30 mars 2009
Les joyaux de la Chanson Française : de la médiocrité de l'oeuvre de Dominique A
La rubrique Les Joyaux
de la Chanson Française a pour but de mettre en valeur, sous un angle
particulier, des artistes français ou francophones qui oeuvrent dans la
chanson. Leur niveau de popularité, la marque de leur voiture ou leur chiffre
de ventes d’albums ne nous intéresse évidemment pas.
Il est le symbole des années 90 (autrement dit une époque révolue), du monopole
des Inrockuptibles sur ce qui est de l'ordre du bon goût et ce qui
serait dépassé( exit la chanson à texte dite classique, trop vieillot,
trop ringard). Symbole d'une médiocrité artistique légitimée par une
clique parisianiste branchouille aux attitudes de notable. Symbole d'un milieu infect. Malgré lui, nous osons croire.
Dominique A, Miossec etc sont sans doute ce qui pouvait arriver de pire à la
chanson française. Le plus surprenant étant le consensus dont ils font
l'objet. Hélas des années de carrière et de présence médiatique, même
relative, ne doivent pas nous empêcher de dire ce que certain(e)s d'entre nous pensent, à tort ou à raison. Il y a cet aspect également
perturbant des disques de l'artiste: tout dans la forme, rien dans le fond. Planter de belles bases pour pallier
absence de profondeur.
Reconnaissons-lui au moins l'intérêt de sa démarche minimaliste, à ce
jeu-là il n'est pas le seul, et pour ce qui est du minimalisme, allons
plutôt regarder du côté de la musique contemporaine beaucoup plus riche
et fascinante. Reconnaissons également quelques joyaux dans son
répertoire : Le Courage des Oiseaux paru sur son premier disque sorti en 1991...
Suffit-il de s'émanciper de la Chanson française, lourde, certes j'en conviens par bien des égards, pour susciter l'intérêt ?
Et cette chanson française a t-elle besoin d'être anglo-saxonnisée ? Rockifiée ? Au nom de quoi ?
Sites officiels :
http://www.commentcertainsvivent.com/ (fouillis, journal de bord inepte)
http://www.myspace.com/dominiquea (beaucoup plus intéressant)
A noter la parution de son prochain album le 6 avril.
Luc Melmont
24 mars 2009
Témoignage d'un chanteur sur le concert de Jean-Pierre Réginal : un Grand Monsieur de la Chanson
Je mets en ligne les témoignages de gens marqués par des artistes, un témoignage vibre parfois davantage qu'une simple analyse.
Luc Melmont
Qui va à la chasse perd sa place, n'est-ce pas Luc?
Ainsi
Luc avait reçu des invitations pour aller voir le chanteur Jean-Pierre Réginal
au théâtre de la Reine Blanche le 23 mars. Ne pouvant y aller, il a gentiment
pensé à moi qui, entretemps, étais plongé dans l'écoute de son magnifique
disque arrangé par François Rauber.
Il y a du monde, et c'est très bien. C'est Réginal qui a ouvert la danse (il s'agissait d'une soirée privée avec Jean-Pierre Réginal, la désopilante Annick Roux et Henri Courseaux). C'est un virtuose du piano, j'adore sa voix. Je n'arrive pas toujours à comprendre le sens des textes, mais c'est parce que je ne suis pas très intelligent (entre nous) et surtout que je suis sensible à la musicalité globale. Mes deux moments préférés : son interprétation de Madame AliceChez Georges) et l'interprétation avec sa fille, Romane, de la chanson Les Mots s'en vont. (introduit par quelques mots sur son passé au Cabaret
Un moment délicieux. En dehors du show-biz, en dehors des médias 'dinosaures'. De la chanson proche de chacun d'entre nous, quelque chose de quotidien, beau et simple à la fois. Pour les artistes "nouvelle génération" comme mes pairs et moi, le parcours de Réginal me fait rêver, penser et surtout aimer la Chanson pour ce qu'elle est, un révélateur de nous-mêmes. C'est un peu démodé ? Désuet ? Je m'en fous (on m'a sorti la même chose sur "Ô Bel Anjou"). L'intensité est là, l'émotion est là, même si je sais bien que l'émotion n'est pas raison, mais ce que je retiens de ce concert c'est la possession d'un beau souvenir. J'étais heureux, quelques minutes, et cette fois-ci, je le savais.
Monsieur Réginal, je vous dis merci.
Jann
Halexander, auteur-compositeur-interprète.
20 mars 2009
Bashung n'ira jamais au Panthéon de la Chanson
Un univers autiste, inaccessible pour beaucoup.
Bashung évoque pour la plupart de ceux et celles qui le connaissent vaguement une stature, un port altier et distant apparaissant dans un brouillard lointain. Un lointain héritier de Gainsbourg ? Pas vraiment, plutôt d'une aigle noire nommée Barbara (dont il disait apprécier et redouter l'oeuvre si sombre, au magazine Telerama dans un hors série consacrée à la chanteuse). Le penchant hétérosexuel et plus torturé du Guidoni des années 80.
Faut-il etre accessible ou pas pour rentrer au PANTHEON de la Chanson ? Drôle de question, Brassens est totalement inaccessible pour les gens éduqués à avoir l'oreille musicale, il confessait lui-même se tuer à faire des musiques que personne ne remarquait. Barbara était elle accessible ? Pas vraiment non.
D'ailleurs c'est quoi cette histoire de Panthéon ? Encore un mot fort de sens pour appâter des acheteurs ? L'apparition de Bashung aux Victoires de la Musique est du plus parfait cynisme, non pas de la part d'un chanteur qui savait sa fin proche, mais de la part des gens qui l'entouraient. Des gens dont il aurait pu se passer mais il ne l'a pas fait. Beaucoup de spectateurs eurent ce sentiement qu'il fut tout simplement exhibé pour réveiller l'émotion chez les gens : l'émotion en elle-même ne légitime pas le talent d'un artiste mais permet de vendre. C'était une campagne d'émotion savamment orchestrée par une maison de disque. Est-ce que le grand public qui a assisté aux Victoires de la Musique (en fait victoire du fric, de l'apparat et du consensus basique) sait également que d'autres artistes reconnus, contemporains de Bashung mais évoluant au sein de petites maisons de disques, voire en indépendants sous licence ont aussi actuellement des ennuis de santé très graves ? Evidemment que non, là le monde du show-biz et les médias s'en foutent parce qu'ils ne sentent pas concernés.
Bashung n'ira pas au Panthéon. et pour cause : ce Panthéon n'existe pas! Redisons-le : le fameux Panthéon de la Chanson n'existe pas. C'est une trouvaille de journaliste, en aucun cas une réalité. Des artistes aussi talentueux que Jacque Brel ou Barbara il y en a des centaines actuelllement. Qu'on ne veuille pas l'admettre, ne pas les voir est un autre souci, mais la notion de Pantheon est malsaine, voire ignoble : le monde de la Chanson française n'est pas un club sélect. Non Bashung n'a pas rejoint je-ne-sais quel Panthéon. Non Bashung était un artiste avec une démarche qui lui était propre et il est décédé. Les artistes, comme tous les êtres vivants sur terre arrivent, vivent et s'en vont.
Ses chansons lui survivront.
Luc Melmont
08 mars 2009
Aznavour, un homme qui chante
Cette semaine, les téléspectateurs qui regardaient Envoyé Spécial ont pu voir Charles Aznavour se confier à la caméra, dans son intimité, ses débuts, comment il vivait son succès. Un portrait émouvant d'un homme qui perdit son fils trop tôt (celui-ci se suicida à l'âge de 25 ans), grand-père d'enfants métissés (avec malice, il rappelle que l'avenir est au métissage alors autant accélérer les choses) et aussi grand défenseur de la Chanson à texte à l'ancienne, nullement intéressé par la postérité (judicieusement il demande à la journaliste : et vous, vous savez qui a écrit Plaisir d'amour ? la journaliste reconnaît qu'elle ne sait pas et rappelle que la gloire n'est pas éternelle).
Un homme sans complexe par rapport à l'argent mais qui n'a pas oublié ses débuts difficiles en tant que chanteur solo, l'humiliation subie, la difficulté de se faire comprendre et aimer d'un public qui n'aimait pas une voix si reconnaissable et qui nous semble, à nous actuellement, si naturelle. Le moment le plus émouvant de ce documentaire, c'est lorsqu'il confie : "j'ai peur de la mort, je veux partir de façon aussi vite que possible, comme si je n'étais que de passage." C'est un aveu terrible, fort et aussi la preuve que cet homme, malgré son succès ne se situe pas au-dessus des mortels. Hélas, tous les artistes ne peuvent pas en dire autant.
Luc Melmont
05 mars 2009
Les Joyaux de la Chanson Française : Rémo Gary

La rubrique Les Joyaux
de la Chanson Française a pour but de mettre en valeur, sous un angle
particulier, des artistes français ou francophones qui oeuvrent dans la
chanson. Leur niveau de popularité, la marque de leur voiture ou leur chiffre
de ventes d’albums ne nous intéresse évidemment pas.
Incontestable. Remo Gary est l'un des plus grands talents de la Chanson en France. Aussi bien pour les textes que la musique, fait rare. Attention, ce n'est pas de la chansonnette, ou de la ritournelle qui nous fait tourner en rond. Non, ce sont des vraies chansons dont l'écoute peut-être éprouvante et qui amène à un lien exclusif et immodéré avec cet artiste. Et de toute évidence, c'est un univers de notes et de mots si puissant et trouble que les journalistes, même spécialisés, de la chanson à texte sont à la traîne pour décrire ce talent. Quand aux gros médias qui perdent leur temps à nous dire que depuis ma mort de Brel ou Brassens, la chanson n'est plus ce qu'elle était, ils feraient mieux de voir que ce ne sont pas les talents qui manquent, loin de là. On se retrouve étourdi à l'écoute de la chanson Des coups d’pied au cœur dans son dernier album : tension tout au long du chant et de la musique, une sorte de mauvais rêve éveillé contrebalancé par un peu d'espoir, juste un peu. C'est puissant, c'est beau et c'est obsédant. Merci Rémo Gary.
Luc Melmont






