Culture et Chanson

Par respect pour Mélenchon, nous voterons Macron - et au nom d'une certaine idée de la chanson

 

Il y a des moments fulgurants dans cette campagne. Poutou qui remet les pendules à l'heure face à Fillon et Le Pen. Macron qui abat la rumeur sur sa supposée homosexualité (comme si l'homosexualité selon ses détracteurs était un crime). Mais le moment qui nous a le plus émus, c'est la minute de silence de Mélenchon en l'honneur des migrants disparus en pleine mer. Peu importe ceux et celles qui parleront de calcul politique, nous n'y croyons pas un seul instant. A travers nos blogs 'Culture et Chanson' et 'Noirs et Métis de la Chanson', nous parcourons un éventail large de la culture francophone, d'un patrimoine francophone riche de ses diversités, complexités. Nous avons analysé les œuvres de chanteurs d'horizons très différents, parfois même de sensibilité politique très différentes (ce qui nous a été reproché) et que nous avons souvent interviewé, mais toujours avec ce souci de montrer justement la dimension universelle de la chanson en langue française, puisqu'il s'agit essentiellement de notre créneau.

Il y aurait quelque chose de profondément incohérent d'appeler à voter pour Marine Le Pen ou à s'abstenir. Ce serait incohérent, ce serait injuste. De plus, les électeurs de Mélenchon qui sont fiers de voter blanc, de s'abstenir, voire de voter contre Macron n'ont absolument pas compris le programme de Mélenchon, la pensée de Mélenchon, qu'on ne saurait mettre, contrairement à ce qu'ont voulu nous vendre la plupart des médias, au même niveau que les ténors du FN !

Nous n'estimons pas que Macron (malgré ses défauts) et Le Pen se valent. Nous ne pensons pas du tout que Macron puisse apporter quoique ce soit à la sauvegarde du patrimoine chanson en langue française (et en ce sens, ses prédécesseurs n'ont pas brillé là-dessus non plus, de Giscard à Hollande). Ce que nous savons : il est des pays y compris en Europe, où même des modestes blogs avec une relative liberté de ton sont censurés par les pouvoirs en place. En tête de liste, évidemment la Biélorussie, la Hongrie de Viktor Orban. Sur nos blogs, nous nous intéressons aussi bien aux artistes de pur divertissement (repos des neurones) qu'aux artistes plus difficiles d'accès, qui disent des choses qui ne caressent pas forcément la majorité dans le sens du poil. Cette liberté de ton, pour nos modestes blogs (j'insiste sur le mot modeste, même si nous sommes très sollicités), nous y tenons et forcément il y a là une dimension politique. Ce n'est certainement pas sous un parti d'ultra-droite/extrême-droite, appelez cela comme vous voulez, que nous la conserverons. Nous apportons donc, sans réel enthousiasme, mais sans regret, notre soutien entier à Macron. Bon. Une fois que c'est dit, à lui de se démerder.

Culture et Chanson
Noirs et Métis de la Chanson

N. B : nous ne censurerons pas les commentaires (sauf ceux à connotation raciste, homophobe, sexiste, discriminatoire ou diffamatoire) ET nous n'interviendrons pas dans les commentaires, ce qui est dit est dit.

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Nicolas Jules : ANIMAL CHANTEUR !

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 Alors comment ai-je écouté le nouvel album de Nicolas Jules ? Bien... La veille, je m'étais farci deux albums de Nick Cave, vous savez ce chanteur folk australien à la voix caverneuse, au lèvres tombantes, au front tombant (et bientôt aux cheveux tombant). J'avais emprunté ses albums dans une médiathèque (oui, je suis une espèce rare). Après avoir écouté l'album de Nicolas Jules, sombre, rugueux, caverneux, bref, puissant, je me suis demandé (naïvement, j'avoue) pourquoi les mélomanes branchés à deux balles de chez nous jouissaient sur des duplicatas de chanteurs folk anglophones qui n'ont pas plus que ça besoin du public francophone (d'autant plus que les publics anglophones en général se contrefichent, eux, de nos artistes francophones). On aimerait voir plus souvent des artistes comme Nicolas Jules dans des médias autres que les médias habituels (que ce soit sur internet, à la radio ou à la télé). Pourquoi, nous, en tant que public, n'y aurions pas droit, après tout ? 

J'ai des principes dans la vie. Tenez, voici un principe : je ne vous présenterai pas Nicolas Jules. Il ne faut quand même pas exagérer, depuis le temps qu'il chante. Si vous ne le connaissez pas, si vous êtes encore persuadés que la chansooon françaaaise s'arrête à Jacques Brel et Anne Sylvestre (immenses talents), si vous pensez que la variété francophone actuelle n'a pas d'horizon au-delà de Vianney, alors navré, à la rédaction, on ne peut rien faire pour vous, à part vous dire que vous avez foiré votre vie. Au passage si vous ne connaissez pas : Garance, Agnès Bihl, Nicolas Bacchus, Manu Galure, Gilles Roucaute, Jann Halexander, Alexis HK, Imbert Imbert, Eric Toulis, Clémence Savelli, Jorane, Klô Pelgag, Kumisolo, Nicolas Fraissinet, Gauvain Sers, Jérémy Bossone, Tomislav, Eric Frasiak, Emilie Marsh, Léonore Boulanger, Bertrand Ferrier, Delphine Coutant pour ne citer que ceux-là, alors votre cas est désespéré. Doublement. J'abandonne*. 

Revenons au nouvel opus de sieur Jules, dont la couverture montre un artiste avec son temps, celui d'une modernité étouffante, bien réelle, avec laquelle il faut composer. L'artiste, stoïque, est écrasé par une profusion de magnétos, radios etc. Ces engins de brouhaha, qui crachent leurs animateurs de bonne humeur dès 6h du matin, leurs sondages, leurs débats polémiques, leurs actus moribondes, leurs playlists calibrées. Bref, autant de crèves-silences. Il fut un temps où on a connu Nicolas Jules plus drôle. Mais le temps est-il seulement à l'humour ? Il a fait du chemin, au gré de centaines de concerts, depuis son premier album Le cœur sur la table (2004, primé par l'Académie Charles Cros), il a parcouru la France de long en large, ça marque, ça imprime, forcément, sur le processus de création.

 

L'ouverture : Ambiance. Texte magnifique servie par une mélopée rock/roadmovie, cette errance de l'artiste sur un port, non pas un port de carte postale, plutôt un port industriel, et l'artiste dans ce lieu si humain, si industriel, cherche le poisson volant, cherche l'oiseau plongeur. Cherche l'animal. L'animal qui est en lui ? Ambiance annonce l'album, le justifie même. Et puis l'amour. Au fur et à mesure qu'on progresse dans le disque, on se rend compte que l'Amour est une obsession pour l'artiste : mais ce n'est pas clair, c'est diffus, dérangeant, trouble, à l'écoute de L'eau noire. Et la voix de Nicolas Jules, identifiable entre mille, happe l'auditeur, presque incantatoire. Voix grave, blessée, ample d'un créateur qui cherche la lumière dans l'obscurité, qui cherche une vérité intérieure au milieu des chiens qui aboient, qui voudrait être fort, mais se sent aussi vulnérable qu'un faon (coup de cœur pour l'entêtant Faon, qui a tout du tube). 

C'est un immense album, produit avec les tripes, qui confirme pour la énième fois, le haut niveau des artistes francophones actuels, qui n'ont certainement rien à envier ni aux générations précédentes ni aux anglo-saxons que certains de nos critiques mettent parfois un peu vite sur un piédestal. Vu le contexte complètement foutraque du milieu musical, durer, c'est le plus compliqué pour un artiste. Un artiste ne dure pas impunément. Et quand on écoute Crève-silence, on comprend pourquoi Nicolas Jules est toujours là, devenant une référence pour certains. C'est amplement mérité. 

Album Crève-Silence

Sortie le 28 avril

Production NJ

 

http://www.nicolasjules.com

https://www.nicolasjules.com/concerts

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Jules

  

* En ces temps de vierges effarouchées, certain(e)s ici seront chagrinés par ma sévérité. J'allais dire 's'il se sentent blessés, je m'en excuse'. Mais ce serait malhonnête. Ce sera plutôt : s'ils se sentent blessés, et bien tant pis. Les artistes cités pêle-mêle ont bâti des parcours intéressants, variés, fascinants, complexes sur plusieurs années et on leur souhaite que ça dure. Ils n'ont pas snobé les médias et les médias ne les ont pas toujours snobé ( rappelons-nous du magnifique passage d'Agnès Bihl chez Drucker, invitée par Guy Bedos). Alors si tout un public continue de faire comme s'ils n'existaient pas, si tout un public préfère aller vers la facilité (celle qui tire vers le bas), on est en droit de le brusquer un peu, d'user de provocation. Même si cela reste de la chanson. 

La Journée internationale des droits des femmes en chansons...

 

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Anne Sylvestre, l'incontournable, Grande parmi les Grand(e)s

 

 

Dalida. Un Destin.

 

 

Mylene Farmer. Liberté faite femme. Clin d'oeil à Juliette Gréco.

 

 

 Damia. Une pionnière.

 

 

Mireille Mathieu. Une certaine France.

 

 

 Agnès Bihl. Une certaine idée de la Chanson. Référence. 

 

 

 Clémence Savelli. Rare donc précieuse

 

 

Et tant d'autres. A découvrir, aimer, 365 jours par an...

 

L.M

Brigitte Lecoq chante Barbara : ode au beau classicisme

 

Brigitte Lecoq chante Barbara : ode au beau classicisme

 

Les disques de reprises sont toujours difficiles à aborder surtout quand il s'agit d'artistes classiques : Brel, Brassens, Léo Ferré, Barbara, voire Allain Leprest. Barbara. On va en entendre, du Barbara cette année. Déjà 20 ans que la longue dame brune nous a quitté. Elle et dans sillage, d'autres, Moustaki, par exemple. Des fantômes, des présences, des artistes qu'on écoute avec un pointe au cœur. Et puis on peut toujours les écouter, à quoi bon, ils ne sont plus, ils partis. Barbara disait qu'il faut écouter les artistes de leur vivant. Ici, nous dirons aux lecteurs, écoutez les vivants, chantez-les. Au début un projet de reprises de Barbara : oui, bon..un de plus ? Mais...pas si vite ! 

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Bien sûr, il y a des projets de reprises intéressants et puis intéressants ou pas, les projets de reprises participent à la valorisation du patrimoine chanson. On ne dira jamais à quel point la France reste indépassable pour la diversité, la richesse de son patrimoine chanté. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que certains ont le droit de chanter Barbara et pas d'autres ; C'est une bonne chose que Bruel interprète Barbara et il mérite pas le seau de merde que lui versent dessus les apôtres du bon goût. C'est une bonne chose aussi que Brigitte Lecoq chante avec un certain classicisme, sans maniérisme aucun, Barbara. C'est précis, clair, sobre, ce n'est pas de l'imitation mais une talentueuse interprète qui s'efface derrière la chanson et met en lumière cette chanson.

 Et puis les interprètes comptent, il en faut à une époque où tout le monde veut écrire des chansons alors que savoir écrire des chansons n'est pas à la portée de tout le monde (en souvenir, cet entretien de la grande Anne Sylvestre qui disait que l'écriture d'une chanson est un don). Coup de cœur pour la reprise très bossa nova 'Le Soleil Noir'. A la rédaction, on souhaite de nombreuses dates pour son spectacle 'Avec Barbara' (avis donc aux programmateurs) et puis aussi, on souhaite car on pense que ce sera intéressant, la voir chanter d'autres artistes, même de jeunes chanteurs. Et puis, pourquoi pas ...ses propres chansons ?

 L.M

 

Des cadeaux sous le sapin 2016 : de La Réjane à Mathieu Rosaz !...

Des cadeaux sous le sapin 2016 : de La Réjane à Mathieu Rosaz !...

Que de choses se sont passées depuis la création de ce blog en 2008. Avec de nombreuses réactions. Très tôt, moi, puis des collègues par intermittence, avons assumé la dimension éclectique de Culture et Chanson, quitte à froisser certains esprits chagrins. Nous refusons le déclinisme ambiant, à la mode en France, nous le refusons encore plus dans le cas de la culture. Malmenée, bafouée, moquée, ignorée trop souvent, elle est pourtant là. Avons-nous besoin de culture ? Le cynique pur et dur, le capitaliste pour qui la vie se résume à l'argent, un bon mariage et une belle maison, vous diront à demi-mots que non. Avons-nous besoin de chansons ? Après tout, les gens ont autre chose à faire qu'écouter des chansons. 

Tatatatata : oui nous avons besoin de culture, oui nous avons besoin de chansons ! La vie des humains ne se résume pas à chercher pitance et tuer son prochain éventuellement pour être sûr d'assurer sa pitance. Donc pour cette fin d'année 2016, on a envie aussi de dire MERCI, MERCI à tous ces artistes chanteurs venus de milieux différents, que ce soit de la grosse variété, de la chanson à texte, de la pop indé, on leur dit MERCI d'être là. Après tout si on n'est pas obligé d'écouter des chansons, eux ne sont pas obligés de chanter. Non mais c'est vrai, quoi. Dans l'absolu. 

Enfin voilà, la chanson d'expression francophone continue d'exister et si vous n'avez pas d'idées pour les cadeaux de Noël, nous, on en a pour vous.

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La Réjane nous propose un album éponyme d'une très belle qualité. Une voix grave, veloutée sur des arrangements somptueux. Un de nos coups de cœur de cette fin d'année, assurément. Le titre 'Au Bois' hante encore la mémoire. Songez à la poésie de ce vers : Tous nos cris dans la clairière ont effrayé la terre...alors on s'imagine partir seul en train, les chansons de Réjane dans les oreilles, en regardant défiler les paysages, juste se laisser aller, porter, presque en état second...

La Réjane - Simone

 

www.larejane.com

 

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Haut de gamme aussi l'album 'Traverser les saisons' de Blanche : airs absolument entêtants, on songe au potentiel tube 'Ohé Ohé' (avec une délicieuse intro japonisante). Influences de Zazie, de Camille...Anne-Sophie Blanchet possède et la plume et le sens de la musique. On regrettera juste un peu l'extrême sobriété de la pochette, du livret, côté graphisme et photographies, tant certaines chansons sont flamboyantes. Blanche ou le goût du paradoxe ? Il va sans dire qu'on attend de voir ce que donne cet album sur scène. En toute logique, il devrait intégrer en attendant, sans trop de mal, les playlists de Fip à France Bleu, c'est tout le mal qu'on peut lui souhaiter. 

http://blanchemusique.fr/ 

Côté chanteuses, toujours, on rappellera encore la sortie du nouvel opus de Delphine Coutant, véritable joyau dont nous avons parlé il y a quelques semaines. 

Denis Rochard

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Dehors tout refleurit / Delphine Coutant

 http://www.delphinecoutant.fr/

 

Autre surprise : 'Papa, Mum Dab Remixes' de Jann Halexander. DaB propose des remixes ultra-efficaces de Papa, Mum, peut-être le' 'tube' de Jann Halexander, sorti en mai dernier. Un album disponible sur Bandcamp qui confirme que le Mulâtre errant (son surnom) est devenu grand public. J'en veux pour preuve la nièce d'un voisin, 15 ans, qui me montrait hier la playlist de son smartphone, où 'Papa, Mum House Mix' est positionné entre Maïtre Gims et Stromae. Mention spéciale au remix des 'Couleurs de l'Automne' (titre original chanté par le trop discret Vincent Ahn).

Jann Halexander - Les Couleurs de l'Automne [Dabmix/Vincent Ahn]

Jann Halexander - Papa, Mum [Dab Housemix]

 

COVER PAPA, MUM REMIX

 https://jannhalexander.bandcamp.com/album/jann-halexander-papa-mum-dab-remixes

 

Il y a le disque, oui, enfin, il y la scène aussi. Pourquoi ne pas offrir une place de concert ? En l'occurrence le spectacle de Mathieu Rosaz. Il a bien mérité sa réputation d'être l'un des meilleurs interprètes masculin de la chanson francophone. Et chose suffisamment rare pour être soulignée, quand tant d'hommes chantent inlassablement Brel, Ferré, Brassens, maintenant Leprest (on rêverait de les voir changer un peu de registre, interpréter du Marc Havet, du Jean-Pierre Réginal ou du Henri Tachan), et bien sieur Rosaz chante très souvent les femmes, peut-être il les magnifie encore davantage : Barbara, Véronique Sanson, Anne Sylvestre etc. Son nouveau spectacle aborde les chanteuses qui firent les joies du Top 50 dans les années 80, Lio, Farmer en tête. Atypique : un cadeau original. Pourquoi ne pas offrir des places pour son spectacle 'Ex-Fan des 80's', les dimanches 8 et 22 janvier 2017 au Théâtre de l'Essaïon ? Un théâtre situé au cœur du Paris touristique, en plus...(réservations sur le site Billetreduc). 

"Ex-Fan des 80's" (teaser) - Mathieu Rosaz - 2016

 "Sans contrefaçon (M. Farmer)" par Mathieu Rosaz dans "Ex-Fan des 80's" (2016)

  

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https://www.mathieu-rosaz.com/

 

SI LA NUIT Poème Ernest Pépin Musique Urbain Rinaldo

RYADH - Je rêve (Extrait de l'album "Je Rêve")

RYADH - Paris je t'aime

  A propos de concert, doit-on encore insister pour vous encourager à aller voir Urbain Rinaldo, pianiste virtuose qui sublime la poésie antillaise, Ryadh et sa belle rage de vivre communicative sur scène ? Certes, vous trouverez des vidéos sur youtube, mais enfin, ne restez pas chez vous trop longtemps quand même...et sortez : allez- les voir ! C'est facile de se plaindre que la télé c'est nul, que c'est toujours les mêmes, bla bla bla, oui ben non, allez les voir ces artistes, dont nous parlons ici. Peut-être vous aimerez peu, et alors ? Au moins vous aurez fait d'intéressantes découvertes, ce n'est jamais perdu. Pour ma part, je crois d'ailleurs que vous les aimerez beaucoup et sachez que beaucoup de gens en différents lieux de France aimeraient les voir dans leur ville. Mais les artistes ne choisissent pas toujours où ils vont chanter : ils vont en général là où on les invite. D'ailleurs au passage, si dans votre ville, la Savelli se produit, allez-y aussi, à la rédaction, son album 'Le Cœur comme une Bombe' a remporté tous les suffrages (nous y avons consacré un article à la rentrée). Si Clémence Savelli passe par chez vous, ce serait dommage de rater ça.

 

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Clémence Savelli - Mon tour d'amour

 

Clémence Savelli - Album "Le Coeur comme une bombe" - Teaser

  

https://clemencesavelli.jimdo.com/

  

Franchement, on n'est pas bien, là ? Nous vous avons déroulé sur un tapis rouges de très bonnes idées de cadeaux de Noël. Si vous vous plaignez encore, vous seriez d'une absolue mauvaise foi.

 Sur ces mots, Culture et Chanson vous souhaite un Joyeux Noël 2016 !

 

L.M

 Et pour finir cette année, deux raretés : Jean-Pierre Réginal dans une émission télé. Collector. Oui. L'artiste est présenté par Sevran, un des rares animateurs télé qui défendit une certaine chanson. 

"Une valse se promène" texte et musique : Jean-Pierre Reginal

  

"J' ai froid partout" - texte et musique : Jean-Pierre Reginal

 

 


Concert 'Une Aurore se lève' au Café de la Danse 21 janvier 2017 : la flamme de l'espérance

 Concert 'Une Aurore se lève' au Café de la Danse 21 janvier 2017 : la flamme de l'espérance

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Et si le Gabon était aux années 2000 ce que le Chili fut aux années 70 ? Une démocratie bafouée, un dictateur de pacotille qui refuse les résultats d'une élection en trichant de façon grotesque d'une part, en faisant appel à des milices d'autre part pour liquider les manifestants. Chaque jour, on apprend des choses sur ce pays finalement longtemps méconnu, jouissant d'une place à part en Afrique.

Et on découvre un patrimoine musical important et d'une diversité surprenante pour un si petit pays, si peu peuplé. C'est cette diversité qui sera mise à l'honneur le 21 janvier, au mythique Café de la Danse à Paris, dans le cadre d'un concert organisé par la chanteuse pasionaria (et chez nous l'emploi de ce mot est respectueux) Tita Nzebi, à la voix incantatoire, puissante – il suffit d'écouter 'Dictature inavouée'. A ses côtés, le chanteur folk Jearian Ondo, le franco-gabonais mystique et provocant Jann Halexander et un ténor de la musique gabonaise, François N'gwa.

 A la rédaction, nous soutenons mille fois ce projet ambitieux, fou, magnifique, par sa dimension artistique, politique, humaniste. Cela change des artistes africains qui pour exister inondent les ondes de musique commerciale tout juste bonne à faire danser (ou abreuver les playlists des fast-foods) ou des artistes pseudo-engagés qui prennent toujours des sujets convenus : racisme, immigration, racisme, immigration, au risque de tourner un peu en rond, et le public avec. 

Il s'agit d'un concert pour la liberté, pour la démocratie, une initiative très rare dans la musique actuelle. L'art prouve ici sa nécessité, sa justification. Dans un contexte international effrayant, une telle initiative est également emprunte de courage et force le respect. Raison de plus pour ceux et celles qui sont dans les environs d'aller à ce concert unique en son genre.  

'Une Aurore se lève' 

Avec Tita Nzebi, Jearian Ondo, Jann Halexander, François N'gwa

Une soirée présentée par Bibaka

Café de la Danse, Paris

21 janvier 2017

Réservations : Café de la Danse, Digitick, Fnac  

L.M

François Hollande dans l'Histoire.

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 A l'heure où tant de tyrans, de présidents de pacotilles en Occident, ailleurs en Afrique, s'accrochent au pouvoir, usant de tricheries, de propagandes médiatiques, parfois appelant des milices pour liquider des manifestants (Bongo, Kabila), quand d'autres malgré la réprobation générale insistent pour 'candidater' (Sarkozy etc), un homme décrié, haï, honni, à tort ou à raison, président d'une des nations les plus importantes du monde, renonce au pouvoir. Au Pouvoir.

 Quand tout le monde, des médias aux opposants de gauche et de droite l'attendaient, pensant qu'il se représenterait, François Hollande a décidé de ne pas tenter un nouveau mandat. Les médias sont sonnés. Les opposants ne savent pas quoi en penser. Ils sont sonnés. Reconnaissent du bout des lèvres la grandeur d'un tel acte. Vite, vite, on voit certains se précipiter pour dire 'ah voyez, c'est un aveu d'échec'. Mais leurs sarcasmes sont inaudibles tant le geste est rare, unique dans l'histoire de la Cinquième République, si rare dans l'Histoire de façon plus générale. Oui. Il n'y a rien à faire. 

Dans les manuels d'histoire, on retiendra qu'un homme d'état a refusé de s'accrocher au pouvoir quand encore une pognée de fidèles l'incitait au contraire. Chapeau Mister President. Tout d'un coup, le reste du monde politique nous paraît bien rabougri, fade...

 

Oui. Fade.

 François Hollande est définitivement entré dans l'Histoire.

L.M

 

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Sublime est la nuit...philharmonique... de Delphine Coutant

 

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On ressent un certaine colère face à l'indifférence de tout un public face à des artistes de la trempe de Delphine Coutant dont nous disions le plus grand bien en 2011, avec son album 'La Parade Nuptiale'. 

La Coutant persiste et signe un nouvel écrin ensorcelant : La Nuit Philharmonique. Autrement dit : richesse des instruments, de la trompette aux violoncelles. Des arrangements somptueux que n'auraient pas renié William Sheller ou David Bowie. La confirmation qu'il y a toute une génération de chanteurs, de chanteuses qui s'affranchissent des cases 'chanson', 'pop', 'variété' etc, nous l'évoquions déjà avec Clémence Savelli et son nouvel album. Ce dynamitage des cases, des étiquettes est la meilleure chose qui puisse arriver à la chanson francophone.

Mention spéciale pour l'enivrant 'Touché Coulé'. Emotion sur 'Nuit O'.

 Delphine Coutant

La Nuit Philharmonique

13 titres

Production : La Cueilleuse

http://www.delphinecoutant.fr/

 

L.M

 

Dehors tout refleurit / Delphine Coutant

De Trump, des Indiens, bref : l'Amérique fantôme...

De Trump, des Indiens, bref : l'Amérique fantôme... 

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Trump élu. Léonard Cohen mort. Léonard Cohen, égérie folk des années 60, 70, auteur de la belle chanson 'Suzanne' (magnifiée en français par Pauline Julien). Y'a pas à dire : que de symboles ! Une nouvelle époque s'annonce. A la rédaction, nous sommes déçus de cette tournure des choses, nous ne sommes point surpris. 

Enfin, que les extrêmes-droites par chez nous ne se réjouissent pas trop vite. Les U.S.A ne sont pas la France. Bien sûr, Marine Le Pen* a toutes ses chances d'être élue à la tête de la France et bla bla bla bla, et l'Autriche peut mettre les crypto-nazis à la tête du gouvernement le 2 décembre prochain et bla bla bla bla...enfin, bref, Marine, oui, elle a aussi toutes les chances de ne pas être élue, tellement l'élection de Trump épouvante des millions d'Européens. Auquel cas : nous dirons merci aux braves gens du Midwest de nous avoir réveillé. Déjà, on sait que les sondages ne doivent pas être pris au pied de la lettre. Puisque les sondages qui donnaient la Clitnon gagnante aux U.S.A se sont trompés, pourquoi devrait-on croire les sondages qui donnent Marine Le Pen au second tour en 2017 ?

 Le peuple, le peuple, le peuple a voté Trump. Quel peuple ? Les homos, les arabes, les noirs, les femmes, les trans c'est aussi le peuple. Les gens de gauche c'est aussi le peuple. Ceux qui votent pour tous les clowns sinistres de droite, de Poutine à Marine en passant par Trumpette, ne sont pas plus légitimes que les écolos, les richards, les anarchistes à se revendiquer du peuple. Non mais allô quoi.

 On nous fout devant les yeux une comparaison Trump / Brexit. Or on savait depuis longtemps que les Anglais et l'Europe (j'ai bien dit l'Europe, pas l'Union Européenne), c'était pas l'amour fou. Le Brexit ne pouvait pas nous surprendre. Les eurosceptiques exultent. Bah : ils ne sont pas plus légitimes que les pro-Europe. On croit rêver devant toute cette farce macabre généralisée. On cligne des yeux quand on voit Sarkozy dire que Trump est le sommet de la vulgarité. 

La troisième guerre mondiale aura t-elle lieu ? La vérité c'est qu'on n'en sait rien. Trump est repoussant, évidemment, mais aux dernières nouvelles, il ne porte pas de responsabilité particulière dans la crise des subprimes de 2008. Alors penser tout de suite qu'il appuiera, à la moindre contrariété, sur le bouton nucléaire...j'attends de voir les mines déconfites de ceux et celles qui auront voté pour lui quand on le verra rentrer dans le rang du monde politique le plus classique qu'il soit. 

Plus sérieusement : je disais que les U.S.A ne sont pas la France, ne sont pas l'Europe. Il y a une différence fondamentale entre les petits blancs déclassés du Midwest et nos beaufs européens qui trollent partout. Il y avait un peuple autrefois dans ces contrées d'Amérique du Nord : les Indiens. Ils étaient des millions. Ils vivaient plutôt en harmonie avec la nature. Puis il y a quelques siècles, des millions de Blancs ont colonisé leurs territoires, les ont liquidé par les armes, la maladie, l'alcool etc. Et à la place des villages indiens, des cimetières indiens, on édifia des églises, des banques et des mines. Les petits Blancs américains qui pleurnichent sur la peur du déclassement ne connaissent pas (volontairement sans doute) leur histoire : ils sont des immigrés, de longue date, certes, mais des immigrés en Amérique. Ils ont été majoritaires à force de génocider ici et là. Mais s'il y a bien des gens qui sont légitimes pour parler de crise identitaire, d'invasion raciale, de disparition ethnique, ce sont les quelques amérindiens qui traînent leurs silhouettes fantomatiques et cuvent leur amertume dans l'alcool de mauvaise qualité vendu en périphérie des réserves où ils sont parqués. Eux, on sait même pas ce qu'ils pensent de Trump. On sait même pas ce qu'ils pensent tout court d'ailleurs. 

Non, décidément, les U.S.A ne sont pas la France.

 En conclusion, nous proposerons les vers de cette très belle chanson, 'American Movie', popularisée par Bertrand Ferrier. Pour nous rappeler que les U.S.A c'est aussi bien Trump qu'Obama, que la somme de nos fantasmes.

L.M

Bertrand Ferrier chante "American Movie"

 

Je m'appelle Firmin chante "American Movie"

  

American Movie

 

Paroles : Bertrand Ferrier

Musique : Damien Ferrier

 

Le camion citerne explose

Vin rouge et cheminée

« Je vous sers quelque chose ? »

New York illuminé

Lunett’ noir’ au cim’tière

Êtr’ s’il n’en reste qu’un

Le GI qui rend fier

Comm’ dans un film américain

Américain

 

Le retardateur qui file

Vers le zéro pointé

Le flic qui arriv’ pile

Franch’ment, on s’en doutait

Jalousie des noëls

De neige et de sapin

Être un époux modèle

Comm’ dans un film américain

Américain

 

Le tueur est caché

Dans la maison perdue

Valait mieux dormir chez

Soi que chez ce vieux tordu

Aucun’ chanc’ qu’ils s’en sortent

Ceux qui dorm’ chez c’ pékin

Y a des sensations fortes

Dans les films américains

Américains

 

Washington sur la deux

J’mets Houston en stand-by

Taxi jaune… T’es frileux ?

Californie ! Bye-bye…

Je laiss’ l’Afghanistan

Et Wall Street aux faquins

Je sauv’ le président (comm’)

Dans un film américain

Américain

 

Diplôm’, cérémonie

Les highways, Las Vegas

Les obès’s en Mini

Les motels glauqu’ – je passe

Fin du mond’ Touw Eiffel

Pawiss, week-end coquin

Paraît qu’la France est belle

Dans les films américains

...Américains 

 

* De l'impasse du vote d'extrême-droite. A la rédaction, on assume nos convictions et on n'aime pas trop le relativisme outrancier (on vous redirigera auquel cas vers Atlantico et sa ligne éditoriale qui laisse perplexe). Le vote d'extrême-droite n'est pas une solution. On a vu ce que donnait l'extrême-droite au pouvoir au vingtième siècle : le résultat fut franchement déprimant. 

Il est plus difficile d'expulser les gens et d'emprisonner les récalcitrants, les empêcheurs de tourner en rond que d'apprendre à vivre ensemble. Le Front National, dans le cas français, se réjouit de faire de 'bons constats'. C'est facile, ça mange pas de pain et ça plaît aux gens qui ne veulent pas trop penser. Mais faire un constat, c'est une chose, proposer des solutions, c'est une autre. Sortir de l'Euro et virer les délinquants étrangers du pays pour faire en sorte que tout aille mieux ? A la rédaction, nous n'y croyons pas, n'y avons jamais cru. 

On peut reprocher un tas de choses à la droite traditionnelle, à la gauche traditionnelle, aux écolos etc. Mais si on vote pour des 'incompétents', le mieux est de faire que ces incompétents ne nous conduisent pas vers la Mort. Il serait bon de rappeler que l'idéologue d'extrême-droite, dans sa logique, est mortifère. Quand on déteste les autres, la logique au bout, c'est de les tuer. Il faut être clair là-dessus. Notre brave Marine peut discutailler avec notre charmante Karine le Marchand, assise sur un canapé, parler de son enfance, ses idées puent, puent, puent...

Clémence Savelli : le cœur comme une bombe, une bombe magnifique

 

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Clémence Savelli : le cœur comme une bombe, une bombe magnifique

 

Le parcours de la chanteuse Clémence Savelli laisse songeur. Elle a commencé vers 2004, 2005. Nous sommes en 2016. Le monde de la chanson, le monde musical a été chamboulé, fracturé : finis les top 50, finis les charts, finis les 'tubes', finies les chansons fédératrices, quasi mort le cd, apogée du streaming et de ses miettes. Le spectacle vivant : en crise, festivals qui ferment, salles qui cessent de valoriser la chanson, même à Paris. Puis les chanteurs rive gauche qui se meurent ou cessent peu à peu de chanter, puis le public qui se renouvelle peu, puis les gens dans leur ensemble qui ne sortent plus comme avant mais préfèrent 'liker' sur facebook les artistes plutôt que de bouger leurs fesses, les mélomanes à deux balles qui nous emm...avec le vinyl ou le revival de la cassette audio. Et moi comme un abruti qui enviais les Parisiens pour leurs facilités culturelles...mais les échos qui me parviennent sont peu optimistes. Et ailleurs c'est pas mieux...

 

Et Clémence Savelli... est toujours là, presque au-dessus de la mêlée, une artiste au-dessus de ces problèmes mentionnés plus haut, au-dessus de malentendus peut-être. Car disons le clairement, ici sur ce blog, que n'ai-je pas reçu de messages ennuyés, agacés, parfois agressifs, parfois perplexes, qui ne comprenaient point mon enthousiasme pour cette chanteuse trop rare à mon goût. J'ai souvent mis en valeur plus certains artistes que d'autres sur ce blog pour des raisons personnelles, de goût, d'envie.

 

Mais enfin il faudra être honnête : avec son nouvel album, Le cœur comme une bombe, si Clémence Savelli ne convaincra pas davantage ceux qui haussent les épaules en l'écoutant, et qui se cramponnent à leurs nostalgies, leurs 'les chanteurs d'autrefois c'était quand même mieux', elle confirme son ancrage dans la variété francophone. Elle n'a certainement pas à rougir à côté d'une Barbara ou d'une Véronique Sanson. Il faudra se faire à l'idée, tant pis pour les esprits chagrins. Sa voix a gagné en émotion, la musique derrière est peut-être moins parfaite 'musicalement', moins 'léchée' que sur les albums précédents un brin sophistiqués au niveau des mélodies. Mais c'est un album entier, une vague d'émotions, les larmes montent facilement sur 'Mise au Jean', 'Mon tour d'amour'. L'accordéon, le bandonéon sont bienvenus sur des titres qui ont des allures de chansons intemporelles, aux airs et paroles entêtantes (1,2,3,4 me voilà...). L'album d'une femme qui, sur les photos du livret, paraît épanouie sans pour autant être sereine. Une femme qui chante, qui semble avoir développé avec le public une relation quasi-fusionnelle sur scène, comme on en voit rarement dans la chanson.

 Il faut écouter ce nouvel album, en parler, le transmettre. Cela me fait penser qu'en 2016, les parents ne mettent plus de musique dans l'autoradio lorsqu'ils partent en vacances avec leurs enfants. Les parents conduisent, les enfants derrière jouent sur tablette ou smartphone. Pour avoir la paix ? Sans doute. Mais parler, transmettre, faire écouter, inciter à l'écoute, c'est important et ça se perd. Et on frémit à l'idée que Clémence Savelli, comme quelques autres, passe à côté de tout un public qui pourrait l'aimer mais a perdu le goût de la curiosité, de l'écoute, du partage. Drôle d'époque.

 

Clémence Savelli

Le cœur comme une Bombe

http://clemencesavelli.com/

L.M

 N.B : Ce blog peu à peu aura de moins en moins d'articles pour x causes. C'est la raison pour laquelle cet article sera mis en valeur le plus longtemps possible quand les gens se connecteront sur le site Culture et Chanson. Avec l'espoir au demeurant que des confrères journalistes, sensés êtres professionnels, oseront jeter un coup d'oeil et peut-être un coup d'oreille à l'artiste chroniquée comme les autres artistes analysés, interviewés dans ce blog au passage. Parce que franchement on rêverait de voir Sophie Delassein s'intéresser un petit peu plus à des artistes de cette trempe plutôt que de nous pondre un ouvrage sans intérêt réel sur Pierre Perret. On rêverait de lire le point de vue de Bertrand Dicale, d'écouter ce qu'en pensent Didier Varrod, Gilles Medioni ou encore Valérie Lehoux. Leur cécité (relative?) sur la vitalité (digne d'un chien aux abois) de la chanson francophone actuelle laisse songeur... 

Clémence Savelli - Mon tour d'amour

Crédit photo : Voyageurs Créateurs