Culture et Chanson

11 mai 2012

Une écrivaine, 7 questions: Agnès Renaut, auteure de 'Qu'as-tu fait de ta soeur ?'

Ouvrage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi l'écriture ?

Je ne sais pas vraiment, c’est comme « pourquoi être comme je suis ». Je viens de petites gens et ces mots ne sont pas pour moi péjoratifs mais tendres. D’une famille nombreuse où on n’avait pas d’espace à soi. Ma mère dessinait, avec un rêve échoué de modiste. Je l’ai imitée, puis j’ai rempli des cahiers de bandes dessinées où je dessinais et racontais des histoires. A seize ans, je voulais être créatrice de BD. Adolescente, j’écrivais des poèmes en série, j’échangeais des lettres en rimes avec une copine d’école. J’avais un monde imaginaire intérieur fort, qui parfois m’effrayait, mais jamais je l’extériorisais. A dix-huit ans, j’étais la première de la famille à obtenir le Bac. Et j’ai commencé à travailler. Dix ans plus tard, j’ai décidé de déjouer le sort et je me suis inscrite en Fac de lettres. Aujourd’hui, je dirai ainsi le « pourquoi » de l’écriture : pour les « sans paroles », ceux qui n’ont pas de voix, pas de mots, parce qu’ils n’osent pas ou ne peuvent pas. J’ai été moi-même cette « sans paroles », je ne m’exprimais pas et c’est vers 30 ans, grâce aux études et à la psychanalyse, que j’ai commencé à dire, à écrire pour être lue. Je dirais qu’être écrivain est d’abord affaire d’autodétermination : lorsque l’on décide d’écrire non plus pour soi (ni pour les proches, je n’ai jamais écrit pour eux) mais pour un espace au-delà, public, inconnu. Pour aller de l’autre côté de la rive. Car pour moi, d’une rive d’origine à l’autre rive rêvée, il y a un bras de mer que je ne cesse de désirer atteindre. J’ai toujours eu ce désir de départ, d’un ailleurs, de trouver les mots pour m’y porter. Cet élan, cette rébellion contre la fatalité, c’est ce qui ma glaise, ce qui m’a faite telle que je suis.

 

Une question banale sans doute à vos yeux : quelle est- la part autobiographique dans votre roman « Qu'as-tu fait de ta soeur ? »
Evidemment, je n’ai tué aucune de mes sœurs ! Elles sont toutes bien vivantes. Un roman est avant tout une fiction. Ce livre n’est ni dans le pacte autobiographique, ni une autofiction (ce qui est le cas d’autres de mes écrits). Pour autant, la part de vécu, d’histoire personnelle est la matière première de l’écriture. Tout livre porte les matériaux intimes de l’écrivain. Mon roman « Qu’as-tu fait de ta sœur ? » vient d’abord d’un fait divers, le cas des enfants meurtriers de Liverpool, en 1993, qui m’a fait choc : comment peut-on envoyer des pierres à des enfants sans se demander ce qui a pu leur arriver, à eux ? Mais aussi du cas de Mary Bell, douze ans, meurtrière de Newcastle, en 1968. Peu à peu, mon personnage est venu, ne petite fille a commencé à me parler, j’entends encore en moi sa voix intérieure, comme une musique. Et puis, il y a mon univers personnel, à fois imaginaire et venu de mon enfance, qui donne forme. D’abord, les noms des personnages, Zon la narratrice et Zette la petite sœur, viennent d’une chanson de mon grand-père : « Lisette et Lison »… Puis la tonnelle, la maison abandonnée ou j’imaginais un voisin invisible, la lessive, les mains comme des crabes rouges… Tout cela, c’est vrai. Certains éléments sont remodelés, comme la Cité brune, inspirée par la Butte rouge de Châtenay-Malabry. Mais ce sont des matériaux qui, pétris avec d’autres inventés, composent un tableau. L’inconscient joue son rôle, cela ne me fait pas peur : j’ouvre le couvercle et je laisse venir. Au final, ce n’est pas du tout mon histoire mais il y a de moi à l’intérieur. Et cette histoire peut devenir celle de n’importe qui. Au-delà de ce roman, le personnage de petite fille est pour moi un fantôme d’écriture, elle resurgit dans d’autres histoires, différente, un peu sorcière et magnifique. Ou celle qui n’a pas pu, autrefois, se faire entendre.

 

L'enfance est très idéalisée par les adultes, on pense aux fabulettes, aux mondes de Chantal Goya ou Dorothée, aux petites histoires POUR enfants, aux romans de Daniel Pennac ou dans une autre mesure, Enid Blyton. Mais chez vous, qu'évoque l'enfance ?
J’exècre la vision rose bonbon de l’enfance, surtout celle relative aux petites filles. C’est une image recréée de toutes pièces par le monde adulte qui a tellement besoin de transformer la réalité de l’enfance, pour l’oublier. Bien sûr, il y a de merveilleux souvenirs d’enfance, mais les années que parcourt l’enfant ne sont pas de verts pâturages. Il y a un besoin de refoulement car l’enfance est apprentissage, souvent douloureux. Il y a des enfances plus ou moins heureuses mais l’adulte n’a plus envie de se souvenir d’une certaine réalité : tout, autour de l’enfant, est tellement plus grand que lui. Il n’a aucun pouvoir. L’enfant est à la fois « dominé » par le monde et doué de qualités qu’on ne veut pas toujours percevoir, notamment d’une certaine force car on préfère le voir faible et malléable. Je crois à l’intelligence formidable de l’enfant et à son extraordinaire capacité d’adaptation au monde, hélas trop souvent au désir des grands. Je suis sensible à l’état d’abandon de beaucoup d’enfants : ceux dont le cas est flagrant, de par le monde et autour de nous, mais aussi ceux dont l’abandon est invisible, muet. Entre parenthèses, l’univers d’Enid Blyton est moins rose que celui de Chantal Goya, il suffit de voir les péripéties de Sophie… Sacrée gamine.

 

Quels sont vos rapports avec vos lecteurs ?
Le fait de publier fait vivre l’expérience merveilleuse et émerveillée d’être lue. Les retours de lecture, quels qu’ils soient, en complicité ou en distorsion, sont des moments forts, c’est l’aboutissement de l’acte d’écrire qui atteint « l’autre rive » et c’est la magie de la publication… Il y a une rencontre, entrechoc d’émotion : la mienne, celle du lecteur. J’ai eu un courrier suite à la parution de « Qu’as-tu fait de ta sœur ? », de deux collégiens qui me posaient des questions touchantes : contrairement à ce qu’en ont pensé quelques adultes, ils n’étaient pas choqués par l’histoire mais curieux de comprendre, de façon intelligente. Et aussi un débat riche et étonnant avec des lycéennes qui ont suggéré des interprétations, par exemple sur le sens du « voisin invisible », comme symbole de l’inconscient… Parfois, des lectrices m’ont fait part d’un bouleversement, d’une résonnance dans une zone intérieure jusque là ignorée. Plus rarement, on y a vu un roman « noir », animé de haine, alors que pour moi, c’est un roman d’amour en donnant la voix à une enfant en abandon. Le lecteur fait projection de quelque chose qu’il a reconnu mais son regard en dit davantage sur lui ou elle que sur moi. Et je dois l’accepter, comme courant d’humanité qui passe à travers l’écrit. C’est ça, écrire : que la chose écrite s’échappe pour vivre à travers d’autres regards.


picnic



 












Et les médias ?

Il y a eu deux types de réaction, géographiquement tranchée. Les médias nationaux ont joué les censeurs, s’insurgeant contre la supposée provocation du roman : comment peut-on écrire une chose pareille ? Je pense qu’ils devraient lire davantage de  littérature, cela formerait leur esprit critique. Pourtant, je ne parlais ni de tortures ni de viols, ni de perversités. De cruauté, oui, mais celle qui est liée à l’innocence, qui ignore le bien et le mal  En fait, j’ai touché un tabou : la criminelle est un enfant, pire : c’est une petite fille (transgression de l’image robe blanche et souliers vernis), pire : c’est un fratricide, pire : c’est sa petite sœur. Tout de même, c’est ignorer et l’histoire de Caïn et Abel. Cette histoire est « biblique », d’ailleurs le titre l’évoque (qu’as-tu fait de ton frère ?) mais il y a des tabous contemporains : on se complait dans la vision d’enfants victimes ou massacrés mais on ne veut pas voir les enfants criminels, par conséquent souffrants. Les médias nationaux se font le porte-parole dominant du préjugé social, de l’archétype. Le résultat a été une sorte de mise à l’index du livre (on n’en parle pas) bien que l’éditeur ait eu plusieurs réactions par téléphone, plusieurs sollicitations lâchées au dernier moment. L’autre type de réaction, plus nuancée, provenait davantage de la presse régionale : j’ai eu beaucoup d’échos de presse, sans tabou, comme si les réseaux secondaires s’accordaient davantage de liberté et, d’ailleurs, des propos assez proches des réactions de lecteurs dont j’ai eu connaissance…J’ai été invitée au salon Biblion en Charente, des signatures en province… Et même un écho dans les pages du Centre culturel français à Londres. Enfin, un éditeur espagnol, Akal, a acheté les droits pour une traduction.

 

Un prochain roman ?

J’ai  quelques romans dans mes tiroirs et mon disque dur ! Certains n’ont pas trouvé éditeurs. L’un a fait l’objet d’un accompagnement rapproché pendant toute une année par un éditeur pour finalement être refusé par la direction financière… Actuellement, je suis presque au bout d’un manuscrit d’autofiction. En général, je travaille plusieurs manuscrits à la fois et j’en finalise un tous les trois ou quatre ans. Mais je n’écris pas que des romans. J’ai publié une nouvelle, « Les yeux bandés », qui a obtenu le deuxième prix au Concours du Cinal (Dire le non visuel) pour le bicentenaire de Louis Braille et a été publiée dans le recueil « L’Autre beauté du monde », aux Editions de la Loupe. J’avais auparavant publié une nouvelle « La sueur salée comme la mer » dans la revue Encres Vagabondes. J’ai écrit aussi des petits textes de théâtre publiés dans le « Bocal agité » de Gare au théâtre. J’ai publié aussi, sur un tout autre créneau, des ouvrages sur la communication écrite. Et depuis peu, j’écris des chansons… J’ai offert l’une d’elle à Jann Halexander, je serais heureuse qu’il la chante ! Mais le roman, multiforme et libre, est un champ vers lequel je reviens toujours. Lorsque j’aurai terminé mon manuscrit en cours, je vous raconterai.

 

Votre plat préféré (on échappe jamais à cette question !)
Je préfère parler d’une gourmandise : le chocolat. C’est une passion. Et j’aime tous les chocolats, sans discrimination. Comme si c’était la concentration d’une gourmandise de vie.

 

Merci!

LM

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06 mai 2012

Entretien avec un intellectuel : Philippe Ariño, jeune prince de la pensée française contemporaine.

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Philippe Ariño. C’est un nom. Un visage, une silhouette flamboyante incontournable du monde intellectuel français. Classe, vocabulaire abondant, il n’a certes pas la notoriété d’un Onfray ou d’une Badinter mais on retient son apparition mémorable dans une émission de télévision sur le thème de la religion aux côtés d’un Père, sur direct 8 : il affichait des positions iconoclastes, inattendues de la part d’un intellectuel de la communauté LGBT(Lesbienne, Gay, Bi, trans). Car dans le fond, est-on habitué à entendre un homosexuel assumé dire avec force : Dieu est amour ? Son surnom fut le Zemmour gay. D’autres l’appellent le Michel Droit homo ou le fils caché de Christophe Barbier.

Philippe Ariño. Prolixe, homo, catho, aux lointaines origines espagnoles. Aborde des sujets variés : le couple homo, l’homophobie au travail, Mylene Farmer et les homos, la dichotomie Noir/blanc, Dieu…certains le détestent quand d’autres le vénèrent. Laissons-les dans leur obstination à prendre tout au premier degré : un intellectuel n’est pas un guide, un maître, tout ce qu’il dit n’est pas bon à prendre OU rejeter. D’ailleurs ce n’est pas forcément rassurant de suivre au mot près un intellectuel : les intellectuels calvinistes blancs et posés qui conceptualisèrent l’idéologie de l’Apartheid dans les années 1910 prêchaient au début dans le veld désertique leurs élucubrations sur la pureté raciale blanche. Hélas des millions de blancs aigris les suivirent, on connaît la suite, il fallut alors qu’une sorte de Saint, Mandela, cesse cette folie.

Tout cela pour dire qu’il y a du bon et du mauvais chez Ariño. Comme chez les autres. Quand il dit qu’il est libre, on sait qu’en général c’est une tactique pour assumer un vote à droite. Il n’est pas le premier à le faire, ni le dernier. A l’heure d’ailleurs où les Gallo, Bruckner, Gluskmann et autre Finkielkraut se taisent (comme on les comprend), il est bon de voir qu’une jeune prince de la pensée française gambade avec insolence sur le champs d’une Droite en ruines…sa présence est rassurante car même si on n’approuve pas ses idées à tout prix, on aime sur ce blog la pluralité des opinions, des styles, des gens. Cette pluralité est bienvenue également dans le monde intellectuel LGBT. Tous les gays courent-ils forcément après le mariage ? L’adoption ? La souffrance gay doit-elle être résumée au suicide des ados ? C’est donc un bonheur, et un honneur, pour nous de publier les réponses de cet incroyable personnage à nos questions posées le 5 mai, que nous avons voulues atypiques plus que jamais…


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par Franck Levey

Philippe Ariño, avez-vous un Destin ?

 Ni destin ni hasard ! (rire). Ces deux notions me paraissent absurdes, et ont été créées par les êtres humains qui voulaient se priver ou priver les autres de liberté. Or, tout Homme est fondamentalement libre et aimé (au moins par Jésus). Et moi, je suis libre. Alors, je n’ai pas de « destin » : je suis juste porteur d’un « rêve de Dieu sur moi », qu’Il soumet jour après jour à ma liberté. Ce n’est pas un plan, un chemin tracé d’avance, un statut élitiste qui me coupe des autres. Le Salut n’existe qu’en partage. Chaque être humain est baigné par ce rêve divin projeté personnellement sur lui (spécialement par le baptême), et qui rend libre. Chaque être humain est guidé par ce désir exigeant et aimant de Dieu, posé sur lui. Même toi, Luc !

 Vos rapports avec la télévision ?

 Très proches pendant l’enfance et l’adolescence. Limite incestueux ! Je connaissais Télé 7 Jours par cœur ! (rire) et comme j’étais le « désigné volontaire » de ma famille pour enregistrer les émissions de télé intéressantes, les dessins animés, et les films, j’ai même été surnommé « Monsieur Magnétoscope » un jour par ma mère ! Mais à 18 ans, en quittant le domicile familial pour mes études, j’ai délaissé la télé. De 1998 à 2011, je peux dire que j’ai vraiment vécu une époque de sevrage. Mais je n’irais pas jusqu’à dire hypocritement, comme le font beaucoup de gens bobos tout fiers d’annoncer qu’ils ne regardent plus la « télé-poubelle » alors qu’ils sont perpétuellement connectés à Internet, que la rupture a été totale et spectaculaire. Car Internet (avec ses replay et ses réseaux sociaux) est devenu la nouvelle télé de substitution de la société toute entière. Une télé parallèle.

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avec Maïk Darah







Et les médias en général ?

 Je n’ai pas coupé avec eux. Et plus ça va, plus j’y reviens, d’ailleurs : récemment, je me suis passionné pour « The Voice » ; et j’apprécie de plus en plus les débats politiques à la télé. Ça peut faire un peu cliché de le dire, mais tant pis, je crois que c’est vrai : les médias sont le miroir de notre société. Et comme j’essaie d’aimer les gens, je ne vois pas les médias d’un mauvais œil. J’essaie de regarder un maximum de choses (quand mon emploi du temps me le permet), des émissions de variété, des gros navets, des jeux, mais aussi des documentaires. Je me suis même mis à écouter les émissions de radio ! Et j’ai fait 2 ans de radio en tant que chroniqueur à Radio Paris Plurielle.

 En fin de compte, j’aime les médias dans la mesure où ils nous parlent beaucoup du réel, des gens, de notre société, mais qu’ils ne se substitueront jamais à eux. Ils sont prescripteurs de mode, façonnent les pensées, et dirigent même notre pays parfois bien plus efficacement que nos dirigeants. Mais ils restent juste des lunettes du Réel, des loupes ; ils ne se substitueront jamais au Réel, même si certains cherchent à nous faire croire le contraire. Ils ne nous privent pas de notre liberté, de notre sens critique, n’ont pas le pouvoir d’agir à notre place. C’est pourquoi nous n’avons pas à en avoir peur. Ils sont l’exact reflet de notre liberté. Et de surcroît, quand on commence à y mettre un pied (ce que j’ai fait avec succès sur Direct 8 en mai 2011 à l’émission « Dieu Merci !), on découvre qu’ils offrent une manière de se donner à grande échelle, et donc, quand on se donne bien, ils sont de puissants instruments de paix. Un peu comme la multiplication des pains ! Quand j’entends cette haine sociale croissante vis à vis des médias, je me dis qu’il y a de plus de plus d’esprits faibles et irresponsables qui se plaignent de leur propre idolâtrie, de leur propre naïveté, et de leur mauvaise utilisation de ce qui n’est au fond qu’un pauvre spectre de rien du tout.

 

 Qu'évoque pour vous la place de l'homme blanc dans la société française ? (vous ne vous y attendiez pas à celle-là...)

 Tu l’as dit ! (rire) La place de l’homme blanc… et bien elle me semble inappropriée : elle est à la fois excessivement importante dans le monde des images et des objets, et pas assez dans les cœurs. J’entends de plus en plus de mépris social vis à vis des Blancs… qui seraient, du fait de leur couleur de peau, les bourgeois ou les riches à abattre, les méchants occidentaux colonialistes, les tapettes, les cruels dirigeants, les acteurs superficiels et dépravés des médias, etc. L’homme blanc subit en ce moment le sort funeste et iconoclaste des idoles : on le porte aux nues et on le réifie, pour mieux casser en deux les vrais Blancs, les dé-réaliser, leur ôter leur passé, leurs aspérités, leur profondeur, leurs défauts et leurs qualités, leurs traditions, leur identité, leurs croyances, leur terre, leur couleur de peau, leur humanité. Et le pire, c’est que cette haine déteint sur lui. L’Occidental blanc s’est de plus en plus en horreur. Et on sait que lorsque quelqu’un se nie et s’idolâtre ainsi – parce qu’au fond il veut cacher aux yeux des autres sa haine inavouée de lui-même et ses faiblesses –, il se prépare ensuite à idolâtrer/rejeter la différence des « étrangers » qui l’entourent. La « blancomania » médiatique actuelle me fait peur, car elle dessert socialement aussi bien les Noirs, les Métisses, les Maghrébins, les Asiatiques, etc., que les Blancs réels.

 

Après l'analyse « Mylène Farmer et les homos », à quand Dalida, Barbara, Anne Sylvestre, Hervé Vilard, Jann Halexander (que vous compariez à la radio à Deneuve bourgeoise frustrée), Guidoni et les homos ? Ou alors « Jean-Marie Bigard et les homos » ? 

 

MDR ! Non, Jann Halexander, pour moi, c’est la Mylène Farmer métisse ! (rire). Tu sais, toutes les personnalités que tu cites, et leur rapport au désir homosexuel, je les ai déjà étudiés dans monDictionnaire des Codes homosexuels sur le site L’Araignée du Désert. Mais bon, si tu me poses la question, c’est que tu n’as pas encore découvert ma caverne d’Ali Baba ;-) Et même moi, je n’ai pas fini de l’explorer ! Je n’aurai pas assez de ma vie terrestre ! (n.b : je n'ai pas tout lu, en effet, tellement c'est une mine)

Frigide_Barjot


 









avec Frigide Barjot


Vous êtes parmi les rares personnalités homosexuelles médiatiques qui assument d'être croyants, ne pensez-vous pas qu'Henri de Portzamparc avec son roman « Témoignage d'un homo, catho, aristo » a ouvert la voie ?Pour moi, on n’est réellement croyant que quand on est pratiquant et qu’on aime non seulement Dieu mais aussi l’Église-Institution, le Pape, et la foule (défaillante, fragile, parfois infidèle et hypocrite) des chrétiens en chemin avec Jésus. Sans l’amour de l’Église, notre foi est désincarnée et pas si humaniste que ce qu’on croit. Avec tout le respect que je dois à Henri de Portzamparc, que je connais personnellement, je ne pense pas que sa biographie ait ouvert la voie du dialogue entre communauté homosexuelle et Église : plutôt le contraire. Et aux vues des propos anti-Pape qu’il a encore tenus dernièrement à la toute récente émission Le Jour du Seigneur sur France 2 consacrée pour une part à l’association Devenir Un En christ (Henri baptise le Pape de « Benoît XIII et 3 », dit que « ses propos sont une abomination », affirme que « l’Église n’est pas moderne et qu’Elle ne sait pas s’adapter aux réalités de notre monde »), j’ai l’impression qu’il n’est toujours pas sorti de l’idéologie « beaucoup homo-un peu catho » défendant aveuglément la « vérité » de l’identité homo et la beauté de l’amour homosexuel. Je ne me reconnais donc absolument pas dans ce qu’il dit sur l’homosexualité et sur l’Église. Il ne suffit pas de se dire ouvertement « croyants » pour être des jumeaux en actes. Personnellement, j’aime le Pape, et l’Église incarnée. Je l’aime dans son entier, avec ses casseroles mais aussi ses richesses. Et cet amour éclaire d’une toute autre façon ma manière de voir le désir homosexuel, et de vivre avec. Il implique concrètement un engagement d’amour exigeant et libre pour l’Église.

 Où en êtes-vous avec Dieu à ce jour ?(Attends deux secondes : je Lui demande…) Et bien à ce jour, je n’ai pas du tout à me plaindre ! J’ai l’impression, depuis deux ans, de me rapprocher de ce que j’ai toujours rêvé de vivre. Et avec Lui, je prends mon pieds 77 fois 7 fois plus que lorsque je couchais par amour avec des mecs (et pourtant, Il sait combien je prenais mon pieds avec les différents garçons avec qui je suis sortis !)

 

 Étonnez-moi, Benoît, euh pardon Philippe Ariño : peut-on être homo et de gauche ?Bien sûr ! La preuve : j’ai toujours été de tendance gauche, politiquement. Et c’est d’ailleurs pour ça que je vais voter Sarkozy demain (dimanche 6 mai 2012) ! (rire) Pour moi, la gauche, c’est celle qui fait ce qu’elle dit. Elle est dans le partage concret, la richesse partagée, le réalisme, la défense des valeurs, la foi, l’amour de la Nation ; pas dans la démagogie, la pauvreté, les bonnes intentions non-suivies des actes, et la haine du pouvoir et de la Nation. Actuellement, en France, contrairement à ce qu’on nous dit, Sarkozy est plus de la gauche que j’aime qu’Hollande, qui à mon avis fait partie de la droite bourgeoise que j’exècre, et qui se fait honteusement appelée « la gauche » pour s’acheter une bonne conscience.

Cholet 











Qu'évoque pour vous Cholet ?Mes parents que j’aime. Mes frères et sœurs. Mes amis d’enfance. Gillou Bourdouleix (avec son p’tit accordéon^^). Une ville que j’aime parce que c’est là où j’ai grandi de zéro à 18 ans, où j’ai de très bons souvenirs et des moins bons. J’y ai passé toute ma scolarité. C’est un condensé d’humanité, Cholet ! Pas besoin de courir le monde ! Tout y est ! Et puis nous les Choletais, on sait ce que c’est que les persécutions à cause de notre foi, on sait ce que c’est que de se battre pour nos idées. Cholet, je le rappelle, c’est la capitale de la Vendée militaire. Nous sommes les héritiers d’un peuple qui a vécu un véritable génocide pendant les guerres de Vendée, génocide qui est très peu dénoncé encore aujourd’hui alors qu’il a touché des croyants catholiques pauvres et justes. C’est un scandale, ce qui s’est passé là-bas. Foi de ventre-à-choux ! 

 Quand deviendrez-vous parisianiste, bon sang ?Lol ! Faudrait savoir ! Quand je suis à Paris, on me reproche d’être un bouzeux des Mauges (enfin… pas tant que ça, car je suis un grand amoureux de Paris ^^ ; j’ai de plus en plus de mal à en partir ; et je ne donne pas une image désastreuse de la Province) ; et quand je suis à Cholet, on me traite de parigot qui daigne faire exceptionnellement le déplacement vers la Province ! (rire) « On dirait qu’ça t’gêne de marcher dans la boue ! » bis… 

Où en êtes-vous avec la Femme dans tout ça ?MDR ! Mal, mais j’me soigne (rire).

 Vos projets ?Ils sont nombreux. On fait de plus en plus appel à moi pour des conférences, des émissions de radio, des interventions en milieu scolaire, des témoignages… C’est ma grande joie. Et plus, ça marche du tonnerre ! (car les gens ignorent tout de l’homosexualité, à commencer par les personnes homos elles-mêmes !) C’est un carton à chaque fois ! À tel point que l’année prochaine, je mets mon boulot de prof d’espagnol entre parenthèses, et je prends une année de disponibilité pour évangéliser avec mon amie Frigide Barjot. On va sillonner la France pour expliquer aux gens que vraiment Jésus les aime tels qu’ils sont, car on les a privés de cette incroyable Bonne Nouvelle. Sinon, pour les autres projets de « ouf », j’en ai 3 gros : un livre-entretien que j’écris à 4 mains avec Frigide Barjot (sur Église et homosexualité) ; un autre livre, cette fois plus philosophique, avec le dramaturge et psychanalyste Joseph Agostini et le journaliste Jérôme Cohen (ce sera un regard croisé sur l’homosexualité, entre le psychanalyste et le penseur) ; et aussi un projet de documentaire sur l’homophobie avec le journaliste de France 3 Jean-Marc Peulot. Sinon, je me rends bientôt en conférence à Lille (dans une semaine), à Lyon (dans deux semaines), puis Toulon (c’est pire que la tournée de Lorie, c’t’affaire !). Et enfin,  je continue de mettre régulièrement en ligne les codes de mon DICO ON LINE du site de l’Araignée du Désert, ce qui me demande un énorme boulot d’écriture, sur le site de mon livre. 

Un mot pour ceux et celles qui vous aiment ?Aimez l’Église-Institution, les prêtres, et le Pape Benoît XVI. C’est le meilleur moyen pour ne pas vivre un humanisme désincarné et désenchanté, pour parler et agir juste, pour connaître la vraie joie qui ne s’éteint jamais.

  Votre plat préféré ? Le Corps du Christ.

 Merci! C’est Lui en moi. ;-)

L.M

 
Dieu merci ! - L'Eglise est-elle homophobe ? du 20/05/2011

Philippe Ariño : http://www.araigneedudesert.fr/


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Une écrivaine, 7 questions : Anne-Cécile Makosso-Akendengué', auteure de 'Ceci n'est pas l'Afrique

Ceci_n_est_pas_l_Afrique 

















1- Pourquoi l'écriture ?

Parce que je lis, et j’aime agir, autrement dit en l’occurrence ici écrire, en me disant que ce ne sont pas que les  autres qui le font.

2- Quelles idées aviez-vous sur l'Afrique avant d'y arriver en 1981 ?

A vrai dire aucune ! Et je n’y avais jamais mis les pieds.

3- Pensez-vous que la vision de l'Afrique ces dernières années a changé ? En bien, en mal ?

Une évolution que je ne dirais ni  bonne ni mauvaise. J’ai l’impression que la diversité du continent africain n’est pas encore connue ou reconnue. J’ai l’impression aussi qu’on parle encore seulement de ce qui n’y va pas (tant de choses, évidemment, dans plus de 53 pays !)

annececilefrebeau

 

 

 








4- Quels sont vos rapports avec les lecteurs ?

Je les connais peu, mais apprécie leurs remarques, et plus encore leur sympathie. Je suis contente lorsque je sens la curiosité du lecteur piquée !

5- Et les médias ?

Je n’ai pas de relations avec les médias.

6- Un prochain roman ?

Je travaille actuellement à un recueil de nouvelles. Un autre roman verra le jour je l’espère, dans quelques années.

7- Votre plat préféré (on n'échappe pas à cette question)?

En ai-je vraiment un de préféré ? J’aime les macaronis au gratin, la tarte aux fromages, le crumble aux pommes. Je n’aime  pas la publicité pour le light, le bio, le sain etc…

merci!

L.M

Ceci n'est pas l'Afrique, points de vente : librairies, fnac, amazon ...

http://cecinestpaslafrique.blogspot.fr/

 

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04 mai 2012

Un clip, une chanson, une nuit : Eva Garcia chante Hors de Marilyn (attention tube en puissance)


Marilyn Monroe - Hors de Marilyn - Eva Garcia (HD)

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28 avril 2012

Higelin, Savelli, Halexander, Galure, Mylene Farmer : pêle-mêle francophone...


Jeanne Cherhal - Jacques Higelin: La rousse au chocolat

 


Clémence Savelli : 'Léon' (variété française)

 


C'est triste, chanson de Jann Halexander (variété)

 


Manu Galure - Les amours dégradées

 


Mylène Farmer - California

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20 avril 2012

Un documentaire émouvant : 'Comment J'Ai Adopté Mes Parents'

Comment J'Ai Adopté Mes Parents, Un film de Nasha Gagnebin, Co-produit par Esperanza Productions, Téléssonne et TV8 Mont-Blanc, avec la participation du Centre National de la Cinématographie (CNC), le soutien de Swisslos / Office de la Culture de l'Etat de Berne (OCBE), de la Commune Municipale d'Orvin/BE et l'aide du Conseil du Jura Bernois (CJB).


Comment J'Ai Adopté Mes Parents

 

Et pour conclure ce très beau documentaire, les paroles d'une belle chanson d'Anne Sylvestre, cette fois-ci, une fois n'est  pas coutume, pour enfants :


Café au Lait

Refrain :
Café au lait, café au lait Tous les enfants sont faits de lait Avec plus ou moins de café De grenadine ou bien de thé Ce qui n'empêche pas d'en voir Café tout noir
Ce qui n'empêche qu'ils aient tous Belle frimousse
Dans les familles on vit ensemble Et bien souvent On peut se dire qu'on ressemble À ses parents Ou bien qu'on ne ressemble à personne Mais qu'on rappelle de très loin Une arrière-grand-mère bretonne Ou bien un grand-père africain
Refrain
On additionne et on échange Tous ses trésors Et toutes sortes de mélanges Se font alors On aura les yeux en amande Les cheveux raides ou frisés Le nez pointu la bouche grande Et la peau claire ou bien foncée
Refrain
D'autres familles s'arrondissent Et c'est joli D'enfants que parfois elles choisissent Très loin d'ici On voit avec deux qui sont roses Un chocolat l'autre de miel Quand tous ensemble ils se reposent On croirait voir un arc-en-ciel
Refrain
Mais comme tout n'est pas facile On est aussi Gourmand coléreux indocile Ou trop gentil Les caractères se mélangent Avec plus ou moins de soleil Si au-dehors les couleurs changent Dedans on est bien tous pareils
Refrain

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Nasha Gagnebin

Nasha_Gagnebin








LM

 

Refrain : Café au lait, café au lait Tous les enfants sont faits de lait Avec plus ou moins de café De grenadine ou bien de thé Ce qui n'empêche pas d'en voir Café tout noir Ce qui n'empêche qu'ils aient tous Belle frimousse Dans les familles on vit ensemble Et bien souvent On peut se dire qu'on ressemble À ses parents Ou bien qu'on ne ressemble à personne Mais qu'on rappelle de très loin Une arrière-grand-mère bretonne Ou bien un grand-père africain Refrain On additionne et on échange Tous ses trésors Et toutes sortes de mélanges Se font alors On aura les yeux en amande Les cheveux raides ou frisés Le nez pointu la bouche grande Et la peau claire ou bien foncée Refrain D'autres familles s'arrondissent Et c'est joli D'enfants que parfois elles choisissent Très loin d'ici On voit avec deux qui sont roses Un chocolat l'autre de miel Quand tous ensemble ils se reposent On croirait voir un arc-en-ciel Refrain Mais comme tout n'est pas facile On est aussi Gourmand coléreux indocile Ou trop gentil Les caractères se mélangent Avec plus ou moins de soleil Si au-dehors les couleurs changent Dedans on est bien tous pareils Refrain Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-ANNE-SYLVESTRE,CAFE-AU-LAIT,100981552.html
Refrain : Café au lait, café au lait Tous les enfants sont faits de lait Avec plus ou moins de café De grenadine ou bien de thé Ce qui n'empêche pas d'en voir Café tout noir Ce qui n'empêche qu'ils aient tous Belle frimousse Dans les familles on vit ensemble Et bien souvent On peut se dire qu'on ressemble À ses parents Ou bien qu'on ne ressemble à personne Mais qu'on rappelle de très loin Une arrière-grand-mère bretonne Ou bien un grand-père africain Refrain On additionne et on échange Tous ses trésors Et toutes sortes de mélanges Se font alors On aura les yeux en amande Les cheveux raides ou frisés Le nez pointu la bouche grande Et la peau claire ou bien foncée Refrain D'autres familles s'arrondissent Et c'est joli D'enfants que parfois elles choisissent Très loin d'ici On voit avec deux qui sont roses Un chocolat l'autre de miel Quand tous ensemble ils se reposent On croirait voir un arc-en-ciel Refrain Mais comme tout n'est pas facile On est aussi Gourmand coléreux indocile Ou trop gentil Les caractères se mélangent Avec plus ou moins de soleil Si au-dehors les couleurs changent Dedans on est bien tous pareils Refrain Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-ANNE-SYLVESTRE,CAFE-AU-LAIT,100981552.html

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Barbara Carlotti chante l'amour, l'argent, le vent...

...Un nouvel album, qui frappe fort : l'amour, l'argent, le vent...Barbara Carlotti, la voix grave, est une étoile du paysage culturel hexagonal. Elle propose un beau mélange chanson/pop/variété. Avec un brin de subversion, c'est un univers étoffé, quand d'autres françaises se content d'aligner trois mots en anglais...


Barbara Carlotti - Cannes (live)

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16 avril 2012

Ecouter, voir, aimer : Mathieu Rosaz, un des meilleurs interprètes de Barbara...


Une petite cantate (Barbara) par Mathieu Rosaz

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15 avril 2012

Le chiffre ne fait pas tout...

platine_186b

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

…Le chiffre ne fait pas tout :  C’est une évidence pour les habitués de ce blog d’affirmer cela. Mais le blog s’adresse à tout le monde. On ne peut qu’être consterné par les litanies de chiffres de ventes exhibés par Platine ou le site Charts in France. Dire qu’un album d’Amel Bent vendu à 20.000 exemplaire est un échec c’est se foutre de la gueule du monde, c’est un mépris pour 70  à 80 pour cent du monde de la chanson/variété francophone. Dans ce cas la plupart des albums sont des échecs. Comme le disait une chanteuse en off : Si je faisais ce chiffre là je serais contente.  

Quelle question peut se poser l’artiste qui vend peu : suis-je si nul alors ? Que lui répondre ? Que le chiffre ne fait pas tout. Sans se lancer non plus dans le ‘c’est uniquement la valeur qui compte’. Pour que la flamme d’un créateur vive, il faut aussi un écho, une écoute en face. Mais quand Platine sort ses chiffres comme ça, ça ne veut rien dire, strictement rien. Parce qu’il y a plusieurs fonctionnements. Par exemple, un chanteur auteur compositeur indépendant, qui se produit, touchera le ‘jackpot’ en vendant 20.000 exemplaires car il a moins de chances d’avoir des intermédiaires qui se servent (éditeur, distributeur, producteur etc). C’est plus délicat pour un simple interprète produit par une grosse maison de disque. Il doit vendre beaucoup. Ensuite il y a la vie de l’album. Sortir des chiffres c’est bien, rappeler que ces chiffres sont provisoires, c’est mieux. Sait-on que Jacques Bertin a vendu plus de 100.000 disques en 45 ans de carrière ? Un beau chiffre. Qui montre qu'un disque vit. Par lui-même. Par les médias. Par le bouche à oreille. Et par la scène…Ci-dessous, des chiffres, des points de vue, des impressions…nous remercions les artistes qui ont accepté de répondre à certaines questions, notamment celles portant sur les ventes…


Identité Nationale (les métèques)

 Tout est une question d'échelle, même au delà de la comparaison avec les moyens investis par un label : chacun compare avec ce qu'il a l'habitude de vendre, et 22000 albums seraient pour moi et d'autres un succès parce qu'on en vend moins à l'habitude, et pour d'autres un échec parce qu'ils ont vendu plus du précédent. Cela peut être aussi un succès pour un indépendant et un échec pour un album qu'on espérait "grand public".
Pour répondre plus personnellement, j'ai vendu en gros :
2000 ex de Coupe d'Immondes (album autoproduit et non distribué,1999)
4000 ex de Balade pour enfants louches (live, 2002, distribué)
4000 ex de A table (studio, 2005, distribué) et pour le moment autour de 2000 ex de La verVe et la Joie sorti il y a un an et (mal) distribué jusqu'en décembre (je viens de rompre mon contrat de distribution avec Mosaic depuis le putch qui a démis son dirigeant historique et la mise en redressement judiciaire qui a suivi), mais les ventes continuent à un rythme régulier, ce qui nous différencie aussi des ventes par "coups" sur de courtes périodes, escomptées par d'autres. Je sors dans quelques semaines le live correspondant, en cd+dvd, on verra bien ce qui part... Les ventes dépendent aussi beaucoup des concerts, pour nous, et la part magasins reste assez marginale pour beaucoup d'indépendants.

Nicolas Bacchus


tout

Faire des disques a un coût. Ecrire des chansons n'en a pas. Mais pendant qu'on fait ça on ne fait pas autre chose, en particulier gagner sa vie ! Faire connaître une oeuvre a aussi un coût, il est donc normal que les gens cherchent à rentabiliser un investissement en temps et/ou en argent, celui de développer la carrière de tel artiste. Après, c'est comme tout, on peut miser sur la durée ou sur le coup dans le style "ramasse l'oseille et tire-toi".

 Gilles Roucaute, 300 concerts…


Ann'so M : CLIP Je ne veux pas être celle feat Bertignac (officiel)

 Ca ne sert à rien de donner des chiffres nous n' avons pas les mêmes moyens mis à dispositions.

Ann’ So M, 140 concerts depuis 2007…


Chômeur : chanson de Clémence Savelli

 Ma vie artistique ne dépend bien évidemment pas de la vente des CDs, qui sont pour moi uniquement des supports servant à communiquer mon travail, et à le fixer pour un public certes restreint, mais qui est en demande. A mes débuts, j'ai donné beaucoup de concerts sans rien avoir à proposer à la fin des concerts. Mais les gens voulaient repartir avec l'album des chansons qu'ils venaient d'écouter. J'enregistre donc des albums dans cet optique là. C'est le cas de beaucoup d'artistes, d'autant plus depuis la crise du disque, où l'idée de vivre de la vente d'albums n'effleure même plus les esprits. Mais malheureusement je crois qu'une partie du grand public se base encore souvent sur ce type de repères de chiffre de ventes. Les gens ignorent souvent les nombreux facteurs en arrière-plan d'une réussite commerciale (facteurs qui n'ont rien à voir avec des critères artistiques). Il me serait difficile de vendre beaucoup d'albums alors que je suis en auto-production totale, que je n'ai pas les moyens suffisants pour communiquer (achat d'encarts pubs, affichage, etc) et que je n'ai pas toute une équipe derrière moi qui travaille à cela. Mon vrai métier, c'est la scène, et mon objectif, certes périlleux, c'est de vivre des concerts.

 Clémence Savelli, 150 concerts depuis 2006…


Cedric Barre - Il fait beau temps

Pour ma part, voici un peu comment se sont passées les choses... Un premier album autoproduit, "Ether" en 2003, pressé à 500 exemplaires, tout ou presque a été vendu ou diffusé... "La ronde" mon deuxième album s'est vendu à 2000 exemplaires, pas suffisant pour vivre de sa musique alors j'ai multiplié les collaborations, j'ai écris pour quelques artistes, réalisé des albums...En 2007, le single des Marguerites, au profit de la lutte contre la maladie d'Alzheimer, distribué par EMI s'est vendu entre 1500 et 2000 exemplaires, classant le cd à la 70è place des charts... Je n'ai jamais perdu d'argent quand j'ai investi dans mes disques, aujourd'hui, je possède un studio, j'ai monté mon label pour garder cette passion de la musique et j'accorde de l'importance à la qualité d'un projet, plus que sa capacité à vendre... Je refuse aujourd'hui de dématérialiser ma musique et de mettre mes titres sur itunes ou deezer, je milite pour le disque comme objet, avec un visuel, un livret. Je ne vois pas la musique comme quelque chose qu'on télécharge d'un clic, et l'acte d'acheter un cd, qui semble disparaître de plus en plus, m'intéresse davantage. Je ne suis pas contre le téléchargement (légal ou illégal d'ailleurs) mais, comme les amoureux du vinyle, l'objet est prépondérent.


       Cédric Barré, nouvel album sur  http://fr.ulule.com/donatien/

 

Luc Melmont

Posté par Luc_Melmont à 17:45 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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Point de vue d’une spectatrice : l’extrême droite à l’Olympia ?


Docteur Merlin Excalibur

…J’ai abordé en 2009 l’extrême droite dans la chanson, à travers le Docteur Merlin (qui avait accepté de répondre à une interview). J’ai simplement mentionné le nom de Jean-Pax Méfret. Je n’ai pas jugé utile de m’attarder dessus : mon site ne lui aurait rien apporté (déjà il apporte si peu). J’ai été très clair également dans mes propos sur les rapport ultra-droite et chanson : Un citoyen encarté au PS ou à l'UMP n'est pas moins français que ceux qui défilent au Front National ou au MNR (ou dans toutes ces différentes mouvances radicales et obscures). En ce sens, je ne fais que rejoindre les propos de la philosophe Hannah Arendt ou Enzo Traverso: non l'extrême droite ne saurait être le vrai visage, le visage authentique de l'Europe. De même un chanteur de gauche anarchiste n’est pas davantage légitime pour représenter la chanson française et on peut penser que ce confortable courant intellectuel explique en partie la désaffection d’un public important (le grand public) pour la Chanson d’expression francophone….qui n’avait pas besoin de centaines de sous-duplications de Léo Ferré.

J’ai reçu cependant un mail d’une spectatrice qui n’a pas du tout apprécié le concert de Jean-Pax Méfret, chanteur qu’elle ne connaissait pas…toutefois,  en tant qu'habituée de l’Olympia, elle s’était rendue  au concert sans a priori. J’ai hésité quelques temps à publier son mot…


L.M


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AFGHANISTAN


L’extrême droite à l’Olympia

L’ambiance était sinistre ce 1er avril à l’Olympia. Faut le faire. J’avais l’impression d’assister à un meeting électoral. Pas à un concert. Je me suis faite avoir. Je n’ai pas compris comment l’Olympia pouvait laisser un chanteur d’extrême droite dans un lieu qui vit passer Jacques Brel, William Sheller, Dalida, Michel Sardou, Mireille Mathieu, Anne Sylvestre, Renaud…on ne me fera pas le coup du chanteur nationaliste qui aime son pays. Les artistes que je viens de citer ont eux aussi magnifiquement chanté la France : ses villes, ses campagnes, ses villages, sa gastronomie, ses forêts, ses plages, ses montagnes, ses vins, les gens, divers et variés…et ils ont chanté pour faire comprendre, pour divertir, pour secouer…mais certainement pas pour exclure ou s’enfermer dans des faux paradis à jamais perdus (je suis fille de pied-noir, je regrette mais je n’éprouve aucune nostalgie pour le monde à jamais disparu des pieds-noirs, même si cela n’empêche pas d’avoir de l’empathie pour ceux et celles, innocents, qui furent massacrés).

Les musiques sont peut-être bien faites, la voix plutôt juste mais je n’aime pas l’imposture.

Jean-Pax Méfret par ses prises de positions (assumées, tant mieux pour lui) est un chanteur qui exclut, qui chante pour un public qui exclut.
Je n’ose imaginer ce qui se serait passée, dans la foule de tous ces cathos intégristes si j’avais dit que je me suis faite avortée, moi catho modérée. Car j’avais le très net sentiment de ne pas du tout être à ma place. Ma curiosité fut un bien vilain défaut. Et l’Olympia…a bien changé !

 Lucie B.

 J’envoie ce mot à plusieurs médias chansons (y’en a pas beaucoup), je voulais vraiment dire ce que j’ai sur le cœur, même si je le dis mal, même si je ne me répands pas beaucoup.

Posté par Luc_Melmont à 15:23 - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
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