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Les artistes incontournables n'existent pas. Mais les artistes existent. Vous me suivez ? Et les artistes qui font de la scène ne constituent pas une vue de l'esprit. On me reproche souvent de parler davantage des femmes qui chantent que des hommes. Et c'est peut-être un peu vrai. Alors je vais parler un peu de quelques hommes. Et quels hommes!

Dans mon obscure province, lorsque je reçois en 24 heures à peine 3 messages d'internautes me demandant pourquoi je ne parle pas plus que ça du concert de Yann Denis qui chante Allain Leprest au théâtre des Déchargeurs à Paris, je dois réagir : je suis en province, je ne bouge presque jamais sauf pour aller au Mans (vous savez, cette ville de la banlieue parisienne). Je ne vais pas m'étendre sur mon cas, les raisons etc. Je suis contre la mise en avant des critiques, animateurs etc, je préfère qu'on se concentre sur le sujet, pour ceux et celles qui veulent de l'esbrouffe sans trop 'se prendre la tête', vous avez toujours les émissions de Cyril Hanouna. Nul doute que lui, Enora Malagré et compagnie, la chanson actuelle, ils n'y connaissent que dalle. Je me trompe sans doute. Bah, on s'en fout.

Il ressort des messages que j'ai reçu que le spectacle de Yann Denis est du haut niveau, fabuleux, que le chanteur interprète et le pianiste virtuose qui l'accompagne (Jean-Louis Beydon) interprètent avec grand talent, force le répertoire de Feu Allain Leprest, en attirant un public hétéroclite, pas forcément connaisseur de chanson. Cessons l'hypocrisie : on ne peut pas à la fois déplorer la rareté des chanteurs interprètes et faire la fine bouche et la sourde oreille quand un interprète redonne ses lettres de noblesse à l'Interprétation d'une chanson. Yann Denis n'est pas né de la dernière pluie, il a interprété Jacques Brel, Serge Lama. Il a ce côté variété qui rend le spectacle accessible au plus grand nombre, tant mieux, et quand j'apprends qu'hier la salle était pleine au point de refuser du monde, je m'en réjouis. Yann Denis chante au théâtre des Déchargeurs jusqu'au 20 décembre 2013. Allez-y!

Profil Jann Halexander (c) Jeff Bonnenfant 18 juillet 2013 - MAGIQUE - Copie

BACCHUS PRESSE01 25 - Crédit Robin Montrau

Gilles Roucaute

J'ai déjà consacré des pages et des entretiens à Nicolas Bacchus, Gilles Roucaute, Jann Halexander, des artistes très différents, surprenants, brillants, dérangeants, parfois, des hommes qui n'ont pas peur de 'chanter', élever la voix. Et les voilà réunis le 9 décembre au centre LGBT de Paris, à 20h, évènement gratuit s'il vous plaît, ouvert à tous, à toutes, dans le cadre d'une conférence chantée organisée par l'association Bicause sur la thématique atypique, audacieuse même : la bisexualité dans la chanson. Ce n'est une surprise pour personne que le milieu chanson est traversé par des courants réacs. Les artistes chanteront leurs chansons et sans aucun doute des chansons du répertoire francophone en rapport de loin ou de près avec cette thématique. Une belle forme d'engagement humaniste, qui transcende les clivages politiques. Et puis la qualité, je pense, sera au rendez-vous.

Bon, il faut replacer après tout les choses dans leur contexte actuel, un peu de matérialisme mâtiné de statistiques ne peut pas faire de mal : Gilles Roucaute, Nicolas Bacchus, Jann Halexander, Yann Denis vivent avec leur temps sans renier le passé et draînent, depuis des années, en cumuls, des milliers de gens qui vont les voir sur scène, achètent leurs disques, etc, en France, au Canada, en Allemagne, en Chine etc. Ils n'ont pas l'intention de ressembler à cette génération de chanteurs de la chanson française des années 70 que Jacques Bertin appelle à juste titre les sacrifiés du silence. Ces artistes ne seront pas des sacrifiés et leur vitalité démontre que, ma foi, ils ne s'en sortent pas si mal. Et ça c'est une bonne nouvelle. Quant à l'inertie du ministère de la culture, et bien...tant pis.

Luc Melmont