SYLVESTRE

 

Le nouvel album d’Anne Sylvestre est sorti, oyé, oyé.

Les aficionados l’encadreront d’or dans leur salon en ayant extrait la rondelle de cd pour l’écouter religieusement. Les autres…passeront leur chemin et il sera difficile de leur en vouloir. Juste une femme est juste… une déception véritable. Bien sûr, c’est toujours mieux que la plupart des choses insipides qu’on peut entendre à la radio – ce n’est pas difficile. Hélas les textes sont plutôt mal fagotés, bâclés. Les musiques déçoivent : on est loin des envolées musicales de Partage des Eaux, ou Bye Melanco, les albums précédents. On reste hermétique à une chanson comme Des calamars à l’harmonica, c’est simple, on ne se sent pas concerné. On ne comprend rien, mais alors rien à Pelouse au repos. La chanson qui donne son titre à l’album, Juste une femme, n’est qu’une grossière et pâle copie des plus belles chansons féministes qu’Anne Sylvestre écrivait dans les années 70. Les superlatifs pleuvent depuis quelques temps sur cette artiste : égale d’un Brel, des milliers de concerts donnés, une des plus grandes auteures compositrices de langue française (Jean-Louis Murat confiait récemment à un magazine qu’Un mur pour pleurer était sa chanson française préférée), des millions de disques vendus (Fabulettes et albums pour adultes confondus), écriture puissante entre tendresse et humour. Mais là l’humour est peu présent sauf dans Malentendu, la tendresse au compte-goutte. Il reste cette voix superbe, qui défie les années qui passent, voix quasi-mystique, voix mythique désormais, identifiable entre mille, qui donne sa force à l’album. Aznavour, Nicole Croisille, pour ne citer que ceux-là ne peuvent pas en dire autant. Sinon, et bien…peut-être est-ce l’album de trop… Anne Sylvestre chantera au Casino  de Paris le 15 mai, pas d’inquiétude à son sujet : la salle sera pleine.

 

L.M

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