...Le politiquement correct n'est pas ma tasse de thé, le consensus pas toujours...et c'est l'une des raisons pour laquelle j'apprécie le site http://bio-chansons.pagesperso-orange.fr/ de François Bellart. Attention, à petites doses.

Barjac2005

...Une amie qui m'a fait découvrir ce site me disait : la façon dont il décrit le festival de Barjac est célinienne. Je dois avouer que si je reproche au festival de Barjac une programmation pas toujours variée, cependant il existe. Mais si vous voulez découvrir le festival de Barjac, n'allez surtout pas sur le site de François Bellart. Car dans le monde du journaliste, Barjac n'est que chaleur, sueur, sonorisation de mauvaise qualité, chanteurs sur le déclin réamorçant leurs carrière dans un ultime sursaut de dignité, jeunes pimbêches ennuyeuses (dont il ne prend même pas la peine de citer le nom, ce qui est un peu dommage, les artistes les plus nuls ont le droit d'être nommés, ne serait-ce que pour faire plaisir aux mauvaises langues).

...Un site passionnant, donc, mais très amer, le mot est le bon, amer, voire dur. Reflet peut-être d'un homme dépassé par le temps, les changements. Un homme qui a du mal à se faire à l'idée que Roger Riffard, Jean-Pierre Suc, Sophie Makhno ne sont plus des nôtres et qu'en dehors de lui et quelques érudits, plus personne ne les écoute. De toute façon il annonce lui-même la couleur en parlant de ses chroniques enchantées désenchantées.

Au mon dieu, surtout, s'il y a une chose que je voudrais qu'on me dise, qu'on me prévienne, c'est  quand je m' en prends au physique d'un artiste. J'ai comparé Brel à un triste clown, certes (il est un peu le Buster Keaton de la Chanson) et à Felipe, ami de Mafalda l'Argentine(bande dessinée), les deux personnages, l'un fictif, l'autre réel ayant en commun le visage, l'obsession de Don Quichotte et le désabusement.

etranges_etrangers_jean_guidoni


La liberté d'expression, certes mais surtout qu'on me mette en garde. S'en prendre au physique des gens c'est toujours risqué. Visiblement, comme disait mon amie, ce journaliste a une dent contre Jean Guidoni lorsqu'il décrit de façon si brève un Jean Guidoni empâté qui  a son public avec un répertoire rock peu convaincant. Réduire près de 40 ans de carrière à un un homme empâté, c'est violent. C'est ce qu'on appelle le pouvoir des mots et le pouvoir des journalistes.


Il s'en faut de peu pour qu'un militant de la cause LGBT crie à l'homophobie ! Mais François Bellart n' a pas de bouc-émissaire. Sans doute est-ce à cela qu'on reconnait les grands journalistes! Ainsi il décrit Albert Marcoeur : "Il avait l’air bien pathétique   l’ancien devant son micro, avec sa voix limitée et sa gestuelle   parkinsonienne". C'est célinien, je te le dis, disait mon amie. En même temps j'en parle ici, mais tout le monde s'en fout et ce n'est peut-être pas plus mal.

On mesure son idée de ce que doit être la chanson pour lui lorsqu'il écrit au sujet du festival Faites de la Chanson 2009 : Thomas Pitiot, Isabelle   Mayereau, Gilbert Laffaille, Elsa Gelly et Véronique Pestel, les créateurs   de chansons symboliseront les Roses de ces Faites de la Chanson, et Viel, Guidoni   et Jamait en seront les Gratte-Culs !

Finalement, le style, l'écriture, le propos de l'homme le rendent plus intéressant que les artistes dont il parle. Les mauvaises langues diront que c'est sans doute un artiste frustré. Et un esprit sans doute bien partial. Dire d'Henri Courseaux qu'il est vieillot dans le style(et je suis d'accord) et de Fred Musset que c'est un grand interprète qui fait découvrir les trésors de la Chanson française est un propos clairement subjectif. Car il n'y a rien de plus vieillot que les textes choisis par Fred Musset, non dépourvu de talent. Et peut-être même que c'est ce qui attire.

Ce qui a causé et cause encore du mal à la Chanson, c'est une certaine nostalgie et un certain enfermement auquel n'échappent pas Vinyl, Je Chante, Tranches de Scène, Di Dou Da, etc et aussi feu Chorus mais dans une moindre mesure...des revues excellentes mais sans doute tournées trop sur le passé et n'arrivant pas à faire le lien passé-présent. Cela s'explique aussi par le fait que la plupart des journaleux journalistes bloggeurs ont 30 ans passés et ont été les témoins d'autres époques. Alors nous les jeunes on arrive avec notre mentalité de jeune con. je m'attaque à la chanson, mes potes au rock, d'autres au Rap, je suis plutôt minoritaire d'ailleurs. il y a bien Bertrand Dicale mais il fonctionne à l'ancienne, archétype même du journaleux parisien...capable de consacrer un paragraphe à Michèle Torr dans son ouvrage La Chanson pour les Nul(le)s mais pas une ligne à William Sheller (juste une mention du nom). Et rien sur Marc Havet et Réginal, hein, entre nous, faut pas exagérer. Je vous le dis, les gens de ma génération on écoute même pas France Inter. Figurez-vous que le journaliste Michel Kemper écoute encore France Inter, il le dit lui-même ! On ne sait trop à quel exercice de torture mentale il se livre en défendant le travail d'artistes chanteurs indépendants et en prenant le choix en même temps d'écouter France Inter (parce que leur playlist chanson, c'est pas trop ça)...mes amis, j'en ai la chair de poule...


bacchus6





Mais ce n'est pas un hasard si les revues et structures que je cite n'ont pas vraiment déroulé tapi srouge pour Juliette Noureddinne ou Mouron...n'ont pas su mesurer l'importance de Nicolas Bacchus qui a su chanter l'amour entre hommes de façon bien plus profonde, sensuelle et émouvante que Guidoni. Qui n'ont pas vu Maïk Darah interpréter Nougaro sur scène. Et j'en passe. Cela revient à ce que je disais tout à l'heure : ceux et celles qui magnifient littéralement la Chanson mais sont 'exclus' du milieu chanson, sont des outsiders : homosexuel(le)s, de couleur, trop 'gros', ou trop 'marqués physiquement 'ou trop ceci ou trop cela ou trop 'excentriques' ou trop 'flamboyants'.

Ainsi le milieu chanson agit par pure démagogie quand il applaudit Renaud chanter Petit Pédé : ça mange pas de pain, Renaud est hétéro, il chante l'histoire d'un pédé, la bonne conscience côté artiste rencontre la bonne conscience côté public, voilà c'est pesé, emballé, c'est réglé. Mais quand Nicolas Bacchus chante Dans les Saunas (et il sait, on peut supposer) de quoi il parle, c'est autre chose, c'est magnifique, c'est vécu de l'intérieur...mais le public ne suit pas, en dehors des aficionados. Heureusement, quand on y pense que les artistes peuvent compter sur les aficionados...

Ce n'est pas la première fois que je reprends cet exemple mais il montre bien dans le fond que le monde de la chanson est toujours blanc, masculin, hétéro et franchement un peu vieux jeu. Oups, on va me dire que je fais du politiquement correct...


Luc Melmont

http://bio-chansons.pagesperso-orange.fr/Chansons/Spectfesti/Barjac/PqBarjac1.htm
http://www.radioscarpesensee.com


Paroles de la chanson Dans les Saunas de Nicolas Bacchus

Dans les saunas, les hommes
Ont des odeurs de pomme
Ou bien de chocolat
Dans les saunas

Ils se suivent, ils se paument,
Font des rondes en somme
Se font des opéras
Dans les saunas

Ils changent, ils se déforment
Se déguisent, se cornent
En éléphants chinois
Dans les saunas

Dans le noir, ils se gomment
Chantent ou font des sommes
Étendus contre moi
Dans les saunas

Que la vapeur m'emporte
Avant que je me noie
Que la vapeur me porte
Dans les saunas
Dans les saunas

Dans le noir, ils se gomment
Chantent ou font des sommes
Étendus contre moi
Dans les saunas