Culture et Chanson

La France de Jeph

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La rédaction de Mathilde Blue Desk nous a conseillés d'écouter l'album de Jeph. A vrai dire, nous étions fort occupés à rédiger un article sur Morice Benin qui a eu raison avant tout le monde (si vous ne connaissez par Morice Benin, vous avez raté votre vie, demandez des comptes à vos parents). Nous publions moins depuis 2018, où nous fêtâmes les dix ans de Culture et Chanson avec un dossier spécial Pauline Julien. Nous sommes toujours autant sollicités, ce qui nous touche, mais avons peu de temps.Nous évitons de chroniquer les groupes.  En effet la vocation d'un groupe, la plupart du temps c'est de se séparer. Et nous ça nous emmerde de chroniquer l'album d'un groupe qui va se séparer. Donc on préfère les chanteurs en solo. Parce que pour que le chanteur en solo se sépare de lui-même, enfin, bref c'est compliqué, bon s'il est bipolaire éventuellement...on va arrêter là, ce confinement est en train de nous rendre tarés...bref on préfère parler des artistes solos car en général ils durent davantage que les groupes. Alors on s'est penché sur Jeph. Enfin, son album, dont nous avions eu vent en février dernier. 
A l'instar de nos deux consoeurs de Mathilde Blue Desk, nous sommes mitigés sur une partie du discours véhiculé par 'Mon Pays'. On a l'impression que nos artistes décrivent la France comme une dictature tropicale tiers-mondiste, du genre le Cameroun natal (pour moi) ou le Nicaragua de Sonia (adoptée) qui suit de très près l'actualité de jolies dictature comme s le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo-Brazzaville, les Philippines. Il y a évidemment beaucoup à redire sur un autoritarisme à la française qui n'est pas nouveau (il existait aussi sous De Gaulle). Il y a évidemment le risque de voir le pouvoir actuel se poutiniser mais à priori ils sont nombreux qui crachent sur la 'dictature française' à encenser la Russie de Poutine et à se précipiter sur Russia Today. La Russie, plus grande démocratie du monde, cela va de soi. Donc logiquement que le pouvoir se poutinise ne devrait ni surprendre une partie des gilets jaunes par exemple, ni leur déplaire. Mais on n'est pas à un paradoxe près. A la rédaction, nous sommes encore heureux pour le moment de vivre en France, malgré toutes ses failles béantes et pour avoir vécu l'une et l'autre dans les pays sus cités. 
Une fois qu'on a dit tout cela : le clip est une vraie réussite et artistiquement Jeph+ Nixo, star de l'afro-urbain, c'est du haut vol, le texte est costaud, l'acoustique efficace. La preuve que ceux qui veulent mettre des frontières entre les univers musicaux sont des imbéciles congénitaux : les passerelles sont possibles et donnent de très beaux résultats parfois, c'est le cas ici. Jeph prouve avec son album qu'il est un chanteur grand public qui n'est pas réduit à rester dans le circuit (certes intéressant)  chantappart, cave aux artistes, hexagone, connétable et autre Manufacture Chanson. C'est un Café de la Danse qui lui sied, ou l'Archipel, le Trianon, la Cigale (comme son camarade Gauvain Sers), l'Olympia ou le Botanique de Bruxelles. On le lui souhaite ardemment.

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En même temps on ne peut pas être surpris : Jeph, dont nous entendons parler depuis un petit temps quand même est un routier de la chanson, l'écriture c'est son job, il maîtrise. On ne donne pas impunément des dizaines de concerts par an. Il faut le talent, il faut la présence et c'est là toute la problématique d'un album aussi bon soit-il : des chansons comme 'Le bonheur immoral', 'Infime' ne demandent qu'à exister sur scène, s'y déployer pour embarquer le public.
Vite, que l'on sorte de ce confinement aberrant et insupportable et que les rencontres entre Jeph et les gens, le public, puissent de nouveau avoir lieu !
La rédac
http://jeph.fr/


#coronavirus Et si Morice Benin avait eu raison avant tout le monde ?

 

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S'il y a bien un chanteur qu'il est utile de réécouter par les temps actuels et étranges c'est Morice Benin. Nul autre que lui avec constance, terrible intégrité, depuis 1967, n'a cessé de chanter les dérives du monde consumériste, le vampirisme de l'argent, l'aliénation au travail. Le chanteur aime à se dire méconnu, peu connu, anonyme au fil des rares interviews qu'il accorde mais ne soyons pas dupes : ses fidèles sont très nombreux à poster des vidéos (des audios parfois simplement illustrées) sur youtube, dont certaines ne sont pas loin des cent milles vues. A la rédaction, nous nous sommes 'amusés' (c'est fou ce qu'on s'amuse en confinement) à faire le décompte des vues  sur youtube : 72 vidéos qui cumulent 1 million de vues. Il pourra nous raconter ce qu'il veut, Morice Benin est une star, une star méconnue, une star d'un autre genre, mais une personnalité de la chanson suffisamment importante pour drainer un public considérable à chaque concert dans les lieux les plus improbables de France, des villages connus parfois de leurs seuls habitants. 

 

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 Un physique reconnaissable, allure de quasi-chamane, ce chantre venu d'Afrique a été l'un des premiers à parler et chanter écologie. S'il fut au début produit par Barclays, très vite il s'en détournera et mettra sa vie en accord avec ses idées. Au show-biz qui lui déplaît, il préfère chanter dans les foyers ruraux, les mjc tout au long des années 70. L'écologie ne séduit pas beaucoup la société en cette fin des trente glorieuses, c'est un mouvement embryonnaire et il est l'un des rares pour ne pas dire le seul auteur poético-libertaire à aborder ce thème avec intensité. Après tout, il a chanté en 1973 sur le plateau du Larzac devant des dizaines de milliers de pacifistes, pour protester contre l'extension d'un camp militaire. Il donne une centaine de concerts par an en France mais aussi en Belgique, en Suisse, au Québec. Son disque 'Je vis' sorti en 1974 s'écoule à cent mille exemplaires sans distribution. Benin est déjà dans une forme de maquis. Mais chez lui c'est assumé, clairement. C'est un positionnement. Le troubadour chante le bonheur d'une certaine forme de marginalité et la sensualité entre les hommes et les femmes. 

 

 

 

 

 

 

Ce qui ne l'empêche pas à l'instar de son collègue Jean Vasca de se produire à l'Olympia. Il se rend au pays natal le Maroc pour y chanter en 1984. Il se produit également en Allemagne. Grand connaisseur du poète  René Guy Cadou, il lui consacre un album en 1985, 'Chants de solitude' qui reçoit le prix de l'Académie Charles Cros. Il fera 3 dates  au Théâtre Dejazet en 1988,  le même Théâtre où se produiront dans la foulée Anne Sylvestre et Pauline Julien dans leur mythique spectacle 'Gémeaux Croisés' - on rappellera qu'elles furent les premières artistes à recourir au micro-casque avant Madonna. Il renoue avec l'Olympia en 1990 et délaisse la promotion de son travail...puisque le public vient naturellement. Et plébiscite ses albums : le chanteur est prolifique, tant et tant qu'il est difficile de s'y retrouver dans sa discographie, foisonnante, passionnante forcément.

 Alors il continue de chanter ici et là, de sillonner 'les pays qui n'existent pas', dans des concerts-communion, parfois longs de deux heures.  

Que pense t-il de cette nature qui respire temporairement depuis que les hommes sont confinés ? Il évoquait déjà cette nature en 1991  dans 'Sous le couvert des bois' (album 'Essentiel' 1991)

 

Tout autour de moi

un rideau d’arbres

Béni soit le chant du merle

Au dessus de la page

où j’écris Le chœur de tous les oiseaux

Tout la haut le coucou

A la tête grise me chante

une promesse de paix

qui me protège

Moi qui écrit sous le couvert des bois

qui me protège

Moi qui écrit sous le couvert des bois

Je me lie aujourd’hui à la puissance du ciel

la lumière du soleil

la blancheur de la neige

la force du feu l’illumination de l’éclair

à la vitesse du vent

la profondeur de la mer

la stabilité de la Terre

à la dureté des rochers

Je me lie aujourd’hui à la puissance du ciel

la lumière du soleil la blancheur de la neige

la force du feu l’illumination de l’éclair

à la vitesse du vent

la profondeur de la mer

la stabilité de la Terre à la dureté des rochers

 

Après le confinement, évidemment beaucoup de choses auront changé. Bien sûr les gens continueront de prendre l'avion, ce qui n'est certainement pas condamnable. L'homme est un être qui bouge, qui vit, avant les avions, c'était les trains, avant c'était les bateaux. Bien sûr l'homme continuera de cultiver un peu de superficialité, ce qui est normal sinon ce serait ennuyeux. Les hommes solennels qui réduisent la vie au fonctionnel ne sont pas forcément intéressants. Mais les gens réfléchiront encore davantage avant de prendre leur voiture. Réfléchiront davantage avant de payer un café médiocre horriblement cher dans une station service, gaspilleront sans doute encore moins et au sortir du confinement redécouvriront la nature, ni bonne ni mauvaise, mais dont nous faisons partie à tout jamais. Nous n'avons eu que trop tendance à l'oublier. Et peut-être les gens tendront davantage l'oreille envers certains artistes pour ce qu'ils disent et  pas seulement le style vestimentaire qu'ils affichent. 

 

Ce serait bien. Rêvons...

 

La rédaction

 

http://moricebenin.fr/

 

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Le spectacle 'Ave Eva' : se laisser porter par la rivière du féminin

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'On ne saurait cacher la rivière du féminin qui est en nous' : cet extrait du spectacle Ave Eva est un bon résumé. A l'honneur : la parole faite femme, la parole des femmes, la parole aux femmes mais celle pleine de respect et d'amour, pas celle de l'amour-séduction superficiel. A travers seize chansons  en français, vieux français, copte,  judéo-espagnol, arabe, grec, turc, galicien ancien, latin, la chanteuse et musicienne Catherine Braslavsky, soutenue par le musicien et diseur Joseph Rowe, nous chante la Femme à travers le temps,  à travers les langues. 
'Ave Eva' est finalement plus efficace qu'un cours de sociologie, pourrait-on dire. Il y a de la tension, de l'émotion qui atteint son apogée sur des titres tels que 'O Nobilissima Viriditas' (deux poèmes de la flamboyante abesse Hildegarde de Bingen née en 1098 et morte en 1179, mis en musique par la chanteuse) ou 'Kyrie du 12 mai', un hommage en grec aux victimes du terrorisme. Ce spectacle se déploie dans l'atmosphère hors-temps du Théâtre de l'Île Saint-Louis, idéale pour un spectacle qui nous fait traverser le temps. 
Enfin, et il est normal d'en parler ici, ces artistes nous font remonter également aux racines de la chanson française, à travers la figure du troubadour Guillaume de Machaut. C'est là qu'on comprend que la chanson existait bien avant le tumulte des médias. Chaque artiste qui court à tout prix (et comment l'en blâmer) après un passage tv, radio, etc devrait toutefois garder à l'esprit que la chanson a des siècles d'existence qui ne méritent sans doute pas d'être enfermés à l'étroit dans une lucarne audiovisuelle (origine de la télévision : 1877...et encore... ).

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'Ave Eva' se tient jusqu'au 2 février 2020. La première représentation a attiré un public attentif et enthousiaste à la fin. Amplement mérité. Malgré les grèves et/ou une forme de monotonie ambiante c'est la force de spectacles comme celui-ci de maintenir une flamme chez le public. Flamme de vie, de désir de se reconnecter à quelque chose de plus grand pour dépasser la platitude du quotidien. 
 Nous avons quitté la salle avec cette interrogation, belle et troublante, celle de ne plus savoir qui chantait :  Catherine Braslasvky ou Hildegarde de Bingen ? 
Gabriel

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Hildegarde de Bingen par Catherine Braslavsky et Joseph Rowe

 

 

 

 

Magnétique Djen Ka...

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Djen Ka embellit la playlist de Culture et Chanson cet automne. De la pop francophone de qualité, de  haut vol pour être honnête. Nous avions déjà remarqué son titre Katedral en 2018 (un peu dans la lignée de Camille). Le clip 'Ils se mélangent' accompagne la sortie du nouvel ep de l'artiste : clip sublime, plein de grâce avec ses danseuses et danseurs en alternance avec le visage du chanteur magnétique, sur une musique pleine de tensions. On reste pendant plusieurs jours avec la voix du chanteur dans la tête et les visages graves des danseurs.  

Djen Ka - Ils se mélangent - (Official Music Video)

 Djen Ka - Katedral

 Interview DJENKA | Dans mon Rayon | Groupe Sonowest

  

S'il passe près de chez vous en concert, allez-y, notre intuition nous dit que cela vaut le coup.

  

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S'évader avec la chanteuse Nat Van Ba #interview

Nous en parlions l'an dernier comme d'une belle révélation avec son titre 'Insomnies', Nat Van Ba, chanteuse de pop urbaine eurasienne, surprenante originaire de Lyon continue son chemin et suscite toujours notre intérêt. Nous sommes donc heureux à la rédaction qu'elle ait accepté de répondre à nos questions. C'est une artiste naturelle, pleine de fraîcheur qui a joué le jeu. 

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Nat Van Ba, merci d'accepter cette interview. Quand on écoute vos chansons et quand on voit votre dernier clip, on a le sentiment que vous étouffez dans le monde contemporain, pourquoi ? 

OHHH en effet, je vois que vous avez très bien cerné l’ambiance et le message de ce titre «  Vision dans le viseur », OUI  il s’agit d’une ballade musicale traduisant l’envie de s’évader, de fuir le monde urbain, les responsabilités, de fuir le fait de devoir "faire bonne figure" face aux normes imposées par la société… Nous avons tous à un moment donné de nos vies eu envie de tout plaquer, d’oublier nos objectifs, nos responsabilités pour pouvoir se retrouver quelques instants plongés en pleine nature , ou au sein d’un milieu plus ludique, un besoin d’évasion quoi … 

Votre clip possède une belle fluidité, comment s'est déroulé le tournage, d'où viennent les idées, les plans ?

Buzz Extatic, étant aussi à l’initiative de certains plans, lui et moi ont été à l’initiative de l’écriture du story board, avec la collaboration de Di Angelo Prod le réalisateur du clip qui a aussi choisi de mettre en avant tel ou tel plan et qui lui-même a effectué le montage. Je ne pourrai pas entrer dans les détails.

Nat Van Ba- VISION DANS LE VISEUR

  Vous allez monter de nouveau sur scène dans le cadre d'une soirée caritative. Quel est votre rapport à la scène ?

Je commence à adorer la scène, je suis novice en matière de scène, mais plus j’en fais, plus j’apprécie. Il s’agit pour moi comme je le dis de LA VRAI VIE, car sortir des clips, être présente sur les réseaux c’est bien mais pouvoir chanter en live face à des personnes étant là physiquement est magique, pouvoir interagir et voir un public qui apprécie la soirée est super. Pour le moment il s’agit de chanter 4 ou 5 titres en première partie ou dans le cadre d’évènements mais le but à très très moyen terme voir court terme est d’être en capacité de proposer un show de 40 minute voir plus.

Que vous disent les gens dans la rue ou après les concerts ? 

Pour être sincère, vous me  dîtes «  Dans la rue » , alors je ne suis pas assez connue LOL pour que les gens se ruent sur moi dans la rue, restons objectifs en phase avec la réalité,  MDR, mais si nous disions plutôt « Devant la salle après le concert » en parlant de ceux et celles qui étaient présent lors du show….Ils me disent pour la plupart «  C’était vraiment super, ce mélange violon voix et musique urbaine avec beatmaking est bien réalisé et original, continue, nous avons apprécié » , ou encore «  Belle découverte, continue » 

Pourquoi vous avez choisi la pop au lieu du rap, du jazz, etc ? 

Alors la musique que je propose est justement orienté  quelque peu rap, si nous parlons des instrumentales aux connotations hip hop, trap cloud musique etc …J’aime la chanson française acoustique mais j’adore le hip hop  et la musique urbaine depuis un moment et de plus en plus, alors il s’agit de musique urbaine allant du RnB, à de la Trap Cloud music (Futur Clip) ou encore parfois des titres plus orientés chanson mais toujours en respectant les codes urbains de la musique hip hop, telles que le font très bien mes deux collaborateurs Bonetrips et BuZz du studio Extatic sur Villeurbanne.(Gros Big Up au passage , car tout cela est grâce à eux)

Vous parlez peu de l'enfance, de l'adolescence et pourtant on sent des non-dits, que représente pour vous l'enfance, l'adolescence ?

Cette période représente le début où j’ai commencé à écrire  poèmes, textes etc (à l'âge de 12 ans je chantais déja). Parallèlement je chantais des chansons connues. C’est assez tard finalement que j’ai décidé d’allier les deux, mon gout pour le chant avec mon goût pour l’écriture.  

 

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Pour prolonger un peu notre réflexion, que représente l'Asie pour vous ? 

L’Asie représente mes origines, enfin à moitié, étant Eurasienne, de mère Vietnamienne et de père Français ; L’Asie représente mon enfance en terme de culture lorsque je vivais avec ma mère, ce continent représente une partie de mes racines lointaines que je souhaiterais visiter de plus près (Sinon l’Asie représente les nems ahahah que j’adore manger accompagnés de sauce sucrée)

A moyen terme quels sont vos projets ?

A moyen terme, je suis en pleine construction de mon live , de mon set, pour lequel pour le moment m’accompagne ALTEA GULSUM violoniste sur nos morceaux ; le but étant de proposer un live de 45 minutes, interactif, cohérent, avec sûrement une 3ième personne, maîtrisant les machines sur Abletone live pour déclencher les sons et pouvant également jouer du clavier sur scène. Je compte sortir d’autres clips, d’autres sons, continuer à produire mes quelque titres su scène en attendant de me produire tout court avec un Live complet. Et trouver une co-production au delà de la distribution ; étant cependant très très heureuse d’être distribué par Washi Waha (Distribué par Believe) c'est vraiment Top. Et à moyen terme pouvoir devenir pleinement intermittente du spectacle avec mes Lives.

Et sinon à moyen terme, racheter une maison en bois à mon lapin qui  est intégralement en train de détruire la sienne, bientôt inexistante (déjà plus de porte) lol

Une question traditionnelle sur notre blog : votre plat préféré ? 

AHAHAHAH les nouilles asiatique, désolé on ne change pas une équipe qui gagne (je plaisante car gourmande j'adore aussi pleins d'autres plats de toutes origines différentes ) 

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Merci !

Titre 'VISION DANS LE VISEUR' disponible sur les plates-formes digitales

 

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Claudio Zaretti : solaire et poignant

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Depuis quelques mois, le public semble (re)découvrir Claudio Zaretti (qui chante depuis des années) et on ne peut qu'approuver. Annoncé presque à la dernière minute, son passage à l'Atelier du Verbe (certes modeste mais ce n'est plus une raison) avait fait le plein. L'intérêt qu'il suscite a été renforcé par l'intégration de tout son catalogue au sein du label Vagua Song et disponible sur toutes les plates-formes de streaming. Claudio Zaretti est écouté en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Afrique du Sud et même...à Honolulu !

"Cosmos Hotel" Claudio Zaretti

Claudio Zaretti chante "Cosmos Hôtel"

Zaretti est un peu comme un cousin éloigné d'Enrico Macias et Nino Ferrer. Son style est solaire mais ne vous laissez pas avoir. Car derrière le soleil, il y a parfois cette douleur si forte propre aux gens du sud. Les choix des titres ne sont pas anodins, ne serait-ce que pour parler de ceux des albums : 'Utopia, Utopia', 'Deux diamants', 'Je sais d'où je viens', 'Puisqu'il faut un jour'. Nulle tiédeur, c'est tout un programme. Savoir d'où l'on vient n'est pas donné à tout le monde. Mais l'artiste ne fait pas de leçon. Et ceux et celles qui ne savent toujours pas d'où ils/elles viennent peuvent l'écouter et s'en retrouver apaisé(e)s. C'est la force d'une chanson, c'est la force d'un artiste dont on attend les prochains concerts, on le lui souhaite, un peu partout en France et ailleurs.

Claudio Zaretti Toi qui écoutes (Clip Officiel)

Avec 4 albums et des chansons-pépites, des vraies réussites à l'image d'une certaine variété exigeante, nous avons considéré à la rédaction qu'il était normal d'en parler et à partir de la semaine prochaine de lui consacrer une semaine spéciale à travers Culture et Chanson. Et puis nous espérons bientôt l'interviewer. 
La rédaction

CLAUDIO ZARETTI "je sais d'où je viens "à L'Espace Jemmapes (Paris) 28 avril 2015

Dans le même courant : Enrico Macias, Nino Ferrer, Herbert Pagani...

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L'affaire Médiapart : quand l'arroseur arrosé n'est pas celui que l'on croit...

 

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A la rédaction, nous avons toujours pensé que Médiapart n'était que l'équivalent politique et intellectuel de Closer. Et que la multiplicité des rubriques n'était qu'un prétexte, un leurre pour cacher les vraies intentions de ce média : c'est un organe politique dont l'essence est le buzz et il faut désormais le considérer comme tel. On aura rarement vu à ce point des journalistes sûrs de leur bon droit, sous le prétexte de vouloir défendre la république, jeter en pâture quoiqu'ils en disent un homme politique qui jusque là n'intéressait...personne. Allez, pas grand monde. Journalistes à la morgue suffisante qui appellent les responsables politiques à se remettre en question mais qui évidemment ne sauraient se remettre en question eux-même. C'est la dimension obscène de ce média. Plenel, trotskiste reconverti en père la morale doit enrager. Plus il répète qu'il n'y a pas d'affaire Médiapart, plus...il renforce l'affaire Médiapart dans l'opinion publique, consciemment et inconsciemment. Marteler une négation (il n'y a pas) renforce l'existence de la chose, de l'affaire que l'on nie. Etrange d'ailleurs qu'un journaliste ignore cela. 

Voilà, on se croirait dans une fable de la Fontaine. Macron a été malin en soutenant de loin de Rugy et en acceptant sans attendre sa démission. De Rugy a été malin en posant sa démission. Par cet acte, il interpelle l'opinion qui se dit : 'déjà ? Et la présomption d'innoncece, c'est fait pour qui ?'. Certes par le passé, cet homme politique n'aura pas été brillant en donnant des leçons de transparence aux autres. Mais on peut avancer que sa démission est aussi le fruit de son isolement au sein du gouvernement. Il n' a pas de réseaux, peu de soutien, la pilule fut difficile à avaler et on peut supposer qu'il s'est demandé si cela valait le coup de rester dans ce gouvernement. Il se sera protégé moralement et politiquement. Car de cette démission, il peut ressortir grandi. L'opinion publique, qui ne saurait être réductible aux aboyeurs des réseaux sociaux, se dit que 'ma foi, cet homme ne méritait pas tout ça'. Et c'est vrai. Il n'a tué personne, il n'a pas vendu des armes, il n'a pas trempé dans un trafic de drogue, il est peut-être même l'un des personnages les plus lisses de la vie politique de ces trente dernières années. Et peut-être par le discrédit qu'un média a voulu jeter sur lui, il se façonne un petit côté sulfureux qui peut plaire à de nombreuses personnes. 

Maintenant que l'enquête interne a blanchi de Rugy, la parade de Médiapart est de dire que les enquêtes internes du gouvernement ne sauraient être crédibles. Peut-être mais attention à ce genre d'argument. Le dénigrement ne mange pas de pain, certes, mais qu'on se souvienne des climato-sceptiques nous expliquant que le Giec n'était pas crédible. Il fait chaud n'est-ce pas ? D'ailleurs notre ministre démissionnaire peut dire merci à la Canicule qui occupe l'espace médiatique, incontestablement. Et si jamais les médias parlent de Rugy, ils ne parlent plus de l'affaire de Rugy mais de l'affaire Médiapart (il suffit de taper sur google, le basculement est surprenant). Clairement, Médiapart ressort affaibli de cette histoire et s'il conserve son noyau de lecteurs, pas sûr qu'il en gagne de nouveaux. Critiquer et ne pas accepter la critique est quelque qui passe mal.

 Que Plenel et ses collaborateurs balayent devant leur porte et fassent un stage d'humilité. Je citerai les paroles d'une voisine perfide et que j'adore (elle se reconnaîtra) :'' La délation maquillée par le vernis moral reste de la délation. D'ailleurs c'est une tradition bien française n'est-ce pas ?''. De Rugy avait le chic pour donner des leçons de transparence, écrivions-nous plus haut. Arroseur arrosé. Et c'est Médiapart à son tour qui devient l'arroseur arrosé. Doit-on les plaindre ? Non car ils ont l'indignation sélective. Il y aurait tant à dire sur Emmanuel Macron et son 'non-rôle'/ 'rôle' (avec Le Drian) dans le maintien en place des dictatures gabonaises et camerounaises, pour ne parler que de celle-là, son foutage de gueule quand il dit du plus grand bien de la diaspora africaine. Mais Plenel fait attention, lui qui a tout fait pour avoir l'honneur d'interviewer Macron et de lui dire, tout excité et fier de lui, que le président est un citoyen comme un autre. C'est là encore l'une des failles d'un média qui prétend défendre la démocratie et qui, en le faisant, flatte les instincts les plus bas et les plus populistes d'une partie de la société française, (y compris les anti-noms à particule) aux confins de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche.

 Prochaine séquence : la réintégration de Ruugy au sein du gouvernement. Si on ne respecte par la présomption d'innocence pour un homme politique, pourquoi la respecter pour un citoyen lambda. En respectant la présomption d'innocence et en ne cédant pas à l'injonction des moralistes des médias et des réseaux sociaux, tout le monde en sortira gagnant. 

Lecteurs, lectrices, vous vous demandez pourquoi nous parlons politique sur ce site. C'est certes rare, ce n'est pas inédit et notre thématique de prédilection, la Chanson, est politique. Et si Mediapart se souciait vraiment de la démocratie et de tout ce que cela implique (transmission libre des idées, des arts), il aurait parlé des problématiques rencontrés par le milieu chanson, peut-être qu'il aurait invité Jacques Bertin, chanteur et un des meilleurs analystes de la prise en compte de la chanson par les pouvoirs publiques. Donc les responsables politiques. (Dernières nouvelles, finalement Médiapart cible Macron. L'affaire de Rugy en passe de faire pschitt tralala, peut-être le dossier Alstom avec Macron comme protagoniste pourrait être le nouveau feuilleton de l'été pour l'organe politique. Mais un peu comme la fable d'Esope, pas sûr que l'opinion publique suive)

 

Tout cela nous évoque la superbe chanson du québécois Jean-Pierre Ferland 'Les journalistes'

Les journalistes

 

Les Journalistes

Paroles

Beaucoup de mots, très peu d'humour, moitié pinson, moitié vautour
Ça dépend de l'heure et du jour, de l'édition et du tirage
Ils ont autant d'élan moral qu'ils ont de pages à leur journal
Ça fait du bien, ça fait du mal, ça dépend de leurs avantages
Ils vous habillent à leur façon, vous prêtent des déclarations
Vous coupent en deux ou trois tronçons, ils vous tuent puis ils vous éventrent
Ils racontent ce qu'ils ont su, d'un autre qui est bien connu
Un autre qui est très bien vu quand ils n'ont rien su ils inventent

Quand ils ont lu Tintin, Prévert, quand ils ont écrit quatre vers
On les consacre reporters dans la mode ou la politique
Quand ils n'ont plus assez d'idées on les met aux chiens égarés
Quand y'en a plus ils sont mutés, on les met aux rangs des critiques
As-tu vu mon papier tout frais c'est presque du papier monnaie
Est-ce que tu connais Bossuet, tout à fait moi moins la légende
C'est pas du mou, c'est du brutal et puis ça fera original
J'avais mal à mon piédestal quand on monte plus y faut descendre

Pour les comprendre il faut les voir, le moins souvent mais certains soirs
Surtout quand ils jouent l'épluchoir aux soirées des grandes premières
Le bras pendant, la plume au bout, le programme sur les genoux
Ils feignent de comprendre tout mais s'ennuient comme au cimetière
Et leurs critiques terminées, il faut les voir se corriger
Faisant toute objectivité comme s'ils avaient payé leurs places
Et le lendemain au matin vous la trouverez dans un coin
Une à la deux et deux fois rien, question de goût, question d'espace

Quand on sait tout on ne sait rien, je sais peu mais je le sais bien
J'ai appris dans un quotidien toutes les lois fondamentales
J'ai appris ce que je savais, le moins c'est faux, le plus c'est vrai
Le plus c'est gros plus c'est épais, le moins c'est blanc, le plus c'est sale
Quand vous écouterez ma chanson ne sautez pas aux conclusions
Sachez que vous faites exception et que gagner sa vie c'est triste
Ne me mettez pas aux arrêts, gardez vos rages pour après
Quand je n'aurai plus de succès, quand je deviendrai journaliste

Source : Musixmatch

Paroliers : Jean-Pierre Ferland

Paroles de Les Journalistes © Renlec Les Editions, Editorial Avenue, Avenue Editorial

 

Adieu Anne Vanderlove...

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Certes, 'La ballade de Novembre' fut un immense succès dès sa sortie en mai 1967, restant dans le haut des charts pendant trois semaines. Ce titre fit d'Anne Vanderlove une star et pas seulement en France. Mais il ne faudrait pas réduire Anne Vanderlove à une chanson, ce que ne manqueront pas de faire les nostalgiques. Elle fut l'une des premières chanteuses avec Anne Sylvestre et Dalida au début des années 70 à produire ses propres disques. Et il faut rappeler le poids de sa discographie considérable, il suffit d'aller sur spotify pour en prendre la pleine mesure (on ne saurait passer sous silence 'La Mort d'Orion de Gérard Manset, disque culte auquel elle participa) . Nous n'avions pas attendu que la Vanderlove nous quitte pour en parler sur Culture et Chanson. C'était en février 2014. Femme  à la voix douce et réconfortante, femme à l'envoûtante beauté et aux chansons hors-temps, hors-siècle, femme au regard incroyable, ses yeux brillaient comme des étoiles dans nos brumes intérieures. Puissent désormais ces étoiles briller dans la constellation majestueuse des artistes.

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Anne Vanderlove - La fontaine de Dijon - 1967

 

 

 

 

 

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#specialpride YVON chante 'Une étoile solitaire'

YVON

Aujourd'hui c'est la fête à Paris. Ce 29 juin, des millions de personnes LGBT et leurs ami(e)s, leurs familles défilent dans les rues de Paris. Alors les esprits aigris, qui pinaillent vont encore dire que c'est de l'exhibition etc etc. Mais c'est important de montrer cette visibilité. C'est un pierre jetée à la honte et au silence dans lesquelles trop de personnes LGBT s'enferment ou sont enfermées. Cette année le symbole est encore plus fort puisqu'onfête les cinquante ans des émeutes de Stonewall aux Etats-Unis, où des gays et des trans se sont rebellés contre des policiers. Pour accompagner cela en chansons, nous aurions pu proposer du Juliette Gréco, du Dalida, du Donna Summer, du Diana Ross, du Mylene Farmer, du K.D Lang, du Georges Mickael, du Janet Jackson, du Emmanuel Moire voire du Anatomie Bousculaire ou du Nicolas Bacchus. Nous avons choisi sur la suggestion d'internautes la version live (au Café de la Danse le 14 janvier 2013) du titre 'Une étoile solitaire' du chanteur YVON. C'est lent, c'est beau et il faut écouter entre les lignes. 

Yvon Chateigner.Une étoile solitaire

 

 

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Souvenir : Catherine Ribeiro 'Folle Amérique'

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A l'heure où Trump fait des siennes, il est bon de se rappeler...qu'il n'a rien inventé en conservatisme outancier. Il y eut Bush, oui, certes. Puis avant Reagan. Et alors on écoute 'Folle Amérique' de la grande Ribeiro (qu'elle chanta devant François Mitterrand lors de son passage à Bobino en 1982) . Et on se dit qu'on pourrait remplacer 'Reagan' par 'Trump'. Sur la forme, ça sonnerait moyen mais sur le fond, cela aurait le même sens.

Catherine Ribeiro Folle Amérique

 

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