire du texte qui peut aider les jeunes générations à (re-)nouer une relation amoureuse avec l'écriture et la lecture, avec le travail de la langue en général.
Merci!
L.M
(re)découvrir Frédéric Pagès : www.grand-babyl.info