Jacques_BrelInjuste ou juste : telle n´est pas la question (Jacques Brel, un clown sorti de l´anonymat)

Prenons du recul. Soyons froids. Relisons les textes des chansons de Jacques Brel. Et concluons : ce n´était  vraiment pas terrible. Les textes ont mal vieilli d´ailleurs.

Jacques Brel avait une voix, une force dans l´interprétation, et il pouvait compter sur les arrangements du mythique François Rauber. Mais si nous sommes terre à terre, l´oeuvre de Jacques Brel ne se distingue pas des autres chanteurs à textes de l´epoque. Brel, clown triste fut à la Chanson ce que Buster Keaton fut au cinema muet. Un impudique se complaisant dans la complainte.Fabuleux comédien, imbécile homophobe, macho meurtri. Ses dents de cheval, son profil et sa vision du monde font penser à Felipe, le personnage timide et triste de la bande dessinée Mafalda. Un petit personnage triste qui fait rire...

Brel, contrairement a d´autres chanteurs, a connu une gloire mondiale, aidé en cela par quelques photos noir et blanc qui l´immortalisèrent et Ne Me Quitte Pas. Non, il n´était pas tout seul dans son talent, son impudeur, mais c´est lui que le Grand/Gros public retient dans l´Histoire. Pour combien de temps, d´ailleurs? Les autres chanteurs de son époque auront droit à quelques louanges dans la bible de la Chanson, Chorus, par exemple, un petit site ici et là.

Ce n´est ni juste. Ni injuste. C´est ainsi. La mise au panthéon d´un artiste ne dépend d´aucune règle : c´est un mélange de hasard, d´alchimie, de talent, de chance, de travail, de relations et encore d´autres élements, sans aucun doute...

Luc Melmont