Culture et Chanson

Le mépris classique d'une mairie (et de la médecine ?) pour la culture : le cas de Verneuil-sur-Avre

 

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                                                                                     Natasha Bezriche
Voilà désormais un an que la dignité des artistes est bafouée, le spectacle vivant rabaissé, nié. Entre deux confinements, rares étaient les chanteurs à pouvoir revenir sur scène, à se produire. Autant dire que lorsque la réouverture des lieux culturels a été annoncée pour le 19 mai par le gouvernement, le milieu culturel restait prudent. A raison. Si de nombreux festivals sont maintenus cet été, le festival franco-québécois 'La Vache et le Caribou' du 13 au 17 août  à Verneuil-sur-Avre dans l'Eure, a été annulé par la mairie pour cause... de réquisition de la salle des fêtes transformée en vaccinodrome !
 
La programmation promettait : Gilbert Laffaille, Jean Michel Piton, Rémo Gary, Michèle Bernard, Pascal Mary, Hélène Maurice, Natasha Bezriche, Urbain Rinaldo.

MICHELE BERNARD

Michèle Bernard
 
On notera l'extrême démagogie d'une mairie dirigée par monsieur Yves- Marie Rivemale (sans étiquette politique, enfin c'est ce qu'il disait au Parisien) médecin biologiste de profession qui choisit de réquisitionner une salle des fêtes à un moment tardif de l'été pour en faire un vaccinodrome. A t-il agi en tant que maire (réélu le 7 février dernier) ou en tant que médecin ? Qu'en pensent les habitants ? Ont-ils été consultés ? Est-ce raisonnable ? La santé et la politique vaccinale justifient-elles cette dérive ? Allons plus loin, les artistes et leurs équipes ont joué le jeu d'un gouvernement pas toujours cohérent, ont accepté pendant des mois les fermetures des lieux de cultures, ont joué le jeu parfois par solidarité avec le monde médical dans son ensemble. Ne serait-il pas temps que le monde médical, auquel appartient monsieur Rivemale rende la pareille et soit solidaire du monde artistique ? Ce ne sont pas les établissements qui manquent à Verneuil-sur-Avre pour des réquisitions.
 
On notera l'affront que fait la mairie à un tout un patrimoine de la culture francophone : ce sont des pointures dans la programmation. Et des pointures sur lesquelles des politiques intelligents pourraient s'appuyer pour reconstruire le lien social. Vous l'aurez donc compris : cette annulation du festival ne repose sur aucune donnée solide, aucune argumentation solide. C'est un arbitrage de plus vis à vis d'une profession attaquée par le monde politique et sanitaire depuis déjà trop longtemps. Les artistes sont des variables d'ajustements. Des bouc-émissaires souvent. Si le monde de la culture laisse faire, accepte tacitement l'annulation de ce festival, alors d'autres mairies suivront et bientôt il n'y aura même plus besoin de s'abriter derrière une réquisition d'ordre sanitaire pour annuler un festival. 
 
Enfin, on n'en serait là pas si des sinistres technocrates, encouragés par un sinistre ministre de la santé que nous ne nommerons pas, avaient décidé dans une société qu'il y a des gens essentiels et d'autres pas...l'idéologie de la Chine totalitaire a probablement déjà gagné la bataille des esprits jusque dans nos contrées...
 
Affaire à suivre.
La rédaction
***
Ci-dessous une magnifique lettre du chanteur Bernard Joyet.
Monsieur le maire,
Je viens d’apprendre avec stupéfaction que le Festival franco-québécois ”La Vache et le Caribou” était annulé cette année.
Vous n’imaginez pas l’impact que ce festival a dans le monde artistique : il reste parmi les seuls à programmer des spectacles de chansons de qualité. Ils se comptent sur les doigts de la main.
Artiste, je faisais partie de la programmation l’an dernier et j’ai apprécié votre engagement dans cette entreprise menée par Fabien Perucca et des bénévoles enthousiastes.
Je peux témoigner que l’an dernier un public venait de toute la France et que la renommée de ce festival devenait nationale.
Malgré les contraintes sanitaires ce festival a été une vraie réussite et son succès a eu des répercussions dans le monde des passionnés de chanson.
J’y ai personnellement rencontré des gens qui venaient de Nantes, d’Ivry, de Dijon, de la Haute-Marne, de Strasbourg, des journalistes et photographes de la presse spécialisée, des habitués de ce genre de festival qui n’hésitent pas à réserver d’une année sur l’autre des gîtes, des chambres d’hôtes, et des chambres d’hôtel, et donc d’apporter leur contribution à la vie de Verneuil-sur-Avre. J’ai habité longtemps à Francheville, Monsieur Haas en est témoin, et je sais combien il est difficile de dynamiser nos villes et nos campagnes.
Je ne peux pas croire que vous êtes à l’origine de cette situation et je me doute que vous avez dû faire votre possible pour maintenir ce festival, comme vous l’aviez fait l’an dernier alors que la situation sanitaire était particulièrement difficile. Malgré les contraintes, ce fut un réel succès.
La situation du monde de la culture en France devient catastrophique et si je comprends qu’il faille prendre des mesures sanitaires et favoriser la vaccination, j’ai, comme mes collègues artistes, et mes amis techniciens, programmateurs, bénévoles ou non, du mal à concevoir le principe même de considérer la Culture comme non essentielle. Victor Hugo doit se retourner dans sa tombe…
Je suis sûr que vous avez fait votre possible. N’y aurait-il pas lieu de tenter l’impossible ? Il s’agirait de trouver un ou des lieux qui pourraient être utilisés comme ”vaccinodromes”… Je crois qu’il existe des surfaces inoccupées (gymnases, la salle du Silo (grande salle et grand parking). Je suis certain que vous y avez pensé mais que vous avez dû abandonner ces solutions pour des raisons que j’ignore… Installer un vaccinodrome dans un gymnase demande quelques efforts financiers, ce que d’autres villes ont fait (protéger le sol par exemple). Mais il ne faut pas oublier que le monde culturel, engendre des rentrées financières (hébergement, restauration, etc) mais surtout des richesse inestimables : la Culture, et les liens sociaux, la vie en bonne intelligence… N’est-ce pas essentiel ?
J’ai entendu dire que le vaccinodrome se transformera en bureau de vote lors des prochaines élections…
Renoncer à ce festival c’est dores et déjà enterrer la dynamique qui est en train de se créer, enterrer l’enthousiasme et la passion des organisateurs et des bénévoles, et oublier le public…
Un mouvement de colère s’exprime sur les réseaux sociaux. Il va s’amplifiant. Je suis sûr qu’il reste un espoir, car l’espoir fait survivre, et survivre est mon métier. Parvenir à maintenir ce festival serait une magnifique performance. J’y crois, nous y croyons. J’espère que vous aurez la possibilité d’influer et s’il le faut, nous serons nombreux à vous soutenir.
Je vous remercie de prendre en compte cette lettre d’espoir.
En espérant de bonnes nouvelles...
Avec mes respects,
Bernard Joyet

 


#Soutien France Soir incarne l'information mainstream telle qu'elle devrait être #pétition

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Dans l'univers ultra-concurrentiel des gros médias, on pensait France Soir définitivement enterré (voir historique ici pour mieux comprendre https://fr.wikipedia.org/wiki/France-Soir ). La crise du Covid et la gestion douteuse et liberticide par de nombreux gouvernement  du monde entier l'aura remis en selle, et avec quel panache ! Le véritable journalisme est devenu rare. Pour preuve, le fait suivant souvent cité ici et là : France Soir a révélé l'étude frauduleuse du Lancet, en mai dernier, qui nous expliquait que la Chloroquine ne marche pas. Cette étude frauduleuse avait été relayée sans aucun discernement par la rédaction du Monde et avait été validée à la va-vite pas le ministre de la Santé, Olivier Véran pour justifier l'interdiction de prescription de ce traitement. Un ministre de la santé qui voue une haine à celui qu'on appelle tantôt avec mépris tantôt avec admiration le Druide de Marseille, Didier Raoult. Sur la culture, France Soir aura été un des rares médias  à grande audience à dénoncer  avec constance et arguments la fermeture des lieux culturels, envoyant même sur le terrain des journalistes pour couvrir les initiatives artistiques avec public défiant les restrictions. Le média s'est entretenu régulièrement avec un ensemble de représentants français et étrangers de la science, de la biologie au  domaine mental afin de faire réfléchir à d'autres alternatives que le confinement.

Alors que faisaient le Monde et Libération (qui ne se vend plus...) de leur côté ? Et bien ils faisaient du fact-checking sur France Soir. Le fact-checking n'a de valeur que si on balaye devant sa porte et on n'a jamais vu le Monde présenter ses excuses après avoir relayé des énormités. Il est plus facile de traiter son concurrent de complotiste quand on est incapable de réfléchir sur soi. 

France Soir, que nous ne soutenons pas aveuglément, ne mérite certainement pas cette hostilité de la part d'une partie du monde politico-médiatique. Accepter la censure de ce média dans un pays qui a prétendu être 'Charlie' en 2015 est une posture incohérente. Et dans ce cas là, pourquoi pas s'en prendre à Valeurs Actuelles ? A Marianne aussi, qui de temps en temps est aussi considéré par certains sachants comme un média complotiste ? Et puis pourquoi pas bloquer le site Front Populaire de Michel Onfray, dont la venue dans l'arène médiatique a été fraîchement accueillie par des procès d'intention ? Et puis d'ailleurs pourquoi pas interdire Sud Radio, licencier le féroce et génial André Bercoff ? Et donc France Soir deviendrait inaccessible  ? Au nom de quoi ? Et quel signal envoyé aux lecteurs et lectrices, autant d'électeurs et d'électrices ?
Tout cela ressemble donc à une sale farce, une sorte de ballet macabre, un complot pour le coup qui se retournerait contre ceux et celles qui essayent de faire taire un média. Autant dire que c'est explosif. Certaines personnes ont pour but de tuer ce média. 
Petit comparatif pour comprendre ce qui se passe :
Libération : nombre d'abonnés facebook = 935 995 / chaîne youtube  Libération (officielle ?) : 813 abonnés
Le Monde : nombre d'abonnés facebook = 4 682 138  / chaîne youtube : 976 000 abonnés
France Soir : nombre d'abonnés facebook = 127 000     / chaîne youtube : 2666 000 abonnés
A la lecture de ces chiffres, on réalise que France Soir, qui vit grâce à ses donateurs et sans argent de l'état ou de groupe milliardaire est un média de masse qui incarne l'information mainstream telle qu'elle devrait être. Une information respectueuse et non moralisante qui prétend nous expliquer non pas ce qui se passe mais ce qui serait bon pour nous. 
Soyons sérieux. Personne ne nous oblige à lire France Soir. Autant vous dire qu'à la rédaction de Culture et Chanson, nous suivons cela avec attention, nous sommes sensibles à la liberté d'expression. Nous avons reçu des messages insultants de certains internautes qui nous reprochaient de parler d'untel et de pas untel ou de untel de telle façon qui ne plaisait pas.  Nos articles sur la désorganisation du monde culturel face à la crise sanitaire nous ont valu des leçons de morale. 
Nous soutenons plus que jamais France Soir, par principe et ne pouvons que vous encourager, quelque soit votre opinion, à soutenir ce média.
La rédaction
Pour signer la pétition
https://www.francesoir.fr/petition-soutien/accueil?utm_source=yout 

Le théâtre en chansons : de Cora Vaucaire à Grand Corps Malade

En cette période dramatique et absurde pour nos sociétés, y compris le monde culturel, nous proposons des chansons ayant pour thème le théâtre. On a parfois dit que la chanson et le théâtre se mélangaient difficilement et ce n'est pas complètement faux. Mais de nombreux artistes tissent des passerelles entre les deux mondes et se produisent eux-même parfois dans des théâtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cora Vaucaire est sans aucun doute la personnalité la plus emblématique des chanteurs de théâtre. En témoigne cet enregistrement rare  au Théâtre Montparnasse en 1976, où elle montre tout son talent de comédienne. Une belle biographie qui lui est consacrée, de 320 pages, intitulée 'Cora Vaucaire en clair-obscur' sort dans quelques mois. 

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La rédaction

#Chanson Anne Sylvestre ou l'histoire d'une femme qui savait dire merde (et autres réflexions, de Fhom à Zazie)

Anne Sylvestre ou l'histoire d'une femme qui savait dire merde (et autres réflexions, de Fhom à Zazie)

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En 1965, produit par la maison de disques Philipps, 'Berceuse pour moi' (désigné aussi sous l'étrange titre 'N°5'), d'Anne Sylvestre sort en France et en Belgique. Deux ans plus tard, il remporte le prix de l'Académie Charles Cros. En pleine vague yéyés, il devient l'un des albums les plus vendus de l'année 1967, atteignant la quinzième place de l'ancêtre du Top 50, et est réédité en 1968. Ce disque contient 3 titres que longtemps la chanteuse interprétera sur scène : 'Berceuse pour moi', 'Le Géranium' (repris par Cora Vaucaire) et 'Merci oh merci'. 

En 1981, l'album 'Dans la vie en vrai' est l'une des meilleures ventes d'albums chanson de l'année, un succès un peu éclipsé par la sortie du l'album live 'Pantin 81', de Barbara.En 2007, l'album 'Bye Melanco' est classé par le site de classements InfoDisc dans la liste des meilleures ventes d'albums tout temps en France. A noter que la chanteuse s'étant mise à son propre compte en 1973, ses disques se vendaient sans pour autant systématiquement être dans les classements officiels, à l'époque surtout l'apanage des grosses maisons de disques. Mais en compilant les sources, on estime que la chanteuse, qui fera la une de magazines variés, a vendu tout au long de sa carrière autour de 2 millions d'albums dans le monde, Fabulettes et albums pour adultes confondus.

 

Paroles et musique Anne Sylvestre juin 1980

DIAPASON N° 115 - Grand prix des discophiles 1967

tiercé des vedettes n 36 les seekers - trini lopez - anne sylvestre - 1969

 

 

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Nous avons établi également 77 passages télé en France, en Suisse et en Belgique. Il y en a probablement plus. Anne Sylvestre reçoit d'ailleurs 4 fois le prix de l'Académie Charles Cros en 1963 et 1967. Nommée officière de l'Ordre National du Mérite en 1993, elle est également officière de la Légion d'Honneur en 2002. En 2009, elle reçoit la médaille de vermeil de l'Académie Française. Elle se produit à l'Olympia (qui avait encore du cachet jusqu'à la fin des années 90) une bonne dizaine de fois, également à Bobino, au Palais des Glaces, au Théâtre du Trianon, en Belgique, en Allemagne, au Québec, en Europe de l'Est, dans l'Océan Indien. De 1977 à 1979, elle tourne souvent en Bretagne.  

Une fois qu'on a dit tout cela, voici la conclusion : Anne Sylvestre était une star. Et toute star a ses mystères. Le mystère d'Anne Sylvestre aura été de convaincre une partie de son public qu'elle n'existait pas. A tel point que lorsqu'elle passait à la télévision, ses fidèles écrivaient sur les forums : pour une fois qu'elle passe à la télévision ! C'est assez surprenant car même si elle était moins présente que d'autres artistes et rarement dans les passages dits 'heures de grande 'écoute', elle n'était pas du tout absente. Elle passait peu en radios ? Oui mais quand on prend le temps (et croyez-nous, à la rédaction, ça prend du temps) de regarder les petites stars des années 70 dans la vague finissante du yéyé, elles étaient matraqués deux, trois jours et ensuite : oubli.

 

On peut reprocher à une partie du monde médiatique de ne pas avoir donné 'la place qu'Anne Sylvestre méritait', une formule lue et relue. Mais en fait ce serait trop facile. Anne Sylvestre n'était pas une femme de buzz, de scandales, de flonflons. Rien ne dit qu'en allant chez Maritie et Carpentier régulièrement, elle aurait élargi son public. Les années 70 voient des publics se radicaliser à un point qu'on a du mal à imaginer de nos jours. La France de Michel Sardou n'aime pas celle d'Anne Sylvestre. La France de Michel Sardou, c'est aussi en partie celle de Gilbert Collard, celui qui défendra les violeurs de Anne Tonglet et Araceli Castellano, défendues par...Gisèle Halimi, qui a prôné par ailleurs la légalisation de l'avortement et demandait à ce que la chanson 'Non tu n'as pas de nom' soit diffusée lorsqu'elle était interviewée à la radio.

 

Sous cet angle, on voit que les reproches fondés à certains médias sont trop simplistes. Le public est responsable. Dire c'est la faute aux médias revient à donner au rôle du spectateur celui d'une éponge passive incapable de discernement. C'est partir du principe qu'un individu n'aurait pour seule boussole d'information les chaînes de l'ORTF en 1970, où les différentes chaînes de France Télévisions aujourd'hui. Or pendant qu'une France se divertissait devant le mariage de Sheila et Ringo, une autre France n'en avait rien à foutre. Tout le monde n'est pas curieux de tout. Quand toute une France était capable de fredonner les fabulettes, ou 'Lazare et Cécile', une autre détestait Anne Sylvestre quand elle ne la connaissait pas. Il n'est pas sûr (mais il est trop tard de toute façon pour le vérifier, c'est une spéculation) que davantage de passages télés auraient changé la donne. Pour notre plus grand bonheur et peut-être, qui sait, son plus grand malheur, Anne Sylvestre fut pionnière : femme qui chante, qui se chante, qui écrit ses propres textes et ses musiques, pionnière dans la musique pour enfants, pionnière dans le fait de fonder sa propre société, pionnière même dans l'utilisation du micro HF à la fin des années 80 avec sa sœur de scène Pauline Julien. L'homme et la femme de la rue n'aiment pas trop les pionniers. Nos sociétés ont la désagréable manie de sanctifier les avant-gardistes une fois qu'ils sont morts. 

Anne Sylvestre n'avait pas la beauté de Marie Laforêt, la blondeur de Véronique Sanson, la féminité totale même si féministe de Pauline Julien, la sensualité de Pia Colombo, la flamboyance de Dalida, l'érotisme de Sylvie Vartan, la silhouette latine de Catherine Ribeiro. Et pourtant à sa manière, Anne Sylvestre était très belle. Ses yeux verts et ses rires ont marqué plusieurs générations. 

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(Ici, accompagnée par Philippe Davenet, Espace GO, Canada, 1989, (c) Josée Lambert)

Elle n'avait pas de titre fédérateur comme 'l'Aigle Noir' un brin gnan gnan de Barbara ou le fou fou 'La Parisienne' de Marie-Paule Belle (une chanson qui aura éclipsé tout le répertoire de cette dernière). 'Les gens qui doutent' ou 'La Java d'autre chose' ne peuvent pas plaire à des gens qui ont pour ambition de dominer : leur conjoint(e), leur voisin(e), leurs collègues, leurs employés. Le talent d'Anne Sylvestre aura été de chanter avec finesse : 'Vous m'emmerdez' à ses (potentiels) détracteurs, aux réacs de tout genre, de ne leur avoir cédé le terrain en rien. Alors elle n'était plus une simple chanteuse mais une véritable battante. 

Le répertoire Sylvestre est clivant. Ce n'est pas un reproche car c'est aussi de cette façon qu'un artiste marque le temps. Sauf réchauffement climatique accéléré et destruction de l'humanité, on écoutera Anne Sylvestre encore dans 50 ans. Bravo Madame. Et merci. 

L'année 2020 fut une année de merde. Douloureuse pour le monde culturel. Et même s'ils sont nombreux à avoir repris tant bien que mal le chemin des scènes hors périodes confinement, les restrictions nombreuses avaient de quoi en décourager plus d'un. La fermeture des lieux de culture est donc prolongée. Le gouvernement a montré au grand jour sa détestation des artistes. Il peut gesticuler, dire 'mais non mais non', les faits sont hélas têtus. Bon, certes, il y a bien quelques artistes de cour qui vont dire que le gouvernement fait ce qu'il peut, qu'il faut se faire vacciner, etc. Il se peut, aussi étonnant que cela puisse paraître, que ce gouvernement soit réélu. Mais il se passerait ce qu'on observe dans des pays comme la Russie et la Chine. Une sorte de divorce consommé où la majorité de la population vit sa vie comme si le gouvernement n'existait pas. Il faut se faire à l'idée affligeante que la France devient un pays autoritaire. A la rédaction,, nous faisons amende honorable pour avoir choisi Macron en 2017. Tout ce pour quoi nous ne voulions pas de sa rivale est en train de se réaliser : Marine en rêvait ? Macron l'a fait. Atteinte aux libertés, destructions de la culture, encouragement à la consommation bêtifiante. Mylene Demongeot fournit une explication intéressante sur l'attitude du gouvernement envers la culture. 

Alors il y a deux façons pour nous d'aborder l'année 2021 :

 écouter Mélancolie virale de Fhom qui nous délivre un titre comme seul un artiste français est capable : rythme cadencé, texte sombre. Ecoutez. Vous allez voir, ça rentre dans la tête. Efficace. Chantons ensemble 'Mélancolie virale/Prison occidentale/Mélancolie virale/C’est elle qui mène le bal' 

  • écouter 'Zen' de Zazie. La chanteuse Zazie était une chanteuse très populaire des années 90 qui s'est reconvertie en tant que jurée dans l'émission 'The Voice' de 2015 à 2018.

On va même rajouter une troisième façon : se taper l'improvisation du chanteur iconoclaste Bertrand Ferrier, sorte d'Albert Marcoeur 2.0 qui nous ravissait la semaine dernière avec son titre plein de joie enfiévrée intitulé 'Les cercles de la dépression'. 

 Et puis il y aussi la Grande Sophie qui chantait 'Du courage, du courage'...il en faut...

 

La rédaction

#Fumisterie Les commerces non-essentiels n'existent pas !

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Jean qui pleure par Soizig, huile, 25/07/2011

Que la caissière qui n'aime pas son travail et croit trouver un peu de reconnaissance car le gouvernement lui dit qu'elle travaille dans un secteur prétendu essentiel ne rêve pas trop. Cet été, Auchan a mis en place un plan social et le nombre de caisses automatiques dans les surfaces alimentaires a explosé durant le confinement. Soyons fermes : les commerces non-essentiels n'existent pas. Les salles de spectacles et les  surfaces alimentaires se complètent : on a besoin de nourriture pour le corps, de nourriture pour l'esprit. Il est urgent plus que jamais de ne pas laisser la moindre possibilité à nos concitoyens qui voudraient réduire la société à un ensemble de travailleurs juste bons à manger et fermer leur gueule de s'exprimer ici et là. Ils sont les complices d'un gouvernement aux abois qui nous invente un confinement qui cette fois-ci ne suscite pas le consensus.  Et les leçons de moralisme de certains chroniqueurs ne doivent pas nous aveugler.

Le restaurateur, le coiffeur, la chanteuse, la galeriste, le peintre, le directeur de théâtre ont des taxes à payer, des loyers à payer, des impôts à payer,  ont parfois des salariés, des familles, des proches à aider, ils doivent manger etc. Quand il s'agit de taxer la libraire ou le petit patron de bar, c'est bizarre, mais l'Etat n'emploie pas le qualificatif 'non-essentiel'. On mesure là l'étendue de la situation grotesque dans laquelle nous sommes empêtrés. Notre pire ennemi dans l'immédiat pour  la majorité des français ce n'est pas le virus, laissons cette peur du virus à ceux qui voudraient rester enfermés dans leur maison pendant quinze ans. Non, le pire ennemi c'est le gouvernement. Et vouloir amoindrir sa responsabilité en disant 'oui mais les autres gouvernements font pareil' est une insulte au citoyen. Car les gouvernements qui font pareil en effet ont appliqué les mêmes recettes pendant des années : destruction méthodique du service public, silence  sur l'uberisation de l'économie.  Vous pouvez interchanger de gouvernement, de pays, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Cette séparation 'essentiel' / 'non-essentiel' vise à diviser les gens entre eux et pendant ce temps les responsables peuvent espérer dormir un peu avant les prochaines perquisitions. Ne vous laissez pas avoir par ce procédé douteux (voulu ou inconscient) : à force de dire qu'il y a des commerces non-essentiels, on finira pas dire qu'il y a des gens non-essentiels. Il ne faut surtout pas en arriver là. 

 

Soyons vigilants.

 

La rédaction


#reflexion La mauvaise foi (et le paternalisme ?) du professeur Pierre Tattevin contre Didier Raoult

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#neocolonialisme? Cette année 2020, on en aura bavé. On ne s'ennuie pas. La SPILF, présidée par le Pr Tattevin, infectiologue au CHU de Rennes, avait porté plainte auprès du Conseil départemental de l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône contre le Pr Raoult pour manquement à 9 articles du code de déontologie. Ce dernier est aujourd'hui poursuivi (source franceinfo)

L'objectif est de faire passer le docteur Raoult pour un charlatan ? C'est ainsi qu'on pourrait le percevoir, du moins. On pourrait rire, on rigole moins quand on sait que monsieur Tattevin a reçu des milliers d'euros du laboratoire Gilead (qui a essayé à tout prix de nous fourguer le remdesivir) et du laboratoire Pfizer (qui veut à tout prix nous fourguer le nouveau vaccin...). Mais le plus gênant est le propos qu'il tient : 'Didier Raoult jouit encore d’une certaine aura dans d’autres pays, notamment l’Afrique. On sait, par des collaborations qu’on a là-bas, que l’hydroxychloroquine continue à être prescrite [...]' Et là c'est le drame ?
Oui c'est sûr que ce n'est pas monsieur Tattevin qui jouit d'une aussi grande aura sur ce continent, surtout pas après ses propos (mélange de paternalisme et de cynisme ? Envie de passer dans les médias ?). Les pays africains savent ce qu'ils font. Ils ont utilisé la chloroquine (pour des raisons économiques entre autres) et s'en portent très bien. Monsieur Raoult (natif du Sénégal) n'a rien ordonné et il serait bien que dans cette histoire, M. Tattevin foute la paix aux Africains qui sont assez grand pour se débrouiller tout seuls et l'ont bien montré. Il n'y a pas de 'deuxième vague' en Afrique. Si les hôpitaux africains, de Dakar à Douala, veulent recourir à autre chose que le remdésivir, c'est leur droit, c'est leur choix. Heureusement qu'ils ne se sont pas prosternés devant l'OMS et l'Occident dans cette crise, quand on y pense...

 

'Hold-Up' le documentaire : crier avec les loups ne nous rend pas plus intelligents.

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#citation 'Il y a pire folie que de voir des complots partout, c’est de n’en voir nulle part.' Quand autant de gens de médias installés ou de la majorité politique s'acharnent sur un documentaire, c'est bon signe. Cela veut dire que le documentaire touche une corde sensible. Mais quand les mêmes personnes rêvent de censurer le documentaire (aussi contestable soit-il pour certains-e-s), alors il faut s'inquiéter. Le documentaire 'Hold-Up' est remarquable et salutaire. Le passage avec la reprise des propos de Laurent Alexandre (haut fonctionnaire et médecin de formation) pour qui le monde se divise entre winners et inutiles est tout simplement éprouvant. Glaçant.
 
A voir.
 
La rédac

Posté par Luc_Melmont à 22:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Le milieu culturel français : entre flou, omerta, injonction et manque de courage

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Dialogue surréaliste entre la rédaction d'une fameuse page artistique facebook et notre rédaction :
 
Eux  : Il n’est pas prudent actuellement de donner ou d’aller voir un concert. Nous ne ferons aucune publicité pour aucun concert. Qu’ils attendent septembre /octobre. C’est pas la fin du monde! Quels enfants capricieux !
 
Nous : Vous vous doutez bien à la rédaction que nous ne partageons pas cette avis...(il n'est pas prudent de vivre non plus)
***
Mais que s'est-il passé pour que le 22 juin,  jour de réouverture des lieux culturels à Paris (zone orange jusqu'à nouvel ordre), il y ait si peu de spectacles, presque pas de chanson ? Plus étonnant encore, il est en de même pour la première partie du mois de juillet.
C'est surprenant quand on sait que Paris est la capitale culturelle du monde, loin devant Londres et New York. Nous avions soulevé dans un article précédent l'attitude obscène du Prodiss, le syndicat national des producteurs et diffuseurs de spectacles vivants qui militait pour une fermeture des lieux culturels le plus longtemps possible (évoquant parfois novembre) du moment que les structures bénéficiaient d'un dispositif d'aides. On croit rêver. Rarement une partie des représentants du monde des arts aura si peu représenté les artistes. Heureusement le Prodiss qui se vantait d'être pris au sérieux par Bercy (il faut faire un effort pour ne pas rire) n'a pas été entendu. Ni par Bercy ni par le premier ministre qui décrétait une réouverture des lieux  culturels dès le 22 juin (avec certes dans un premier temps des conditions sanitaires précises). Le signal envoyé par le gouvernement était clair : 'Ouvrez vos salles le plus tôt possible car nous ne pourrons pas vous aider (autant que vous l'espérez)'. Il est bientôt 14h, 12 juin, ce n'est qu'une question de temps pour que les professionnels de la culture pleurnichent en disant qu'ils ont été pris de court, qu'ils n'ont pas eu le temps de se préparer et qu'il leur faudrait des aides pour la transition.
Arrêtons-nous un moment : tout au long du confinement, des restaurateurs qui ne faisaient pas de livraisons se rendaient régulièrement dans leurs lieux de travail pour nettoyer, astiquer, balayer etc. Pareil pour les coiffeurs, les opticiens, les brocanteurs, la liste est longue d'entrepreneurs qui n'ont pas baissé les bras malgré les montagnes de soucis financiers et qui ont préparé l'après-confinement. Les syndicats de la restauration ont pesé de tout leurs poids pour ouvrir le plus tôt possible et sans les 4 mètres de distance. C'est finalement eux qui ont donné le 'la' : que la vie devait reprendre et en finir avec la paranoïa. Non ce n'est pas parce que vous avez le coronavirus  le vendredi que vous mourrez le lundi. L'attitude d'un Jérôme Salomon n'a pas arrangé les choses : dire d'un côté que la plupart des gens guérissent et donner le nombre de morts chaque jour était faire preuve d'un mélange d'inconscience et de bêtise, soyons francs.
Pourquoi les directions de théâtres n'ont pas dans la plupart des cas préparé l'après-confinement ? Pourquoi tout un milieu a décrété que les choses allaient reprendre en septembre ? Qui a décidé cela ? Dans quel but ? Et pourquoi septembre serait le bon moment ? 
Et c'est là que nous entrons dans la partie la plus sombre, la plus trouble du milieu culturel parisien, voire hexagonal. Où des salles qui reçoivent des subventions se sont crues habilitées à jouer les 'bons élèves' en repoussant des concerts jusqu'en mars 2021, histoire d'être sûres d'obtenir de nouvelles subventions l'année prochaine.  Passe encore que certains théâtres à la configuration particulière ne puissent pas ouvrir dans les meilleures conditions même dans une phase de transition et préfèrent rester fermés plutôt que de perdre de l'argent. Mais le milieu du spectacle est hétérogène et toutes les salles ne fonctionnent pas de la même façon. Or on s'aperçoit que même des lieux emblématiques comme le Forum Léo Ferré restent fermés. Les professionnels évoquent souvent la saisonnalité artistique pour justifier l'ouverture en septembre. Quel sens peut avoir la saisonnalité en 2020 quand 40 pour cent des français ne partent pas en vacances ? Quand le rapport au travail et au temps libre change incontestablement.  Alors ils évoquent la peur des gens. Certes, beaucoup de gens ne sont pas encore à l'aise à l'idée d'aller dans des lieux fermés. Mais voilà d'autres ne demandent que ça. On ne voit pas pourquoi les uns devraient subir la peur des autres.
Nous pourrions lister autant d'incohérences dans l'attitude des salles, des tourneurs, des programmateurs mais aussi d'une partie des artistes : certains en temps normal, prompts à crier tout juste 'Macron démission' se sont comportés de façon très docile...comme une grande partie des gilets jaunes d'ailleurs, la peur de la mort, que voulez-vous...
Dans le fond, cette frilosité du milieu culturel qui ressemble à de l'autocensure résulte d'un manque de courage. Tout simplement. C'est ce qui arrive quand l'art est géré comme une entreprise d'état, avec formulaires à remplir etc etc où programmateurs, directeurs et autres metteurs en scènes courent après l'onction du gouvernement. Là étrangement, le gouvernement n'a jamais dit, formulé, décrété que la culture devrait reprendre en septembre. Le ministère de la santé  le lendemain du discours du premier ministre le 28 mai rappelait aux professionnels qui voulaient reprendre : un siège sur deux pur les spectateurs seuls, familles/ groupes/couples côte à côte. Masque obligatoire dans les petites salles. Si ce n'est pas la solution du siècle, il s'agit cependant d'un compromis correct adapté à une phase de transition, sachant également que ces conditions risquent d'être assouplies encore plus vite d'ici deux, trois semaines. Et malgré cela, des professionnels du spectacles proclament  à qui veut l'entendre que le gouvernement entretient le flou. Pourquoi ?
En attendant, le Théâtre de l'Ouest à Rouen a réouvert avec succès ses portes. Pareil pour la Laiterie à Strasbourg (momentanément), l'Appart-Café à Bourg-les-Valence. Sur Paris, la Comédie Nation (avec Arnau D et Jassa, reprises fédératrices), la Comédie Oberbkampf, la Comédie du 11ième, l'Atelier du Verbe (avec Jann Halexander, complet, date supplémentaire le 29 juin, chanson), le Bourvil et le Sunside ouvrent dès le 22 juin. Ils se comptent sur doigt de la main et on leur dit : respect.

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''Si je dois courir un petit risque pour assumer ma mission de comédien face au public, laissez-moi le courir ce putain de risque.' Les mots de l'acteur Philippe Torreton à France Info hier sont forts, justes, importants. L'art n'est pas un passe-temps de bourgeois pour bourgeois. Et nous sommes d'accords avec lui quand il dit que le festival d'Avignon aurait pu être maintenu. De nombreux festivals auraient pu être maintenus - si le Parc Astérix et le Puy du Fou peuvent réouvrir. La peur, la peur, la peur, elle est terrible cette peur qui aura fait de nos concitoyens parfois des morts-vivants, parfois des délateurs et  trop souvent des entravants. A noter que Philippe Torreton donne lui aussi le 'la' en jouant à la salle Jacques Brel de Fontenay-sous-Bois dans 'Nous y voilà'. Merci à lui et à la salle évidemment, ce sera le 23 juin.
Ci-dessous retrouvez nos liens qui ont servi de source pour la rédaction de cet article, dont le travail de fond remarquable du média chanson Nos Enchanteurs (une référence)  qui liste l'ensemble des concerts qui reprennent. C'est un travail d'utilité publique. 
Avec le manque de courage généralisé évoqué plus haut - et nous assumons ce terme-, le monde culturel français qui a souvent suscité respect, envie, admiration, jalousie, donne un très mauvais signal au reste du monde culturel. Pour des artistes africains, russes, chinois etc qui se débattent pour faire vivre leur art dans des conditions difficilement imaginables et cela depuis déjà trop longtemps (guerres, maladies, économies en souffrances, corruption, dictature etc), c'est simple : il  n'est plus un Phare.
La rédaction
Sources
http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2020/05/30/deconfinement-vraiment/?fbclid=IwAR13ZQ-1eN0T84FDNa8jm-FsAvfVbQSrQ0aFQNKiNZaqGybwsOoLAOJASgA

#déconfinement Dans ce drame historique pour la culture : à quoi joue le Prodiss ? Questionnements

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On le sait, la gestion du Coronavirus  est catastrophique dans son ensemble. On peut toujours dire qu'il n'y a pas que la France mais le monde entier touché, c'est d'une part assez faux (la Chine n'a jamais été entièrement confinée, c'est la ville de Wuhan qui a été mise en quarantaine, Taiwan et la Corée du sud vont bien, merci) d'autre part, des dizaines de pays ne peuvent être que touchés de manière similaires puisque de la France à l'Equateur (remarquable article à ce sujet sur Médiapart), les systèmes de santés ont subi des coupes budgétaires, des 'restructurations' incessantes pendant une trentaine d'années, avec la bénédictions d'organisations économiques internationales que nous ne nommerons pas. Des organisations qui ont encouragé l'installation de multinationales peu regardantes sur le droit du travail mais insistaient sur la nécessité de  tenir le budget national (bref limiter les dépenses publiques etc). 
Soyons clairs, lucides : les citoyens français ont joué le jeu du confinement pour ne pas engorger un système de santé saturé. Saturé car non préparé, non préparé parce que victime de restructurations (donc de coupes budgétaires, de restrictions de recrutements etc) pendant des décennies. Le personnel hospitalier défilait déjà pour protester contre  cette situation en 2008. La même année un certain Sarkozy aidait...les banques...qui elles-mêmes ont d'ailleurs aidé bien peu leurs usagers.
 Le virus  directement tue peu dans l'absolu, ce n'est pas malsain de le rappeler, ce n'est pas faire offense aux morts de ce virus que de le dire. M. Salomon peut toujours donner la litanie des chiffres des morts, il se créé une lassitude dans l'opinion publique qui souhaiterait plutôt qu'on lui dise où l'Etat en est pour les masques, les tests etc. On aimerait l'entendre sur ce que constatent de nombreux scientifiques : l'épidémie pourrait disparaître d'elle-même. Toute la mythologie autour du vaccin propagée par les médias et quelques sommités inconscientes d'un obscur comité scientifique fait perdre du temps.  Les lendemains du confinement seront sanglants car des millions de citoyens ne comprennent toujours pas comment pendant plusieurs semaines un gouvernement a pu se plier à des technocrates d'une part et des épidémiologistes d'autre part qui ont des compétences dans leur domaine mais comme nous le rappelaient des artistes au gré des échanges,  n'ont aucune compétence en sociologie, en ethnologie, en économie, en religion. D'ailleurs, si jamais ils ont des compétences dans ces domaines, alors  des civils organisés en collectif pourraient porter plainte  car c'est assez cavalier, pour ne pas dire criminel d'envoyer 65 millions de citoyens en confinement pour une durée que certains souhaitaient voir prolongée jusqu'à la mi-juin ! Le président touché par une grâce quelconque (ou la peur) a pris de court ces sinistres individus en évoquant le 11 mai. Une façon également de mettre son exécutif au pas ?
Oui mais voilà jusqu'à nouvel ordre, les restaurants, les lieux culturels demeurent fermés après le 11 mai. Sans évoquer les restaurants, les lieux de culture, la situation  est d'ores et déjà affreuse pour des pans entier de la société. Là c'est la touche finale pour achever des vies. Notre phrase est violente ? Pas plus que les suicides ou les tentatives de suicide en cours dans le pays. Il y a même une forme d'atteinte à l'identité nationale. Xavier Bertrand, président du Conseil Régional des Hauts-de-France évoquait l'urgence sur Europe 1 il y a 5 jours de ré-ouvrir les cafés, les restaurants, les lieux de culture au plus vite car il en va de l'âme de la Nation. Mais les technocrates connaissent-ils le sens de 'âme de la Nation' ? Il paraît que ces lieux demeurent fermés pour limiter la circulation du virus. Résumons la bêtise de ce raisonnement :
- dans  une surface moyenne d'un Franprix ou d'un Monoprix, en une heure, moins de cent mètres carrés, une trentaine de personnes voire plus se croisent, touchent des aliments etc. (vérifié personnellement en province)
- Mais une vingtaine de clients assis à leurs places, face à leurs assiettes dans un restaurant eux faciliteraient la propagation du virus...
Le principe de précaution mène  à l'absurde surtout...qu'il n'existe aucun consensus sur la façon dont se transmet la virus ! Et oui, il recèle encore une part de mystère, France Info en parlait ce matin. Mais les technocrates n'aiment pas le mystère et l'inconnu. Il y a quelque chose de désespérant pour le citoyen à livrer sa vie à des autorités aussi irresponsables.
Face à cette catastrophe, les syndicats de restaurations sont assez unis. Et la plupart des restaurants souhaitent ouvrir dès juin. Nous le souhaitons.
Mais alors qu'en est-il du monde culturel ? C'est une catastrophe et le mot est faible. Mais il y a là un prisme médiatique qui consiste à réduire le monde culturel et complexe aux gros festivals annulés et aux intermittents. Un artiste n'est pas forcément intermittent, il n'en est pas moins artiste, reconnu comme tel (auteur, parolier, chanteur, etc), c'est un sujet qui a été abordé ici depuis 2008 à maintes reprises au gré d'entretiens.  Intermittent n'est pas un métier. C'est un régime social intéressant. Ce n'est pas un métier. Et réduire la problématique culturelle au devenir des intermittents est une mauvaise réflexion. Les artistes ne sont pas égaux. A noter que les chorégraphies en monde confinement des danseurs de l'Opéra de Paris sur internet n'ont pas été du goût de tous, au delà de l'aspect glauque (jouer au spectacle vivant chez soi, pour relayer sur instagram ou facebook est d'une tristesse incroyable), certains rappelaient qu'ils sont des salariés permanents et  que ce n'est probablement pas eux les plus impactés par la mise au silence du monde culturel dans l'immédiat.
Réduire le monde culturel à l'annulation des gros festivals est également une folie. La culture s'exprime 365 jours par an sur tout le territoire dans les lieux variés : théâtres (pour la plupart privés sur Paris), centres culturels, médiathèques, jardins publics, cinémas, musées. De la vitalité de ces lieux dépend la santé aussi des restaurants, des bars. Si l'Allemagne veut s'amuser à fermer ses lieux culturels pour 18 mois (source France Culture), ce n'est pas une raison pour les imiter. Tout simplement parce qu'en dépit des difficultés, la France depuis des décennies tient une place  à part dans le monde pour ce qui relève de la culture. Il y a une offre culturelle. ll y a une demande culturelle. Et le monde artistique jusque là a suffisamment été résilient pour entretenir une dynamique et participer de fait à l'économie française. Couper la dynamique c'est empêcher clairement la résilience. 

Mais alors nous tombons des nues à la lecture de l'entretien par France Culture (encore cette radio d'état...) de Malika Seguineau, directrice générale  du Prodiss, syndicat national du spectacle musical et de variété.
https://www-franceculture-fr.cdn.ampproject.org/c/s/www.franceculture.fr/amp/economie/malika-seguineau-pour-le-monde-du-spectacle-la-crise-du-coronavirus-est-un-tsunami?fbclid=IwAR2pNNenhhhBwOe75u1nRxV_ScVCba3MtgPDXtIw96Zt8R_0MFcUHI1kbQs
 Passe encore qu'elle ait la naïveté de croire que Bercy prenne au sérieux la place de culture dans l'économie française. Il y a des années que nous savons qu'il n'en est rien pour des raisons idéologiques : la culture n'a pas pour but d'être systématiquement rentable, ce non-impératif de rentabilité ne peut donc pas convenir aux technocrates de Bercy. 
Mais le pire, celui qui a manqué de nous étouffer, nous relayons ce passage 
'Nous avons déjà commencé à travailler sur les dispositifs nationaux mis en place aux niveaux fiscal et social pour mettre nos entreprises "en mode sommeil" et que personne ne fasse faillite durant cette période.  [...] Ce que nous voulons obtenir ensuite, c'est que ce "mode sommeil" dure le plus longtemps possible, c'est-à-dire jusqu'à la reprise, voire un peu après. Car ce n'est pas le jour-même de la reprise que l'économie de l'entreprise ira mieux et que la trésorerie sera reconstituée.'

Chère Madame, l'enfer est vraiment pavé de bonnes intentions. Au début de votre entretien, vous avez fait une bonne analyse sur la catastrophe en cours sur le milieu culturel. Mais gardez vos solutions pour vous  et vos adhérents (dont certains doivent tirer la tronche en vous lisant).  Vous voulez que le mode sommeil dure le plus longtemps possible  : vous ne comprenez donc pas que cette mise en sommeil prolongée va tuer les lieux, va tuer des emplois. Que seules certains structures, certaine salles pourront bénéficier des dispositifs que vous évoquez. Votre diagnostic est bon, vos solutions un désastre.A la lecture, on comprend que le Prodiss accepterait que les lieux culturels ouvrent en novembre du moment qu'il y ait des aides pur tenir le coup. Rassurez-vous, je ne suis pas le seul à avoir compris cela, puisque ce lien m'a été envoyé par six artistes et un metteur en scène d'une compagnie de théâtre abasourdis par tant de...on n'a pas le mot. Inconscience ? Pour le coup on espèce que Bercy ne vous écoute pas et va écouter Franck Riester, Aurore Bergé ou Xavier Bertrand.  
 
Vous prétendez être inquiète de la situation des festivals non-subventionnés qui pourraient disparaître (comme si d'ailleurs les festivals subventionnés allaient voir leurs subventions reconduites l'année prochaine, on peut toujours croire au  Père Noël). Mais manifestez clairement votre inquiétude  également pour les salles de spectacles privées, sans subventions qui sillonnent tout le territoire. Vous entretenez cette confusion entre festivals ponctuels et lieux culturels ouverts toute l'année (cette confusion ne semble pas gêner la journaliste  Rosalie Lafarge qui ne réagit guère). Cette confusion est dangereuse selon l'interlocuteur à qui vous vous adressez. 
 
Vous ne dîtes rien à ce sujet mais vous prônez une mise en sommeil assortie d'illusoires garanties. Désolé, madame, c'est dès mai que les théâtres, les salles de concerts de dimension moyenne doivent ouvrir. Au même titre que les restaurants. La reprise sera sans aucun doute lente, mais plus tôt elle a lieu, mieux c'est. Tout le monde a besoin de travailler. La plupart des gens se passent d'une mise en sommeil (surtout après plusieurs semaines de confinement). Si le Prodiss parle ainsi, le Prodiss n'est pas notre ami. Nous considérons que ce discours sur la mise en sommeil est nocif pour des pans entiers du monde culturel. 
Que ce soit à Paris, Lille ou Rocamadour : les restaurants, les musées, les lieux de spectacles doivent ré-ouvrir le  plus tôt possible. Pas en juillet, pas en août, pas en septembre. Mais dès mai. C'est un positionnement de notre rédaction clairement assumé. Après tout les gens qui ont peur de sortir...n'ont qu'à pas sortir et rester chez eux. Mais qu'ils n'entravent pas le désir de vie de leurs concitoyens. En Argentine, au plus fort des multiples crises  que le pays a subi, les gens sortaient, mangeaient, buvaient, allaient à des concerts. L'homme n'est pas fait pour être réduit à ses fonctions essentielles : manger, boire, pisser, chier et toucher des indemnités en attendant que la vie normale revienne en 2060. 
Une parolière me racontait avoir l'impression de voir des zombies dans son quartier. Elle n'ose plus sortir car elle a le sentiment d'assister à la déchéance humaine. Sortir pour acheter à manger, rentrer à la hâte. C'est presque une vie de rat, rajoutait-elle (elle se reconnaîtra, merci pour son témoignage). Nombreux sont nos citoyens qui n'attendent  qu'une chose : retrouver le chemin des bars, d'un bon plat dans un restaurant, d'une séance de cinéma ou assister à un concert au Forum Léo Ferré (100 places). Les gérants des bars, restos, cinémas etc ne sont pas irresponsables : ils accepteraient de porter des masques s'il le faut, de mettre un peu d'espace entre les sièges, les tables (fameux espace sur lequel il n'y a pas de consensus non plus), de désinfecter régulièrement et de proposer du gel bactériologique à l'entrée. De même certains spectateurs seraient prêts à porter un masque. 

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 La gestion catastrophique du virus dans les pays riches essentiellement a conduit à un confinement inévitable, mais ce confinement (et ses conséquences) demeure une insulte à l'anthropologie. Le rôle de l'artiste dans les mois qui viennent est essentiel. Et ce rôle n'a de sens que s'il s'exprime sur la place publique.  Le plus tôt possible. Le plus tôt sera le mieux.
La rédaction

La France de Jeph

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La rédaction de Mathilde Blue Desk nous a conseillés d'écouter l'album de Jeph. A vrai dire, nous étions fort occupés à rédiger un article sur Morice Benin qui a eu raison avant tout le monde (si vous ne connaissez par Morice Benin, vous avez raté votre vie, demandez des comptes à vos parents). Nous publions moins depuis 2018, où nous fêtâmes les dix ans de Culture et Chanson avec un dossier spécial Pauline Julien. Nous sommes toujours autant sollicités, ce qui nous touche, mais avons peu de temps.Nous évitons de chroniquer les groupes.  En effet la vocation d'un groupe, la plupart du temps c'est de se séparer. Et nous ça nous emmerde de chroniquer l'album d'un groupe qui va se séparer. Donc on préfère les chanteurs en solo. Parce que pour que le chanteur en solo se sépare de lui-même, enfin, bref c'est compliqué, bon s'il est bipolaire éventuellement...on va arrêter là, ce confinement est en train de nous rendre tarés...bref on préfère parler des artistes solos car en général ils durent davantage que les groupes. Alors on s'est penché sur Jeph. Enfin, son album, dont nous avions eu vent en février dernier. 
A l'instar de nos deux consoeurs de Mathilde Blue Desk, nous sommes mitigés sur une partie du discours véhiculé par 'Mon Pays'. On a l'impression que nos artistes décrivent la France comme une dictature tropicale tiers-mondiste, du genre le Cameroun natal (pour moi) ou le Nicaragua de Sonia (adoptée) qui suit de très près l'actualité de jolies dictature comme s le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo-Brazzaville, les Philippines. Il y a évidemment beaucoup à redire sur un autoritarisme à la française qui n'est pas nouveau (il existait aussi sous De Gaulle). Il y a évidemment le risque de voir le pouvoir actuel se poutiniser mais à priori ils sont nombreux qui crachent sur la 'dictature française' à encenser la Russie de Poutine et à se précipiter sur Russia Today. La Russie, plus grande démocratie du monde, cela va de soi. Donc logiquement que le pouvoir se poutinise ne devrait ni surprendre une partie des gilets jaunes par exemple, ni leur déplaire. Mais on n'est pas à un paradoxe près. A la rédaction, nous sommes encore heureux pour le moment de vivre en France, malgré toutes ses failles béantes et pour avoir vécu l'une et l'autre dans les pays sus cités. 
Une fois qu'on a dit tout cela : le clip est une vraie réussite et artistiquement Jeph+ Nixo, star de l'afro-urbain, c'est du haut vol, le texte est costaud, l'acoustique efficace. La preuve que ceux qui veulent mettre des frontières entre les univers musicaux sont des imbéciles congénitaux : les passerelles sont possibles et donnent de très beaux résultats parfois, c'est le cas ici. Jeph prouve avec son album qu'il est un chanteur grand public qui n'est pas réduit à rester dans le circuit (certes intéressant)  chantappart, cave aux artistes, hexagone, connétable et autre Manufacture Chanson. C'est un Café de la Danse qui lui sied, ou l'Archipel, le Trianon, la Cigale (comme son camarade Gauvain Sers), l'Olympia ou le Botanique de Bruxelles. On le lui souhaite ardemment.

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En même temps on ne peut pas être surpris : Jeph, dont nous entendons parler depuis un petit temps quand même est un routier de la chanson, l'écriture c'est son job, il maîtrise. On ne donne pas impunément des dizaines de concerts par an. Il faut le talent, il faut la présence et c'est là toute la problématique d'un album aussi bon soit-il : des chansons comme 'Le bonheur immoral', 'Infime' ne demandent qu'à exister sur scène, s'y déployer pour embarquer le public.
Vite, que l'on sorte de ce confinement aberrant et insupportable et que les rencontres entre Jeph et les gens, le public, puissent de nouveau avoir lieu !
La rédac
http://jeph.fr/